Publié dans Aventures

Rapide blanc : here we go !

Rapide blanc : cet endroit que beaucoup connaissent de nom mais où peu sont déjà vraiment allés. C’est quoi le Rapide blanc ? Ben c’est une centrale hydroélectrique avec jadis un village qui portait le même nom pis qui comptait environ 250 habitants, tous des travailleurs du barrage avec leur famille. Au début des années 70, suite à l’automatisation de la centrale, le village a été démantelé. Aujourd’hui, y’en reste plus que sept maisons appartenant à Hydro-Québec, des belles maisons rénovées, équipées, en briques des quatre côtés. Une de ces maisons-là a longtemps servi aux retraités de l’Hydro (dont mon père), qui pouvaient la louer tour à tour au cours de l’année. Depuis 2021, la maison a été reprise pour aménager des bureaux pour des employés qui font des travaux à la centrale faque on l’a perdue. Mon père étant très attaché à ste petit village-là, mon frère pis moi on a décidé de l’y emmener chaque année pour voir comment les choses évoluent là-bas. C’est aussi l’occasion de passer une journée en famille pis d’écouter les tounes plates de mon père à tue-tête dans le char pendant cinq heures. 🙂 L’expédition de 2021 a eu lieu le 31 juillet. Pour 2022, c’est aujourd’hui que ça se passe !

Le Rapide-Blanc, c’est pas à la porte. Pour moi qui pars de Montréal, ça représente un aller-retour de plus ou moins 725 km. 9h. précises, me vla donc à Trois-Rivières pour rejoindre mon frère pis son amie Evelyne, notre nouvelle recrue qui s’est embarquée dans le projet pleine de bonne volonté. 9h40, on arrive à Shawinigan pour ramasser mon père. Comme d’habitude, yé de grande humeur pis très peppé par l’expédition en Haute-Mauricie. Y faut dire que mon père, quand yé question de rouler en char, yé pas tuable. Mon frère pis moi on est pas mal comme lui. Reste à voir si Evelyne a le pied routier. 🙂 Quant à moi, j’ai encore ben frais en mémoire les 2000 km de mon expédition Gaspésienne. D’ailleurs, je rêve de routes pis d’étendues d’eau toutes les maudites nuites depuis que je suis revenue. Quessé qu’on ferait pas pour faire plaisir à notre père…

Trajet Montréal – Rapide Blanc

Comme toutes les activités qu’on répète d’année en année, un rituel s’est installé au fil de nos nombreuses expéditions en Haute-Mauricie. Pour une journée gagnante à Rapide-Blanc, y faut partir pas trop tard question de rouler sans rush pis de profiter des beaux points de vue offerts par le trajet. La route entre Shawinigan pis La Tuque est réputée pour être une des plus belles du Québec. Elle longe la rivière St-Maurice pratiquement tout le long. Nous autres, on commence à la connaître pas mal. On l’a vue par tous les temps pis par toutes les saisons. Ça nous empêche pas de trouver ça ben beau pis ben le fun pareil. À matin, y fait un temps superbe. On est ben contents parce que la sortie implique une activité « aquatique » qui se veut une mission INCONTOURNABLE de la journée. Pour tu suite, yé midi pis on rentre dans la ville de La Tuque, lieu de la première attraction à faire découvrir à la recrue : le pont Saint-Maurice. Ste pont-là, c’est le plus étroit que j’ai vu dans ma vie. Quand tu roules dessus, y te reste à peu près deux pouces chaque bord pour pas accrocher tes miroirs. Aujourd’hui d’ailleurs, mon père se questionne à savoir si un pick-up passe là-dessus. Moi je dis que oui, en pliant les miroirs pis en roulant vraiment vraiment drette.

Point Saint-Maurice

Arrêter à La Tuque, ça sert aussi à aller manger pis faire un tour aux toilettes parce qu’après, on sait pas quand on va en revoir. Aujourd’hui, plusieurs restaurants du centre-ville sont fermés. Y semble qu’y se passe pas grand chose par ici le dimanche. On aboutit chez Stratos en désespoir de cause pis on dîne sur la terrasse. Le repas est plutôt bon mais la visite aux toilettes loin d’être concluante. Dans celle des filles, y’a du caca à terre. Evelyne met le pied dedans avec sa gougoune. 🤢 S’ensuit une décontamination en bonne et due forme au lavabo. Du côté des hommes, y paraît que l’odeur est tellement infecte que mon frère a des hauts le coeur pendant qu’y fait pipi. D’un côté comme de l’autre, on s’éternise pas là-dedans. Le quatuor reprend sa trajectoire dans la bonne humeur.

