Publié dans Aventures

Journée riche en émotions

En regardant par la fenêtre de ma chambre à 7h30 à matin, je constate que les motards ont déjà l’air sur leur départ faque je décide de tenter ma chance au resto de mon hôtel qui s’avère effectivement à peu près vide. Je me commande à déjeuner. La serveuse me reconnaît. On jase un peu. Je m’attarde pas trop parce que j’ai deux projets aujourd’hui. Le premier, c’est le Geoparc de Percé. Là-bas, y’a une plate-forme vitrée jonchée à 200 mètres au-dessus du sol. Apparemment, le point de vue à partir de là-bas est magnifique. Je peux pas manquer ça. Le Géoparc est à distance de marche de mon hôtel, comme toutes les autres activités que j’ai faites ici jusqu’à maintenant. KONA a pas bougé de sa place depuis bientôt 48 heures. Pour se rendre à la place-forme, y faut monter les 200 mètres sur une distance de 1.7 km. Pour les petits joueurs, y’a une navette qui fait le trajet dans le temps de le dire. Pour ma part, yé pas question que j’embarque là-dedans avec les aventuriers du dimanche. Je me lance dans l’ascension du Mont Sainte-Anne à 9h15.

À cette heure-là, y fait pas trop chaud. La montée du sentier est agréable pis relativement rapide. Au bout d’une quarantaine de minutes, je découvre la fabuleuse plate-forme avec un émerveillement non dissimulé pis une terreur encore moins dissimulée. My god, quessé qui m’a pris de venir ici ? Je regrette tout à coup ma décision. Y faut dire que moi, j’ai le vertige solide mais yé pas question que ça m’empêche de faire quoi que ce soit. D’ailleurs, j’ai toujours combattu ma peur pour faire toutes les activités possibles pis inimaginables avec mes trois héritiers. À matin par contre, je me sens pas trop trop brave. Pendant quelques minutes, j’essaie de me convaincre que le point de vue est tout aussi impressionnant à partir du sol en bois. En même temps, je me dis qu’y faut ben mourir de quelque chose tôt ou tard pis que c’est aussi ben que ça arrive en faisant quelque chose de le fun. J’avance lentement. Je vois le sol de verre mais je suis incapable de mettre le pied dessus. Marcher sur une surface pas assez safe pour que j’aie le droit de garder mes souliers, ça me rassure pas ben ben. J’essaie de me raisonner. La plate-forme est là depuis trois ans. On a jamais entendu dire que quelqu’un est passé au travers d’une de ses vitres. J’enlève mes runnings. Les quatre-cinq personnes deboutes au-dessus du vide m’encouragent. Mes pieds veulent pas avancer : « Si je meurs, dites à mes enfants que je les aime ! » Je me lance.

L’arrivée en haut

Après quelques pas hésitants, je réussis à me mouvoir jusqu’au boute de la plate-forme. Je suis loin de me sentir à l’aise mais j’y reste quand même quelques très très longues minutes pour prendre des photos. La vue d’en haut est superbe, fabuleuse, grandiose. Je m’en serais voulu d’avoir été trop pisseuse pour monter. Je me trouve vraiment chanceuse d’assister à un tel spectacle pis de voir toutes ces belles choses-là depuis quatre jours. Ne pas en profiter au maximum serait un sacrilège !

Les courageux
La vue effrayante
Une fille pas trop trop sûre
Vue d’en haut

De retour sur la terre ferme après une descente beaucoup plus rapide que la montée, je me dirige vers le lieu de mon deuxième projet : les tickets pour les croisières d’observation des baleines. Pour cette activité-là, deux possibilités, soit faire le tour en bateau ou en Zodiac. Le Zodiac, très peu pour moi. J’ai peur que ça brasse trop pis de finir par me sentir mal. En plus, y’a pas de toilettes là-dedans pis l’expédition peut durer deux heures et demie. Je me dis que ça doit être long en maudit quand tu files pas. Au guichet, la madame, super fine, m’explique qu’aujourd’hui, le bateau partira pas parce qu’y sera pas assez rempli. Si je veux voir les baleines, ça va être le Zodiac ou rien d’autre. Je veux pas faire de Zodiac. J’achète un billet pour le Zodiac. 😀 Eille, je viens sûrement pas de survivre à la maudite plate-forme pour me dégonfler devant un petit bateau.

