Publié dans Aventures

Corvée printanière

Enfin guérie de ma COVID (mais toujours en maudit de l’avoir pognée), à 8h., je roule dans mon char direction Trois-Rivières pour ma journée pose de pneus + tapis d’été pis lavage/cirage du KONA. Tout ça aurait dû être effectué le 9 avril mais COVID oblige, y’a fallu que je m’isole pis que je me remette avant de pouvoir espérer survivre à une journée de ste genre-là. Résultat, ça fait trois semaines que je regarde le mois de mai approcher pis que je stresse à rouler sur mes pneus d’hiver, dans un char crotté, très loin de la norme ISO-Desaulniers.

Le point positif d’avoir retardé la journée d’entretien du KONA, c’est qu’aujourd’hui, y fait super beau pis qu’y devrait pas faire trop frette. Sur la 40, en route vers chez mon frère, la journée s’annonce superbe. Je roule à gauche, cruise control sur 118 parce qu’à droite, ça zigonne à 102-103 km/h pis évidemment, moi le zigonnage, j’ai pas de patience pour ça. Je suis en train de rouler joyeusement en sirotant mon café quand je fais un maudit saut, une trentaine de kilomètres avant Bethierville. En jetant un coup d’œil dans mon rétroviseur, vla tu pas que j’aperçois un char sorti de nulle part qui arrive dans mon dos à la full pine. J’ai à peine le temps de comprendre ce qu’y se passe que l’innocent me dépasse, à genre 150 km/h, par l’accotement, se sacre devant moi, se garroche à droite aussi vite pis dépasse un autre char par l’accotement de droite avant de se regarrocher à gauche pis ainsi de suite. Les accotements étant à moitié en gravier, y’a de la boucane partout sur l’autoroute. Tout le monde ralentit l’air de dire quessé ça ste fou-là ??? Je reprends mes esprits pis ma vitesse, un peu perplexe, persuadée que je vais finir par voir le char, ou celui de quelqu’un d’autre, dans le clos dans un avenir rapproché. Dix-minutes plus tard, j’aperçois, non sans satisfaction, l’adepte des accotements deboute dans celui de droite, menotté à côté d’un char de police. Youppi ! Un innocent de moins en circulation ! 😁

9h40, j’arrive chez mon frère pis on embarque subito presto sur les corvées. Nous autres, on a pas le temps de niaiser. À cette heure matinale pis encore un peu frisquette, le changement de pneus est exécuté d’une main de maître en un temps record. On (exclut la personne qui parle) enchaîne sans tarder sur le shootage du KONA au canon à mousse, suivi d’un lavage à la main en règle pis d’un essuyage minutieux. En un rien de temps, le bolide reprend déjà ses allures des grands jours.

Shooter le Kona au canon à mousse

12h., le véhicule princier repose dans le garage question de sécher complètement pis de surtout pas pogner la poussière. Nous autres, on fait un aller-retour au Subway pour se sustenter. Évidemment, on mange rien que sur une gosse parce que la journée est loin d’être finie. 13h30, on est en train de se préparer à cirer quand mon père arrive.  On l’installe au soleil pis on fait de l’animation tout astiquant le KONA.

Cirer le Kona

16h., le char retourne dehors pour les touches finales. Moi, je passe la balayeuse pis je nettoie l’intérieur pendant que mon frère lave mes pneus pis tapis d’hiver.

