Publié dans Badlucks

Les incompétents (update)

Le 29 mars, après avoir reçu l’appel de l’agence de recouvrement qui annonçait à Renaud que sa dette (fictive) était effacée, j’ai pensé sul coup que ste bonne nouvelle-là suffisait à mon bonheur. J’avais gagné mon point contre l’école maudite pis par la même occasion, j’avais lavé l’honneur de mon héritier tout en préservant son crédit. Ma mission était remplie même si finalement, j’avais quand même perdu de l’argent dans l’affaire. Le lendemain par contre, après avoir dormi là-dessus, je me suis dit que ça serait ben trop facile pour les coupables que je m’arrête là. Galvanisée par le succès retentissant de ma mise en demeure, j’ai décidé d’en envoyer une autre, cette fois-ci au directeur adjoint de l’école de Renaud. Forte de ma première expérience, j’ai utilisé le même modèle de lettre pour rédiger ma nouvelle offensive. Après tout, pourquoi changer une formule gagnante ? Ça allait comme suit…

Montréal, 31 mars 2023

SOUS TOUTES RÉSERVES

M. X, directeur adjoint

École des métiers de l’informatique, du commerce et de l’administration

6255, 13e avenue, Montréal, H1X 2Y6

Objet : Mise en demeure

Monsieur X,

La présente est pour vous informer que je vous réclame la somme de 125.00$ pour les raisons suivantes :

Vous avez injustement réclamé un montant de 170.00$ à mon fils Renaud Pindeler pour une webcam qu’il avait bel et bien rapportée en temps et en heure.

Vous n’avez pas répondu à mes courriels, envoyés le 27 janvier à Mme. XY et le 8 mars 2023 à vous-même, pour tenter de comprendre et résoudre la situation.

L’agence de recouvrement m’a confirmé que la caméra avait été retrouvée après une vérification de l’inventaire par votre personnel, ce qui atteste d’une erreur de la part de votre école.

Pour défendre mon fils injustement accusé dans cette affaire, j’ai dû m’absenter une heure du travail pour aller rencontrer un avocat avec lui et j’ai également dû débourser des frais de stationnement chez l’avocat ainsi que les frais de deux courriers recommandés.

Tous les frais encourus ainsi que la perte de temps associée à votre réclamation de 170.00$ sont les résultats d’une erreur de la part de votre école et n’auraient jamais eu lieu si votre personnel s’était acquitté de son travail correctement.

Je vous mets donc en demeure de me payer la somme de 125.00$ dans un délai de 10 jours. Dans le cas contraire, des procédures judiciaires pourront être intentées contre vous sans autre avis ni délai.

Veuillez agir en conséquence.

Sarah Desaulniers

xxxx rue xxxxxxx est, app. xxx

Montréal, H1M 3E3

xxx-xxx-xxxx

Envoyé par courrier recommandé

Le vendredi en sortant de la job, j’ai envoyé ça par courrier recommandé, en me disant qu’il y avait trois issues possibles :

1- Le directeur admettait que j’étais dans mon droit pis me payait ce que je demandais. 👍

2- Le directeur se disait «Ste bonne femme-là est crack pot, on va payer pour avoir la paix». 👍

3- Le directeur déchirait ma missive pis la sacrait à la poubelle. 🖕

Deux chances sur trois donc, de recevoir une réponse positive. 🤞

Faque une fois encore, j’ai commencé à attendre tout en me demandant si vraiment, j’irais plus loin si ma mise en demeure aboutissait pas parce qu’après ça, ma dernière option, c’était la cour des petites créances. Sachant qu’il y a des frais d’ouverture de dossier pis que je devrais manquer le travail pour aller m’astiner avec le directeur, ça valait tu vraiment la peine ? J’en suis venue à me convaincre que oui. Si j’allais aux petites créances, c’était sûr à 100% que je gagnerais, étant donné que l’école avait en quelque sorte admis son erreur. J’en profiterais donc pour réclamer les frais de traitement de dossier pis de travail manqué par la même occasion. Eille, quand je dis que j’hais ça me faire niaiser, c’est pas des paroles en l’air. ☠️

Ma lettre a été réceptionnée lundi le 3 avril. Avec le weekend de quatre jours, je me suis dit que je pouvais espérer une réponse jusqu’au 20-21. N’empêche, plus le temps passait, plus mon optimisme diminuait. C’est sûr que le fait d’avoir envoyé un courriel d’insultes déguisées au directeur-adjoint jouait pas en ma faveur. Tant pis, ça avait au moins permis de me défouler à un moment où je pensais la saga clôturée. Se défouler, ça aussi ça fait du bien. Pis dans mon cas, c’était quand même pacifique. Pacifique pis thérapeutique. 😇

Toujours est-il qu’aujourd’hui, sorti de nulle part, je reçois un courriel d’un nouvel acteur dans l’histoire, le GRAND directeur de l’EMICA lui-même. Bon, y faut dire qu’au bout du compte. toute ste bataille-là que je mène depuis janvier, je la mène contre une autre école du CSSDM, donc indirectement contre mon employeur faque je suis très facile à trouver pis à contacter. Le courriel va comme suit :

Bonjour Mme Desaulniers,

À la suite de la mise en demeure envoyée le 31 mars dernier à M. X, directeur adjoint en soutien informatique, je vous informe que nous allons procéder sous peu au paiement. Vous recevrez, par la poste, d’ici une dizaine de jour, un chèque au montant de 125$.

Je suis désolé de la confusion concernant la remise de la caméra de votre fils.

Recevez, Mme Desaulniers, mes salutations respectueuses.

En lisant ça, mon coeur fait 33 tours. Eille, mon nom de famille est écrit comme il faut. C’est quelque chose qui arrive jamais. Jamais JAMAIS. Farce à part, non seulement, je vais finalement récupérer mon argent mais SURTOUT, quelqu’un a ENFIN prononcé l’ombre d’une excuse pour tout le désagrément causé par tous ces incompétents de première.

Morale de cette histoire : avant de t’attaquer à un de mes héritiers, prépare-toi comme du monde parce que t’as pas idée de ce que tu risques de déclencher.

C’est ma soeur qui serait fière de moi.

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