Bon, ça, c’était pas prévu pantoute. En fait, j’avais planifié un petit deux jours à Québec, du 8 au 10 août, pis à la dernière minute je me suis dit « aie pourquoi je continuerais pas jusque dans Charlevoix ??? » Poser la question, c’était y répondre. Une heure après mon illumination, j’avais booké deux hébergements supplémentaires pis repéré quelques attractions à visiter. Après tout, j’ai rien que ça à faire pis yé vraiment temps que je remédie à mon handicap touristique. En plus, y faut absolument que je me fasse une réserve de belles images pis de beaux souvenirs si je veux passer au travers de l’année scolaire qui s’en vient. Oui, je le sais, nous autres les profs on est ben chanceux d’avoir autant de vacances mais fiez-vous sur moi, le reste de l’année, on en travaille une shot. Pis justement, toutes ces belles vacances-là, aussi ben en profiter ! Faque comme mes nuits à Québec étaient déjà réservées pis que je dois absolument être de retour le 10, ben c’est à matin que je pars, direction Charlevoix.
Forte de mon expérience gaspésienne, je me mets en route à 6h37 précises, question de rouler plus tranquille pis de profiter de la journée. En plus, pour l’instant, y’annonce pas trop beau demain faque c’est aussi ben d’arriver à destination de bonne heure. Bon, j’ai pas eu le temps de planifier ste périple-là aussi soigneusement que celui en Gaspésie mais j’ai quand même repéré une couple d’affaires à voir beau temps mauvais temps. L’affaire, c’est que finalement, y’a pas grand chose qui m’intéresse dans Charlevoix. Les principales attractions semblent être, pour la plupart, des petites boutiques ou ateliers (poterie, vitraux, chocolaterie, boulangerie artisanale, biscuitier, miellerie). Moi, ce que j’aime, c’est l’eau, le plein air pis les belles routes faque je veux surtout aller voir de quoi la région a l’air pis faire la route du fleuve (362), qui selon certaines sources, serait la plus belle en Amérique du nord. Pour mes hébergements, j’ai pas eu l’embarras du choix non plus faque j’espère que ça va être correct. Remarquez, mes chambres pourraient difficilement être pires que celle de Rivière-du-loup. Fiez-vous sur moi, je choisirai pu jamais une chambre juste pour son emplacement. Voyager misérablement, c’est pas pour moi. Quoique… Je dis ça mais je suis vraiment pas compliquée quand je vais quelque part. Je voyage avec peu de bagages pis je m’adapte facilement aux situations. Une vraie vagabonde. 😀

Mon trajet de Montréal à Québec se fait rapidement pis sans encombres. Je me permets un tout petit arrêt dans un Tim Hortons de Trois-Rivières pour évacuer le café acheté dans celui de Montréal pis un autre stop au Tim de Boischatel. Eille, avec tout l’argent que je donne à ste bannière-là en un an, je me dis que je dois ben avoir le droit d’arrêter faire pipi là-bas gratis jusqu’à la fin de mes jours. 😁 Yé pas tard quand j’atteins Sainte-Anne-de-Beaupré. Jusque-là, je suis en terrain connu. J’arrive à Baie Saint-Paul vers 10h45 pis je bifurque sur la route 362, objet de mon expédition.




En tant que nouvellement détentrice d’un permis de bateau, y’a une chose qui m’intéresse vraiment dans Charlevoix pis c’est le Musée maritime à Saint-Joseph-de-la-Rive. Je profite du beau temps pour arrêter là drette aujourd’hui. Ste musée-là, quand on est ben motivé, on peut y passer une demi-journée facilement. Y’a des bateaux à visiter, des salles d’exposition, des boutiques, un sentier pédestre de 8 km, un labyrinthe, une piste d’hébertisme pis j’en passe. Moi, ce qui m’intéresse, c’est plus la partie musée que la partie divertissement. En temps normal, j’aurais probablement fait la randonnée pédestre mais là, y fait franchement chaud pis y’a pas ben ben de vent. Le musée raconte en grande partie la vie d’une famille de marins, les Desgagnés, qui de père/mère en fils/filles, se sont consacrés corps et âme à la navigation. La visite est passionnante. Ne manque que Forest Gump. 😁