Astiquer les pneus d’hiver

17h., après le frottage des traces de calcium qui s’étaient malencontreusement infiltrées côté conducteur pis la finition à l’Armor all, le KONA a pratiquement l’air de sortir de chez le concessionnaire. Bon, c’est sûr qu’à 26 000 km au compteur pis tous les soins reçus depuis trois ans, mon char est loin d’être magané. Je prévois quand même le changer dans deux ans parce que j’aime ça les chars neufs pis que j’ai envie d’un modèle plus équipé. D’ici là, aucun effort ne sera ménagé pour le conserver dans les meilleures conditions. Que voulez-vous… On est crack pot ou on l’est pas. 🙂

KONA prêt pour l’été

Au travers de tous les travaux, l’amie de mon frère fait son apparition. J’essaie de jaser avec elle au milieu du vacarme de mon frère pis mon père qui s’amusent avec la souffleuse pis le tracteur à gazon. Vu que les deux servent pu depuis que mon frère est en appart, y semble qu’y faut les partir de temps en temps. Mon père est toujours content d’assister au démarrage des deux machines que mon frère sort aux changements de saisons. Quessé qu’on ferait par pour amuser la galerie… Je nous regarde aller pis je me dis que les voisins de mon frère doivent penser qu’on est une gang de fous.

Starter une souffleuse sur du gazon

19h., mon frère pis moi on part chercher du Kuto pour nous-autres pis une pizza pâte mince pour mon père. Fouillez-moi pourquoi, mon père, y veut toujours manger de la pizza pâte mince. Si on en mange avec lui, ben on a pas le choix de la pâte. C’est pâte mince, point final. S’il en mange sans nous-autres, comme à soir, y nous lance ses croûtes dans notre assiette pour qu’on les mange. D’autres fois, avec mon père, on va chercher du poulet pour faire changement. Encore là, y’a litige. Mon frère pis moi, on a l’habitude de commander sagement chacun un quart poitrine, sachant que ça va être amplement suffisant. Mon père lui, y se commande toujours un demi-poulet pour nous en donner. On a beau y dire qu’on en veut pas pis qu’on a assez mangé, on finit toujours par y dire qu’on va garder son reste de poulet pour faire des sandwichs. Évidemment, en temps de COVID, c’est complètement proscrit mais CHUT, dites-y surtout pas. Lui, ça y fait plaisir de nous nourrir pis nous-autres, on sait qu’un jour, on va s’ennuyer de toutes ses niaiseries.

19h30, on se met finalement à table. Après autant de corvées, la bouffe pis l’alcool sont amplement mérités. Autour de 21h., l’ancêtre s’apprête à partir. D’habitude, quand on fait quelque chose avec lui pis qu’on sait qu’on va veiller plus ou moins tard, on va le chercher pis on le ramène. Là, y me semble que j’ai pas ben ben le goût de le laisser rouler à la noirceur. Mon frère pis moi, on parvient à le convaincre d’aller le reconduire dans son char, avec moi qui suit en arrière dans le KONA, en prétextant qu’on va en profiter pour prendre une marche dans son coin. Rendus à Shawi, on décide d’aller faire un petit tour pour vrai, question d’être encore plus brûlés. Voilà donc une autre activité, exécutée avec brio par le duo d’enragés.

Marcher sur le boulevard St-Maurice

Yé pas loin de 23h. quand on revient finalement chez mon frère. Comme souvent quand je passe la journée chez eux, je reste pour la nuit pour partir à la clarté demain matin plutôt qu’à la noirceur après une grosse journée. Moi, je suis pas ben ben de trouble à héberger. Y suffit de me garrocher une couverte pis un oreiller sul divan pour faire mon bonheur. Ma mère m’a souvent dit que quand j’étais petite, j’étais comme un chien pis que je dormais n’importe où chez le monde, même à terre. Y faut croire que j’ai pas changé tant que ça. Preuve à l’appui, si un jour mon frère pis moi on vous demande le gîte, vous allez voir qu’on est vraiment pas exigeants. Nous-autres, dormir entre une chaise, une commode pis un rouet qui peut nous sacrer le camp sur la tête à tout moment, ça nous énarve pas ben ben. Ce qui est étrange par contre, c’est que cette photo-là a été prise chez mes grands-parents Beaumier pis que là-bas, y’avait quand même trois étages finis pis cinq-six chambres. Étonnant quand même que quelqu’un ait pu estimer que st’endroit-là puisse être le meilleur pour nous coucher…

Dormir dangereusement

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