Publié dans Réflexions

Des nouvelles du chat

Ça fait quasiment quatre mois que le gros Charlot est à la maison pis on est encore en train de s’adapter. Ça vous semble long ? Peut-être, mais y faut pas oublier que Charlot, c’est pas un bébé. Y’avait tout un passé avant que je l’adopte. Charlot, c’est un chat de la DPJ. 😦

À ce qu’on m’a dit, mon Charlot, c’est pas un chat qui a été maltraité. Y’a vécu dans la même famille pendant environ deux ans, avec ou sans enfants, ça, je le sais pas. Toujours est-il qu’un beau jour, y s’est mis à faire pipi en dehors de sa litière pis que sa famille, faute de moyens financiers pour investiguer sur sa santé, l’a apporté à la SPCA où on y’a détecté une infection urinaire. La technicienne en soins animaliers avec qui j’ai fait affaire là-bas m’a dit que ça c’était soigné assez facilement. Par contre, j’ai vu dans son dossier médical, qu’il a dû subir plusieurs examens pis prendre pas mal de médicaments. Une fois rétabli, mon Charlot a été placé en famille d’accueil, en attente d’adoption. Y’a vécu là-bas environ deux mois avant que j’aille le chercher.

Le principe des familles d’accueil est vraiment génial parce que ça évite à l’animal d’attendre sa nouvelle famille enfermé dans une cage à la SPCA pendant plusieurs semaines. L’affaire, c’est que tout ça, c’est quand même stressant. Toi, tu vivais ta petite vie tranquille à la même place depuis deux ans quand tu tombes malade pis que tu te retrouves subitement abandonné à la SPCA, au milieu d’étrangers qui te font subir plein d’analyses pis avaler toutes sortes de médicaments contre ton gré. Un beau jour, tu finis par aller mieux pis c’est là que tu pars dans une famille d’accueil sauf que toi, dans ta petite tête de chat, tu le sais pas que c’est juste un transit. Tu penses que t’as une nouvelle maison ! T’es content ! Tu te refais des repères, tu reprends tes petites habitudes, tu chills comme si y’avait pas de lendemain pis là… POUF, on te ramène à la SPCA où t’attends toute la journée dans une cage pour rencontrer ta nouvelle famille sans aucune certitude qu’y vont décider de te ramener chez eux. Eille pis là, si l’adoption se concrétise, ben tu t’en vas ENCORE dans une autre maison ! C’est beaucoup de barouettage quand on y pense… 😥

Moi, j’avais tout ça en tête quand je suis allée, avec Renaud pis Morgan, à la rencontre de Charlot si bien que même si je m’étais dit qu’il était pas question que j’adopte un chat en surpoids, j’ai pas eu le coeur de revirer de bord quand j’ai constaté qu’il aurait besoin d’une petite diète. Y faut dire aussi que ça faisait plusieurs jours que je regardais sa photo pis que je l’aimais déjà. En passant toutes ces heures de recherches sur le site de la SPCA pis d’autre sites de refuges, je m’étais découvert une âme missionnaire. J’avais vraiment envie d’adopter un chat dont peut-être personne voudrait. Un chat qui l’avait pas eu facile.

Photo d’adoption

Je pense quand même que mon Charlot a toujours été bien traité parce que c’est pas un chat anxieux, agressif ou méfiant. Je l’ai jamais vu faire un pouiche. Quand yé arrivé ici, y’avait l’air gêné mais confiant. Yé sorti de sa cage par lui-même pis dès le premier soir, yé venu dormir avec moi. Par contre, y devait quand même être stressé parce que les premiers jours, y mangeait pas beaucoup pis y passait tous ses après-midis à dormir en dessous de mon lit. Y fait pu ça pantoute asteur pis point de vue mangeage, y s’est rattrapé puissance 1000.

