Depuis deux ans, je loue des Seadoos l’été avec mon frère, Renaud pis Morgan. En 2020, on a eu vraiment du fun. Mon oncle Louis pis ma tante Carmen s’étaient joints à nous-autres avec mon cousin Mathieu. On avait eu une super journée. En 2021, on a récidivé, moi avec mes deux plus jeunes héritiers pis mon frère avec les deux siens. Demandez-moi pas ce qui nous est passé par la tête mais dans un élan de folie, on a décidé d’essayer une autre « compagnie » (allez surtout pas là). La sortie a été CATASTROPHIQUE, tellement que pour cette année, j’ai complètement éliminé le projet. Y faut dire qu’on est pas encore remis de ce qui a été une des pires journées de marde de notre vie pis que je savais d’avance que je pourrais pu embarquer mon frère là-dedans avant un maudit boute. Eille, juste pour dire, ça s’est tellement mal passé l’été dernier que pendant toute la journée sur l’eau, le téléphone de mon frère a compté ses pas, pensant qu’y MARCHAIT ! Faque cet été, c’est clair que j’oublie le projet Seadoo mais comme j’aime ben les journées sur l’eau pis que je suis constamment en recherche d’idées pour divertir mon père, j’ai décidé de louer un ponton. Ça, c’est en plein le genre d’activité qui va y faire plaisir pis ça va être pas mal moins de trouble. J’espère.
Pour conduire un ponton ou du moins en louer un, y faut un permis de conduire d’embarcation de plaisance. Mon père a le sien faque on est en business. Y suffit de le présenter au bureau de location pis après, personne va savoir qui chauffe vraiment le ponton. L’affaire, c’est que mon frère pis moi, on fait pas trop dans l’illégalité. Mercredi soir, on s’est donc lancés chacun de notre bord dans le cours de conduite en ligne. Ste cours-là, c’est divisé en chapitre pendant lesquels tu regardes des capsules tout en écoutant la voix ultra monotone d’une madame qui casse le français pas boutes. Les capsules, tu peux pas vraiment les avancer ou passer par-dessus parce que tu dois obligatoirement passer TROIS HEURES actif sur le site avant d’accéder à ton examen. En plus, si tu veux connaître les réponses, ben t’as pas vraiment le choix. Qui sait par coeur quel type d’extincteur y faut sur un bateau ? Quelle longueur la ligne d’attrape flottante doit avoir sur une embarcation de moins de 24 mètres ? Sur quelle fréquence y faut brancher la radio VHF ? De quel bord y faut contourner un bateau pis dans quelles circonstances c’est toi qui a la priorité plutôt que l’autre ? Quand est-ce que tu lances un message d’urgence « pan-pan » plutôt qu’un « mayday » ? Ben mon frère pis moi, on le sait parce qu’on a tous les deux réussi notre examen haut la main : 92% pour lui pis 92% pour moi. Nous vla legit pour tenir la barre du ponton !
Comme toutes les activités qu’on fait en famille se passent toujours dans ma Mauricie natale, c’est de bonne heure à matin que je suis au volant du KONA pour ramasser mon frère à Trois-Rivières pis mon père à Shawinigan avant d’aller finaliser la location du Ponton chez Maximum pis rejoindre notre joyeuse gang à la marina de Grand-Mère. Cette activité met plusieurs acteurs en vedette. En ordre d’apparition :
- Moi : L’nitiatrice de l’activité, coordonatrice des évènements pis conductrice certifiée
- François : Mon frère (ben oui, y’a un nom), élu par acclamation (pis sans le consulter) conducteur principal du ponton
- André : Mon père, le conducteur délinquant
- Jules : Le cousin de mon père, qui parle tout le temps mais qu’on entend pas
- Carole : La blonde de Jules pis vigie (sutout quand le conducteur délinquant est aux commandes)
- Evelyne : La recrue débrouillarde pis très motivée
- Alain : Mon beau-frère, le premier matelot pis reponsable de la musique
- Danièle : La charmante nouvelle amie d’Alain, récemment passée du stade de promise à celui de promue
Aujourd’hui, y fait hyper beau pis ultra chaud. 🌞 On dirait ben que ma malédiction météorologique a décidé de m’épargner en 2022. Jusque là, toutes mes activités se passent par des temps superbes. À 11h. précises, tel que stipulé dans la programmation de la journée, on largue les amarres. Tout le monde est content. Comme pour nos journées Seadoos, c’est sur la rivière Saint-Maurice qu’on navigue. En partant de la marina de Grand-mère, ça nous laisse environ 35 km avant de revirer de bord. C’est ben en masse parce que sur une embarcation de même, le but c’est d’avancer pas trop vite, d’admirer les environs, de jaser pis de relaxer. Dans le siège du conducteur, au milieu du ponton, mon frère nous conduit ça d’une main de maître. À côté de lui, position co-pilote, mon père agrémente la navigation par différents commentaires éducatifs sur les lieux. À l’arrière, Evelyne jase avec Jules pis Carole. Jules parle pas ben ben fort. La recrue comprend rien. Y faut dire que lui, c’est un cousin à mon père du bord de sa mère, les Héroux. Si c’était un vrai cousin Desaulniers, même le monde sur les autres bateaux l’entendraient. 😁
En avant sul ponton, je suis aux aguets parce que c’est rare que mes sorties se déroulent sans au moins une badluck monumentale. En plus, notre ponton est super beau, flambant neuf. Y faudrait quand même pas le ramener scratché. J’en profite pour faire connaissance avec Danièle, la promue, que je rencontre pour la première fois. Aujourd’hui, c’est son baptême de Desaulniers. Danièle est super fine, jasante pis pas compliquée. Une parfaite candidate pour nos sorties. Alain, en avant avec nous-autres, s’occupe du volet musical. Une sortie en plein air serait pas réussie sans écouter Le truck d’asphalte pis Le bégayeux pour faire plaisir à mon père. Une fois ces deux grands succès-là expédiés, c’est au rythme d’une playlist de vieilles chansons françaises que notre expédition se poursuit.

