Publié dans Chialage

J’haïs l’hiver !!!

Maudit que j’haïs l’hiver. J’ai plusieurs amis français qui m’envient de connaître les hivers québécois. Certains sont même assez innocents inconscients pour déclarer que si y’ont la chance de venir visiter le Québec, ça va être en hiver ! Y rêvent de promenades à traineau tiré par des chiens, de balades en motoneige, de paysages féériques pis de feux de foyer. La vérité, c’est qu’en 51 ans de vie au Québec, j’ai jamais fait de tour de traineau à chiens pis une seule ride en Skidoo. À Montréal, l’hiver, c’est lette pis mon foyer, y réchauffe un peu mais yé électrique.

Sérieusement, l’hiver, c’est le fun en vacances dans un chalet. Dans toutes les autres circonstances, c’est dla marde, surtout en ville, surtout à Montréal. Moi quand je regarde ça, j’haïs TOUT de l’hiver. J’haïs le frette, j’haïs la neige, j’haïs le gel, j’haïs le dégel, j’haïs la gadoue pis j’haïs le linge d’hiver. Pour vrai, je trouve absolument aucun plaisir à marcher dehors à -30° ou même à -15° avec le nez qui morve, les yeux qui braillent pis les pieds dans la slush. J’haïs que mes bottes d’hiver soient toujours déguelasses pis j’haïs m’habiller pendant dix minutes avant de sortir de chez nous. J’haïs déneiger pis gratter mon char pis j’haïs qu’y soit tout sale autant en dedans qu’en dehors. J’haïs ne pas avoir de mags sur mon KONA six mois par année. J’haïs rouler quand y neige à gros flocons pis que j’ai l’impression de piloter le faucon millenium.

Piloter le Faucon Millenium

J’haïs conduire quand y fait un vent de chien pis que je comprends pu vraiment où est la route. J’haïs conduire quand y fait doux, que tout est tout trempe pis que je dois pitcher du lave-vitres au dix secondes. J’haïs conduire quand y fait soleil pis que la criss de neige m’éblouit. J’haïs conduire au travers des nids de poules aussi. Moi qui aime tant conduire, ben j’haïs conduire.

Une autre affaire que j’haïs, c’est pelleter. Dès que je viens à boute de mes deux balcons, y reneige pis c’est à recommencer. Encore là, pour être capable de pelleter mes balcons, y faut déjà que je sois capable d’ouvrir les criss de portes patio. Là, j’en ai une gelée raide depuis une semaine. Aucun moyen de l’ouvrir à moins de fesser dedans à coups de masse. C’est pas l’envie qui manque remarquez mais après, ça serait un peu frisquet à l’intérieur. ☹️

L’intérieur d’ailleurs, parlons-en. J’ai frette chez nous. Moi quand je bouge pas, je suis bien à 22°. Le problème chez nous, c’est que je suis au TROISIÈME étage entre un cimetière pis un parc. L’été, c’est ben le fun pour avoir du vent. L’hiver, quand y fait ben frette, mes petits calorifères de marde pis mon foyer électrique viennent pas à boute de monter la température en haut de 20° faque je gèle, en permanence. Des fois, le soir, je finis par aller me coucher juste parce que je suis écoeurée d’avoir frette. Le reste du temps, je mets trois ou quatre épaisseurs de linge pis ma doudou pour me réchauffer. Certains jours de désespoir, je fais chauffer mon sac magique pis je l’embarque avec moi dans la doudou ou ben je me mets les pieds dessus pour pas finir amputée. Criss que j’haïs avoir frette.

Cette semaine, encore une fois, on a un peu goûté à tout. Mardi, pour ma fête, j’ai trouvé un pouce et demi de verglas gelé sur mon char en sortant de la job. Heureusement que ma chum Katrine m’a aidée à gratter. J’étais pas de bonne humeur d’avance pis en plus j’étais pressée parce que je m’en allais souper au resto avec ma belle cousine Marie. (En passant Marie, merci d’avoir égayé ma journée d’anniversaire.) C’était pas mon meilleur cette année.

Hier, je rentrais chez nous vraiment à boute après être passée à l’épicerie pis à la SAQ. Kin, dans le stationnement, je me suis fait abordée par un monsieur parké à côté de moi. Je voyais du coin de l’œil qu’y me regardait mais j’espérais qu’y me parlerait pas.

  • Lui : Est-ce que je peux vous dire que vous êtes très jolie madame ?
  • Moi : Heu, merci
  • Lui : Même avec votre masque je suis sûr que vous êtes jolie.
  • Moi dans ma tête : Enweille, abrège !!!
  • Lui : Êtes-vous célibataire ?
  • Moi : Oui mais je veux le rester. (Pourquoi j’ai pas simplement dit non ??? Aucune idée…)
  • Lui : Faites-vous du vélo ?
  • Moi : NON. Dans ma tête : Criss surtout pas aujourd’hui !
  • Lui : Vous voulez pas aller prendre un verre ?
  • Moi, avec mes trois bouteilles de vin dans les mains : Non je bois pas.
  • Lui : Vous êtes sûre ?
  • Moi : Oui je suis sûre. Merci, bonne soirée !

Bref, je rentre chez nous avec tout mon stock. Y fait frette pis y vente. J’ai ma sacoche sur l’épaule pis j’ai rentré mes trois bouteilles de vin dans mon sac d’école Ketto parce que j’ai oublié d’emmener des sacs à matin. Dans une main, j’ai un deux litres de lait de soya pis dans l’autre un Poke bowl de l’épicerie. En sortant de mon parking, je tourne le coin pis les deux pieds me partent. Je sacre le camp à terre avec tout mon stock. Je me relève tant bien que mal en sacrant. Les bouteilles sont intactes, le Poke Bowl est effouèré mais encore fermé. Je suis pas trop sûre si je me suis pété la tête au sol parce que ça s’est fait trop vite. Je me suis au moins cogné le poignet droit pis la hanche droite. Je me sens étourdie. Je suis pleine de neige pis mes affaires aussi. Je finis par monter au TROISIÈME. Ma tête fait pas mal quand j’y touche mais je me sens vraiment bizarre. J’ai peur de mourir comme la femme de Liam Neeson qui s’était bêtement cogné la tête en tombant. J’ai mal partout mais j’ose pas prendre de Advils. Tout d’un coup que je saigne dans le cerveau ? Je décide de boire du vin à la place tout en mangeant mon Poke Bowl décrissé. Après deux verres, j’ai pas moins mal mais je trouve ça plus drôle. Je me couche avec mon cell sur ma table de chevet au cas où je file mal pendant la nuit.

Je réalise à matin que je suis encore vivante quand Charlot me réveille à 5h. Eh boy, je suis rackée pas à peu près : poignet, cou, dos, hanche… En plus, j’ai super mal à un pied depuis un mois pis j’ai aucune idée de ce que j’ai ben pu faire pour en arriver là. Je me suis levée un matin pis j’avais mal, tout simplement. De l’arthrose peut-être ? Je me suis toujours ben pas cassé un pied en dormant ! Y faudrait ben que j’aille voir le médecin mais le mien yé loin pis là, j’ai pas le temps faque quand je suis pas capable de marcher, je prends une couple de Advils pis ça aide un peu. Là, avec ma possible hémorragie au cerveau, j’ose pas trop faque j’utilise ma thérapie de prédilection : le déni. Résultat, j’ai de la misère à tenir deboute mais je fais semblant que je suis en grande forme. 😁

Maudit que j’haïs l’hiver ! Si ça peut tu finir…

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