Des fois, je m’interroge sur tous les frais liés à la santé des animaux. C’est rassurant de savoir que si jamais t’as pu les moyens de faire soigner ton animal, la SPCA va le prendre en charge pis y trouver une famille. D’un autre côté, c’est plate qu’une fois guéri, on retourne pas l’animal dans sa famille initiale mais évidemment, si ça se passait de même, y’aurait pu personne qui paierait un vétérinaire de sa poche pis ça serait la cohue à la SPCA… N’empêche, Charlot a été soigné «gratis» pis adopté par moi plutôt que remis à sa vraie famille. Ça fait réfléchir…

Tout ça pour dire que ça va bien avec mon Charlot. À cause de ses antécédents de problèmes urinaires, on m’a recommandé d’y faire manger de la nourriture spéciale pour prévenir une récidive. Bon, c’est sûr que ça coûte plus cher que de la bouffe cheap de chez Métro mais Charlot a l’air en super forme pis on a eu aucun accident de pipis. Son poil est plus beau aussi pis y’en perd moins qu’à son arrivée, au début août.

Après un peu d’improvisation libre ayant pour thème «quessé que je fais icitt ?», Charlot a aussi adopté une nouvelle routine. Bon, je sais pas ce qu’y fait quand je suis pas là mais quand j’y suis, en journée, y fait ses dodos dans une des cachettes de son arbre à chat tandis qu’en soirée, y’a plutôt tendance à veiller dans le salon. Autour de 22h. par contre, y retourne immanquablement dans son arbre comme si y se disait : «Bon, moi j’m’en vais dans ma chambre». Des fois, quand je me couche, y s’en vient me rejoindre tu suite. Si non, je le découvre dans mon lit au milieu de la nuit. Charlot, y’aime ça dormir collé pis comme y mesure quasiment trois pieds quand y s’étire, on peut dire que sa présence passe pas inaperçue dans un lit.

Gros bébé

Le dodo nocturne, y reste ça à peaufiner un peu. Charlot, c’est un gros dépendant affectif qui fait pas tout à fait ses nuits. Là, depuis quelques temps, y’a enfin compris que ça sert à rien de partir en fou dans la cuisinette quand je me lève à 2-3h pour aller aux toilettes. Asteur, y reste couché pis y se rendort. Quand ça va bien, y commence à me gosser autour de 5h30 pour que je le nourrisse. Ça en tant que tel, ça me dérange pas. En semaine, c’est à cette heure-là que je me lève de toute façon. Le problème, c’est que la fin de semaine, même si je me lève pis que j’y donne à manger, y veut pas trop que je redorme après. On dirait qu’y s’ennuie. Y revient dans mon lit, s’assoit, pis pleurniche en voulant dire : «Enweille, lève-toi donc, c’est plate». Si jamais je l’enferme en dehors de ma chambre, c’est pire. Y miaule super fort pis y saute dans ma porte  comme un déchaîné. La bonne nouvelle, c’est que j’ai jamais autant profité de mes journées de congé que depuis que j’ai adopté ste chat-là. 🙂

Bon, j’ai l’air de chialer mais mon Charlot, je l’adore. J’essaie de maintenir son poids mais en fait, yé tellement grand qu’y pourrait pas peser ben moins. En plus, yé actif pis en forme. C’est un vrai beau gros matou. Suite à la découverte de griffes à ses pattes arrières, j’ai pas eu le choix de faire des petits deuils comme laisser un jeté sul divan pis faire des pédicures félines de temps en temps. J’avais ben peur au début de pogner un nerf (et non les nerfs) en coupant mais ma chum Sylvie m’a montré comment faire pis asteur je me débrouille. Je vous cacherai pas par contre que mes planchers sont déjà grafignés parce que Charlot, y fait des moyens starts quand y joue ou quand y chasse. En 2012, j’avais demandé à la proprio de mon logement la permission d’adopter un chat pis j’y avais promis qu’y serait dégriffé aux quatres pattes. Là, vous êtes témoin, j’avais vraiment pas prévu ça faque tant pis, le jour où je partirai, je la dédommagerai. C’est pas plus grave que ça, d’autant plus que mon appart me coûte ridiculement pas cher.

Faque c’est là qu’on en est. Je regrette pas ma décision pis j’aime mon Charlot. Si c’était à refaire, j’adopterais encore un chat dans le besoin plutôt que de miser sur un petit minou « parfait ». Sérieux, comment résister à ce gros bébé ? 🙂

Belle face
Belle GROSSE face

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