Autour de 12h30, les estomacs commencent à crier famine. On accoste sur une petite île, le temps de manger pis de prendre quelques photos.




Notre après-midi se déroule dans la bonne humeur, sous un soleil de plomb. Heureusement, l’arrière du ponton est couvert, ce qui permet d’alterner pour se rafraîchir à l’ombre de temps en temps. Cette année, je prends pas de chance pis je m’enduis de crème solaire FPS 50 à plusieurs reprises. En 2020, mon père pis moi on avait loué un ponton avec mon parrain pis ma marraine. Y faisait quasiment pas soleil ste jour-là pis on en était pourtant sortis brulés, au propre comme au figuré. J’avais tellement les cuisses pis les genoux rouges que le lendemain, j’étais même pu capable de me déplier les jambes complètement, comme si ma peau était devenue trop courte. J’avais l’air assez weird merci quand je marchais, d’autant plus que j’étais sortie pique-niquer avec les héritiers. 😁 Tour à tour, mon frère, mon père pis moi, on alterne aux commandes de l’embarcation. Conduire, un ponton dans une rivière aussi large, c’est vraiment pas compliqué. Y suffit de pas aller trop proche des bords, ce que mon père affectionne particulièrement, pis de jeter un oeil aux autres plaisanciers qu’on croise. Un jeu d’enfant.



Un jeu d’enfant ? C’est vrai. Ça l’est moins par contre quand y faut faire des manipulations spéciales comme arrêter au quai pour aller gazer ou revenir se parker à la marina à côté d’un autre ponton. Y faut quand même pas oublier que faire un cours de conduite de bateau en ligne, ça équivaut à la même affaire que si on nous donnait un permis de conduite automobile en ayant juste suivi la théorie. Heureusement, mon frère est habile par défaut au volant d’à peu près n’importe quoi faque la journée se déroule sans problèmes majeurs.
Yé environ 17h30 quand on rentre finalement à la marina. Y reste encore à sortir notre stock du ponton pis à nettoyer l’intérieur. On est fatigués. Moi qui me suis levée de ben bonne heure pis qui ai roulé quasiment 200 km pour me rendre à destination, j’ai ma journée dans le corps. Je me sens tout à coup abattue, abasourdie, pour reprendre les mots de mon père. Y faut encore que je retourne au centre de location porter la clé du ponton pis que j’aille reconduire mon père au Château. Je m’invite à souper chez mon frère, question de reprendre un peu d’énergie avant de refaire la route vers Montréal. Après un bon club sandwich de chez Ti-Coq pis un stop au Tim pour ramasser un café, je reviens chez nous, treize heures pis quasiment 400 km plus tard. Je suis au bout de ma vie mais la journée a été belle pis tout le monde a semblé apprécier. Bon, quessé que je loue l’an prochain ?

tu est très belle au volent du ponton .
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