L’après-midi est déjà ben avancé quand je resors du musée. Juste en face, y’a la Papeterie Saint-Gilles qui consiste en un économusée pis une petite boutique. Bon, ça l’air ben cute de même mais dans la boutique, y’a trois-quatre crayons, quelques feuilles de papiers faites à la main pis deux-trois autres gogosses. Pour la partie musée, y faut attendre les heures de visites guidées. Y m’en faut pas plus pour prendre la poudre d’escampette. Aie, c’est sûrement pas un petit musée de cinq mètres carrés qui va impressionner une fille de Shawinigan. Eille, nous-autres les Shawiniganais, on est nés dans les pâtes et papier ! On respirait les pâtes et papier à plein nez ! On mangeait du papier pour souper ! Pis des pâtes aussi des fois… 😁
Faque me vla de retour au volant du KONA, toujours sur la route 362, direction La Malbaie. Bon, on va régler quelque chose tu suite. Oui la route est belle, très belle même, mais un instant, y faut pas charrier. Celui qui a osé dire que c’était la plus belle route d’Amérique du nord était sûrement jamais allé en Gaspésie. N’empêche, au fil de mon trajet, je découvre des points de vue magnifiques, des paysages grandioses, presque vertigineux. Maudit que c’est grand le Québec ! En tout cas, Charlevoix, c’est crissement pas la place pour manquer de breaks sur ton char parce ça monte pis ça descend sur un méchant temps ste route-là ! Mon conseil, aventurez-vous pas là avec un vieux char qui étouffe au moindre effort. Votre périple va se transformer en un véritable calvaire !



Avec tout ça, j’aboutis finalement à La Malbaie, lieu de mon premier hébergement. Mes affaires vont ben mais au moment de localiser mon gîte, la situation se dégrade. Mon GPS me dit que je suis rendue pis que le gîte est sur ma droite mais je vois rien. Je me revire de bord, je reviens sur mes pas pis le GPS me dit que ma destination est à gauche (logique) mais je vois pas le criss de gîte. Pour compliquer les choses, mon hébergement est sur la route 138, dans une zone à 90 km/h pis y’a pas mal de circulation. Je revire de bord, le GPS m’annonce le gîte à droite mais toujours rien. Bon, c’est normal vous me direz, ça fait trois fois que je passe à la même place. Je finis par m’arrêter devant une maison au hasard pour googler une photo du bâtiment, question d’optimiser mes chances de le repérer. Je me lève les yeux ! Croyez-le ou non, je suis parkée pile devant le criss de gîte ! Y faut croire que mon téléphone a mélangé son babord pis son tribord parce qu’y voyait pas la maison du bon côté de la route. Je rentre finalement dans le gîte. J’ai la peur de ma vie.

Bon, y faut dire que je me méfiais déjà avant de partir pis que le mot gîte me faisait un peu peur d’avance. Faque je rentre dans le gîte pis la première chose que je vois sur ma droite, c’est une minuscule chambre avec un lit simple pis une cage avec une perruche dedans. Devant moi, y’a un monsieur (le propriétaire) assis à la table d’une cuisine très très rudimentaire. Sur le site, c’était mentionné que les clients avaient accès à un salon pis une cuisine commune. Ça tombe ben, j’ai pas prévu me servir de ni l’un ni l’autre. Par contre, j’ai pas ben le goût de dormir avec une perruche. Le monsieur (ben gentil par ailleurs) me demande mon nom pis ce que je veux comme chambre. J’y réponds que c’est censé être déjà décidé, que j’ai réservé pis que je voudrais une chambre avec au moins un lit double, idéalement sans volatile. Y me répond que toutes les chambres ont des lits doubles pis que celle que j’ai vue en rentrant est pas pour les clients : « Venez en haut avec moi ma petite madame, vous allez choisir la chambre que vous voulez. » Vla la chambre en question : super grande, ultra propre, vue sul fleuve. Ah pis en passant, y’a une autre cuisine pour les clients, petite mais au goût du jour. Maudit que j’ai eu peur.


Avec tout ça, je suis brûlée, j’ai même pas dîné pis yé 18h. L’endroit le plus proche pour manger, c’est un Mc Do, à 7 km. Je m’achète une petite poutine extra sauce que je dévore devant le fleuve. Ça va être toute pour aujourd’hui.