Le Zodiac part dans une heure. Ça me laisse le temps de retourner à ma chambre pour me préparer un sac à dos avec un kit de survie. Je décide de pas dîner pour mettre toutes les chances de mon bord pis je me prends un comprimé de Gravol pis deux de Pepto Bismol en prophylaxie. J’aime mieux m’endormir un peu que de vomir sul monde dans le bateau. 😀 Vingt minutes avant le départ, je fais la file sul quai. Au moment d’embarquer, le capitaine se rend compte qu’on est trop. Y’a 23 places dans le Zodiac pis on est 30. Les billets sont censés être vendus en fonction des places. On a un problème. Les gens qui ont acheté leur billet en premier sont d’avis qu’y devraient avoir la priorité. Ceux qui sont au début de la file pensent que ce sont eux qui devraient embarquer. Ceux qui repartent à soir trouvent qu’on devrait les laisser aller. Dans tous les cas, je suis un peu dans la marde : J’ai acheté mon billet dans les derniers, je suis plutôt à la fin de la file pis je repars pas à soir. Personne veut céder. Moi, je dis rien. Le capitaine finit par dire qu’on a deux choix. Soit on y va en bateau (y’a plus de place dedans), soit y laisse sept personnes sul quai. L’idée du bateau me réjouit mais tout le monde veut le maudit Zodiac. Le capitaine pogne les nerfs pis décide de faire passer les 23 premiers. Je suis la 23ième. 😀

Dans le Zodiac, on est serrés comme des sardines. Tout pour revenir chez nous avec la COVID ou la variole du singe. Heureusement, le capitaine qui nous a fait monter est pas celui qui nous emmène en expédition. On a la chance d’être conduits par deux gars aussi beaux pis fins l’un que l’autre. Le Zodiac se met en marche. Dans le tour d’à matin, y’ont pas réussi à voir des baleines à proximité faque l’un des deux gars nous dit qu’on va aller plus loin, pratiquement jusqu’à Gaspé. Ça m’enchante pas même si je me sens plutôt bien pour l’instant. Rendus en vue de Gaspé, on a pas vu une maudite baleine. Le capitaine ralentit le bateau une couple de minutes pour observer les environs. On dirait que ça brasse plus quand on va pas vite. Je commence à filer très très moyen. Au moment où tout le monde se rajoute une veste, moi, j’enlève la mienne. J’ai chaud. Si j’avais mangé, c’est sûr que je serais en train de vomir partout. J’ai juste hâte qu’on vire de bord pour pouvoir me dire qu’on a commencé le chemin du retour. Vu le temps qu’on a mis pour se rendre où on est, on en a encore pour un boute avant de revenir. 😬

Le capitaine fait finalement demi-tour quelques minutes plus tard. Je me sens instantanément mieux. Comme les baleines sont pas au rendez-vous, y nous emmène autour de l’île Bonaventure pour nous consoler. On va au moins y voir des phoques. En plus, le ciel, à st’endroit-là est rempli de milliers d’oiseaux. C’est vraiment impressionnant. Vaut cependant mieux avoir une capuche pis garder la bouche fermée. Un conseil d’amie juste de même… En vue de Percé, je me sens tellement top shape que je suis rendue deboute dans le Zodiac. Encore dix minutes pis on pourrait me traîner en arrière sur des skis. 😁 On rentre finalement au quai bredouilles, TROIS heures plus tard. Mon foie est rendu dans mon utérus pis mes reins en arrière de mes amygdales. Je suis fière de moi. Aujourd’hui, j’ai surmonté deux appréhensions.

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Y me reste une seule mission avant de quitter Percé demain matin : manger une guédille au homard. Comme j’ai rien mangé depuis 8h. à matin, je m’arrête tu suite sur une terrasse. Y fait pu ni très chaud ni soleil. J’aime aussi ben manger drette-là pis rentrer à ma chambre prendre une douche. En plus, y faut absolument que je me lave les cheveux. J’haïs ça faire ça ailleurs que chez nous mais là, c’est une catastrophe. Ma guédille est délicieuse mais pas digne d’une photo. Voilà, après trois jours à Percé, j’ai rempli toute ma bucket list. Pour à soir, c’est ma chambre pis rien d’autre. Demain, une bonne journée m’attend…

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