Passé La Tuque, y faut bifurquer sur une route foretière pour se rendre à destination. Heureusement, le chemin est très bien asphalté ce qui me permet de dire que je pourrais un jour envisager d’y faire rouler le KONA. Après une cinquantaine de kilomètres, on arrive à notre deuxième point d’intérêt, la centrale de La Trenche, passage OBLIGÉ étant donné qu’on doit rouler dessus. Comme chaque année, on descend pour admirer les points de vue pis prendre un selfie. Sérieux, je compte pu les photos du barrage en sauvegarde sur mon ordi. Elles se ressemblent toutes évidemment. Voici la cuvée 2022.

Centrale de La Trenche : 53 m de hauteur, 442 m de longueur
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Le joyeux quatuor
Les Desaulniers

Un autre 20 km plus loin, on arrive enfin au Rapide-Blanc. Entre les deux, le rituel oblige qu’on descende plusieurs fois sul bord de l’eau dans des petits chemins douteux, question de débusquer quelques campeurs illégaux. À la blague cette année, on se dit que les campeurs doivent commencer à nous reconnaître, nous les énergumens, qui chaque été, roulons quasiment sur leur terrain avec la Subaru. Dla marde, une expédition au Rapide-Blanc serait pas réussie sans un peu d’écorniflage pis quelques u-turns dans des trails de garnottes. Avec tout ça, vla des photos de la centrale de Rapide-Blanc pis de notre maison, photos tirées de mes archives.

Centrale de Rapide-Blanc : 45 m de hauteur, 268 m de longueur
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L’une des septs maisons restantes, celle qu’on occupait

Après un peu de viraillage dans le village pis autour du barrage, on reprend finalement la route du retour non sans un dernier petit arrêt mais non le moindre. J’ai mentionné tantôt l’activité « aquatique » ? Ben la vla. Il s’agit de la douche en plein air, douche aménagée par les campeurs du coin à même une cascade d’eau. Depuis qu’on l’a découverte vla quelques années, la douche est devenue LA raison majeure du périple familial. Aie pis on niaise pas quand on prend notre douche là-dedans ! Cette année, mon frère innove même en se brossant les dents dans la cascade. On est vraiment crampés. L’an prochain, on emmène du bain moussant pis pouquoi pas nos rasoirs. 😁😁😁

L’entrée de la douche
Le vestiaire
La cascade
Le renvoi
L’eau est bonne !
Rinçage

Après plusieurs minutes à rire comme des fous, c’est tout propre qu’on repart direction La Tuque pour une pause pipi dans le pire Tim Hortons que la terre ait porté. Pour vrai, j’ai jamais vu ça. Les employés sont bêtes, le service est long pis les boissons approximatives. Sul chemin du retour, mon père gosse comme d’habitude sur son écran tactile pour trouver ses musiques préférées (Gros jambon, La petite grenouille, Ma femme m’a laissé (criss que c’est plate), La dame en bleu), tous de grands classiques québécois. 😁 Comme la route saute pis vire dans tous les sens, la tâche est toujours ardue pis requiert beaucoup de patience autant pour lui que pour nous. Je mentionne ici que c’est mon frère qui conduit hein. Sinon, on se tuerait assurément. À côté de moi en arrière, Evelyne dort, brûlée ben raide. Y semble que mon frère y’avait pas expliqué l’ensemble du projet. Elle a ben aimé ça mais elle a l’air de trouver qu’on en a fait beaucoup en peu de temps. Quessé que vous voulez que je vous dise ? Nous-autres, on aime ça rentabliliser nos journées.

Un grand classique à ne pas manquer. Mon frère pis moi on se tape ça tous les ans.

Avec tout ça, yé 20h, quand je reviens finalement à Montréal après qu’on ait déposé mon père à Shawi pis que j’aie repris mon char à Trois-Rivières. Je me suis pas éternisée plus qu’y faut en Mauricie puisque j’y reviens déjà vendredi pour une autre activité familiale probablement pas plus reposante. Si vous insistez, je viendrai vous la raconter. Nul besoin de dire qu’elle sera sûrement riche en rebondissements comme nous seuls en avons le secret. 😀

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