J’ai des très beaux souvenirs des Noëls de mon enfance. Chez nous, ça se passait essentiellement du côté des Desaulniers, chez mes grands-parents, dans l’appartement plutôt modeste d’un deuxième étage sur l’avenue de la Station, à Shawinigan. Chaque année, toute la famille se réunissait là-bas dans l’attente du Père-Nöel, personnifié par mon oncle Réjean, qui finissait par arriver avec une grosse poche rouge pis une taie d’oreiller fleurie remplies de cadeaux. À l’époque, seule ma soeur était assez vieille pour se rendre compte que mon oncle Réjean « travaillait » toujours au réveillon pis qu’il arrivait toujours pas trop longtemps après le passage du Père-Noël. Elle était aussi la seule à se poser des questions quand le Père-Noël s’enfermait dans la salle de bain avec ma tante Murielle (sa femme) qui tentait de le démaquiller pis de le décostumer incognito. Nous autres, les plus jeunes, on trouvait rien de bizarre là-dedans. 😁
Les partys de Desaulniers, ça a toujours été super bruyant, la plupart des membres ayant ce qu’on appelle communément une grand yeule. Fiez-vous sur moi, un néophyte aurait jamais pu se faire entendre au milieu de tous ces professionnels de la cacophonie. Pour vrai, mettez vingt Desaulniers qui « discutent » ensemble dans une pièce. Vous allez avoir l’impression qu’on est une centaine pis vous allez en resortir avec les oreilles qui « silent » comme si vous veniez d’assister à un show d’heavy métal. Je vous jure, j’exagère à peine. 😁
N’empêche, nos partys de Noël étaient ben le fun : beaucoup de bruit, beaucoup de cadeaux, beaucoup de bouffe pis d’alccol pis un vrai Père-Noël. On veillait tard ! Au fil des ans, les partys ont migré pour avoir lieu à tour de rôle chez nous pis chez mes oncles et tantes. Le Père-Noël a aussi changé d’interprète. Subitement, c’est mon oncle Gilles qui « travaillait » au réveillon mais ça bernait pu personne. Par contre, l’arrivée de notre invité vedettte suscitait toujours le bordel l’émerveillement. Y faut dire que le Père-Noël rivalisait d’ingéniosité pour nous amuser. On l’a déjà vu sonner à toutes les portes de notre rue avant qu’y se décide à s’arrêter chez nous. Chez mon oncles Gilles, yé déjà arrivé en dévalant l’espèce de pan de côte dans le fond de la cour, tout en se pétant plus ou moins la margoulette dans la neige. Chez mon oncle Louis, yé arrivé en Skidoo dans le champ d’en face. Je vous le dis, on avait tout un cascadeur !



Les Noël d’aujourd’hui sont rendus pas mal plus tranquilles. J’espère quand même que mes enfants en garderont de beaux souvenirs eux-autres aussi. Cette année, avec la COVID en toile de fond, on s’est réunis chez Alain, mon beau-frère, à Sorel. On était neuf : moi avec mes trois gars, mon frère avec les deux siens, mon père pis mon beauf, évidemment. On a été illégaux quelques minutes, le temps de laisser mon neveu Thomas (fils de ma soeur) faire un coucou avec sa compagne Justine pis le beau petit Émile, mon filleul. Y nous ont annoncé qu’ils avaient un deuxième bébé en production. Fille ou garçon ? On le sait pas encore mais j’imagine qu’après huit gars en ligne dans la famille, y faut pas de faire trop d’illusions…
La soirée a passé dans le temps de le dire. Ça faisait deux ans qu’on avait pas été tous ensemble. On a bien mangé, bien bu, parlé fort, joué à des jeux pis déballé des cadeaux. Alain a été un hôte exemplaire, comme toujours. Mon père était en forme pis de grande humeur. Les cousins se sont amusés ensemble malgré la différence d’âge. Mon frère pis moi, on s’est occupé des jeux. De beaux moments dans une belle famille… de gars ! 🙂





