23 mars : comme j’ai jamais eu de nouvelles du directeur de l’ancienne école de Renaud, quinze jours après l’envoi de mon courriel, je me pointe à l’aide juridique avec l’héritier pour rencontrer un avocat. Renaud est étudiant pis la facture de l’agence de recouvrement est à son nom. Y’a le droit à un avocat gratis. Je pense. Initialement, j’avais pris rendez-vous à 15h30 mais avec ma chance légendaire, yé devancé à 11h. Apparemment, la secrétaire avait mal checké l’agenda. On est tu vraiment surpris ? Toujours est-il qu’un rendez-vous en plein milieu de la journée, ça me force à manquer la job. Heureuse dans ma malchance, j’enseigne pas en après-midi faque ça va me coûter « juste » une heure de maladie. De toute façon, ça coûtera ce que ça coûtera. Yé pas question que je donne 170$ à ste gang d’innocents-là même si je dois débourser plus cher en maladie pis en procédures. 🤑
Pour l’admissibilité à l’aide juridique, y’a fallu ramasser une couple de papiers : rapport d’impôt 2022 de Renaud, son dernier relevé de paie, ses relevés bancaires des trois derniers mois, une photocopie de sa carte d’assurance maladie pis la lettre de l’agence de recouvrement. Nous vla donc en face de l’avocat qui commence par checker les états financiers de l’accusé. Première conclusion : yé trop riche. Ben oui vous autres, Renaud est étudiant à temps plein pis y travaille une journée par semaine au salaire minimum. « Malheureusement » pour lui, y’a un peu d’argent dans son compte d’épargne. Ça, ça veut dire que je vais qu’y va devoir débourser une partie des frais de l’avocat. Dla marde. On se bat pour un principe, pas pour 170$. Deuxième conclusion de l’avocat : après examen du reste des papiers, la cause de Renaud est même pas éligible à l’aide juridique. L’avocat nous dit qu’y peut quand même nous donner un peu d’information pour nous enligner pour la suite. On l’écoute. 👩👦
En gros, l’école a vendu la dette à une agence de recouvrement. Ça, c’est genre que l’agence a payé la dette, exemple 100$, faque l’école est sûre de pas avoir tout perdu. Après ça, ben l’agence nous gosse pour qu’on rembourse. Au bout du compte, comme y’ont déboursé pour acheter la dette, si je paie, y feront quand même pas un profit extraordinaire. Par contre, comme c’est leur job à temps plein de faire 💩 du monde, j’imagine que d’une crosse à l’autre, y finissent par faire de l’argent. Toujours est-il que dans l’histoire qui nous concerne, on a deux options. La première, c’est de pas répondre pis de pas payer. D’après l’avocat, on en entendra probablement pu parler mais ça pourrait nuire au crédit de Renaud. La deuxième option, c’est d’envoyer un chèque sous protêt. Ça, ça consiste en un chèque normal pis dans le bas, t’écris « sous protêt, croyant ne rien devoir », traduction de « je vous paie mais je sais que je vous dois rien ». Avec ça, tu joins une mise en demeure dans laquelle tu donnes dix jours à l’agence pour te rembourser ou te confirmer par écrit qu’y changeront pas ton chèque. Si ça ça marche pas, on peut continuer aux petites créances. Renaud pis moi on choisit l’option 2. On remercie l’avocat pis on rentre chez nous pour préparer la mise en demeure. Samedi matin, je la poste en courrier recommandé. 😈
Pis là, j’attends.
Lundi, mardi, mercredi… Je me dis que ça va prendre une couple de jours avant de recevoir des nouvelles quelconques ou de voir le chèque passer dans mon compte mais contre toute attente, en rentrant de la job aujourd’hui, Renaud me dit que l’agence a appelé pour dire qu’y vont déchirer le chèque. Apparemment, l’école a fait l’inventaire de son stock pis a miraculeusement retrouvé la caméra. Je regarde sur le site de POSTE CANADA. L’agence a reçu ma lettre à 8h19. À 14h, la caméra était retrouvée. Ça se passe de commentaires je cré ben.
Heu, ça se passe-tu vraiment de commentaires ? Pas sûre. Dans la joie pis la rancune, je décide d’envoyer une petite missive au responsable de l’informatique pis au directeur de l’ancienne école de l’héritier. Ainsi s’achève donc la saga des incompétents.
Bonjour,
Le 27 janvier dernier, on m’a réclamé un montant de 170$ pour une webcam empruntée par mon fils Renaud Pindeler et supposément non rapportée. Aujourd’hui, l’agence de recouvrement saisie de l’affaire nous a avisés que vous aviez miraculeusement retrouvé l’objet en question après avoir effectué l’inventaire, le jour même où ma mise en demeure a été reçue. Suite à cette mésaventure, laissez-moi vous proposer une procédure qui serait plus efficace et respectueuse que celle que vous avez mis en pratique dans le cas présent.
1- Avant d’accuser un élève de ne pas avoir rapporté un objet, assurez-vous que votre inventaire soit à jour. Ceci évitera de faire perdre du temps et de l’argent (oui oui), à une personne qui n’a absolument rien à se reprocher.
2- Faites preuve d’un minimum de civisme et de politesse en contactant l’élève pour vérifier s’il n’aurait pas oublié de vous rendre l’objet. Cette étape serait d’autant plus pertinente si vous prenez la peine de vérifier le dossier de l’élève et que vous remarquez qu’il n’a jamais été un élève à problème, qu’il a toujours été assidu et qu’il a réussi tous ses cours du premier coup. Si au passage, vous remarquez que son frère a également étudié chez vous, qu’il a suivi exactement le même parcours et que tous les deux vous ont rendu TOUS les objets qui leur ont été prêtés, ceci pourrait vous indiquer que vous avez probablement affaire à une famille qui a un minimum de bon sens. Ça serait donc une raison de plus pour tenter de vérifier la situation avec l’élève.
3- Si malgré tout, vous décidez, comme dans le cas présent, de sauter cette étape qui serait d’une politesse élémentaire et que vous passez directement à l’envoi d’une facture et que la mère vous répond par courriel qu’elle est certaine que l’objet manquant a été rendu, il serait bien venu de lui répondre pour tenter d’éclaircir la situation avec elle.
4- Si encore ici, la politesse et le bon sens vous font défaut et que vous décidez de passer directement par une agence de recouvrement et que suite à cette démarche, la mère contacte la direction pour tenter une fois de plus de démêler la situation, un minimum de savoir-vivre serait encore une fois de répondre au courriel reçu plutôt que de l’ignorer. À ce moment, vous constateriez probablement que l’élève et sa mère sont de bonne foi et qu’il n’est pas impossible qu’une erreur ait été commise de votre côté.
Deux mois après le début de cette saga totalement injustifiée, il semble donc que je sois libérée de cette dette de 170$. J’aimerais tout de même porter à votre attention que votre incompétence et votre manque de professionnalisme m’ont tout de même coûté 100$ en procédures et absence du travail pour consulter un avocat, sans compter que le dossier de crédit de mon fils a peut-être été entaché. Laissez-moi vous dire que votre école, que je ne tenais déjà pas en très haute estime a maintenant perdu tout crédit à mes yeux.
Merci
