Publié dans Aventures

Une heure plus tard dans les maritimes

Quand mon réveil sonne à 6h. à matin, je suis en train de rêver que je suis de retour chez nous pis que Charlot me reconnaît pu. Ça doit être signe que c’est le temps que je rentre. D’ailleurs, je viens de passer ma dernière nuit à Percé. C’est drette là que je dois quitter à regret mon petit coin de paradis. Aujourd’hui, j’ai environ 500 km à faire. Mon but est de repartir par la Baie des chaleurs pis de couper dans le Nouveau-Brunswick pour aboutir à Rivière-du-loup. En passant par là, j’économise une cinquantaine de kilomètres. En plus, je suis jamais allée au Nouveau-Brunswick. Ça sera sommairement fait. 😀

Itinéraire jour #5, en mauve

Encore sur la route de très bonne heure, mon trajet du jour va bon train. Je constate que la route 132 offrait des ben meilleurs points de vue du côté nord que du côté sud. Je me permets une petite pause très rapide après 200 km, à Carleton-sur-merde. J’avais mis ben des espoirs dans ste village-là parce que tout le monde m’en parlait mais je suis pas impressionnée pantoute. Y’a absolument rien de beau ni de le fun à regarder là ou ben je suis pas arrêtée à la meilleure place. En tout cas, j’ai vu ben des ports plus beaux que ça dans ma vie… En plus, y’a juste une toilette chimique pis elle est déguelasse. 🤢 Je repars dans le temps de le dire. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, je franchis enfin le pont qui mène à Campbellton. Me vla Néo-Brunswickoise d’un jour. 😁

Carleton-sur-mer
Nouveau-Brunswick, me vla !
Néo-Brunswickoise d’un jour

Le Nouveau-Brunswick, c’est pas dépaysant pantoute. Partout, l’affichage est bilingue pis parfois même juste en français. Étrangement, je m’y sens quand même pas tout à fait chez nous. Le chemin que j’emprunte est rapide mais un peu plate. Pendant environ 250 km, je monte pis je descends sans cesse sur une route bordée d’arbres. De la verdure, en voulez-vous, en vla ! Vers midi et demi, je suis quand même déçue de constater que malgré la seule pause que je me suis accordée depuis mon départ de Percé, je suis pas rendue aussi loin que j’aurais voulu. Je réalise soudainement que mon timing est pas si pire. J’y avais pas pensé mais je suis rendue… une heure plus tard dans les maritimes ! Autour de 13h., je franchis à nouveau la frontière qui sépare les deux provinces. Je me sens de retour chez moi malgré ma brève incursion dans la province voisine. Étrange, j’étais pourtant encore dans MON pays ! Comme quoi, on a beau être Canadien, dans notre tête, la mienne en tout cas, je suis ben plus Québécoise.

Pour me rendre à Rivière-du-loup, j’ai encore 90 km à faire sur l’autoroute 85. Petit imprévu, sur la moitié du trajet, on roule à une voie seulement, en face à face, à cause de travaux sur la route. À 80 km/h plutôt que 120, mon trajet est finalement pas si gagnant que ça. Pour ma dernière nuit, j’ai loué une chambre au Motel Bellevue. J’ai choisi ste Motel-là pour son emplacement paisible pile devant le fleuve mais je sais d’avance par les photos sur internet que la chambre va être moche pis je m’en fiche. Cette chambre-là, c’est juste pour me laver pis me reposer un peu avant de repartir tôt demain matin. Quand je l’ai réservée, je m’étais dit que j’apprécierais la quiétude des lieux après cinq jours de cavale. Arrivée sur place, je peux confirmer après une reconnaissance des lieux que Bellevue s’applique au dehors et non au dedans. Les murs de ma chambre sont verts marde, les meubles bruns, le vieux couvre-lit fite pas avec les rideaux pis les trois-quatre décorations sont kitch. De toute beauté. 😁 Heureusement, l’endroit est propre pis l’emplacement est très calme. Comme promis, j’ai une belle vue sur le fleuve. Bon, c’est sûr que quand tu viens de passer trois jours avec le Rocher Percé dans ta fenêtre de chambre…

Motel Bellevue
Ma chambre des années 80
Devant mon Motel
Vue de ma chambre

À côté de mon motel, y’a un resto, le Boucaneux, pis un casse-croûte, le Zodiac, à distance de marche. Point de vue Zodiac, j’ai assez donné hier faque je me pointe au Boucaneux pour souper. Y’a pas de place. Apparemment, c’est toujours plein. Y’aurait fallu que je réserve l’an passé. Je me résigne à manger au Zodiac parce que j’ai pas le goût de resortir mon char. Selon internet, l’endroit a pas l’air réputé pour son service :  » La seule chose qui puisse vous décevoir à Le Zodiac Resto Crèmerie est un personnel brut. Un service spectaculaire est toujours un plaisir. Mais ce lieu n’a pas obtenu un score élevé par les utilisateurs de Google. » Au Zodiac, y font juste des hot-dogs, des frites, des poutines pis de la crème glacée. Je commande une petite poutine. La fille, pas plus souriante qu’y faut, me dit que pour manger autre chose que de la crème glacée, y faut revenir demain parce que là, y’ont pu de propane pour faire cuire des affaires. J’y réponds que c’est à soir que j’ai faim pis je sacre mon camp avec un air bête égal au sien. Je m’en sortirai pas. Si je veux manger, y faut que je sorte mon char. 😕

Je retourne sur la route 132 pis je rentre dans le premier resto que je vois, un Normandin. Je commande une demi-portion de lasagnes suprêmes qui viennent en combo avec une salade césar. La fille se trompe dans ma commande pis m’apporte les lasagnes « normales ». La salade césar est pas ben bonne. Je suis fatiguée, j’ai faim pis j’ai pas le goût de chialer. Je mange, je paie, pis je repars un peu en maudit. Au retour, je m’asseois dehors pour profiter un peu du soleil pis de la vue. Y fait pas chaud chaud pis c’est relativement venteux. Je prends quelques photos du coucher du soleil pis je rentre dans mon palace pour la nuit.

Vue de ma chambre

Demain, je rentre à Montréal.

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