J’avais dit que je mettrais pas Charlot au régime mais j’ai changé d’idée. Tout a commencé vla deux semaines. Le mardi, Charlot se met à éternuer. Pas mal. Sul coup, j’en fais pas trop de cas. Je me dit qu’il a dû pogner un rhume pareil comme y’avait quand je l’avais ramené de la SPCA. À l’époque, on m’avait dit que ça s’en irait tu seul pis c’est en plein ça qui s’était passé faque ste fois-ci, je m’inquiète pas outre mesure. Le mercredi pis le jeudi, Charlot continue à éternuer. On dirait même que ça empire. Là, je commence à moins aimer ça parce que le samedi d’avant, je suis allée faire du bénévolat dans un refuge rempli de chats avec des infections de toutes sortes. Évidemment, en rentrant chez nous, je m’étais changée au complet pis lavé les mains jusqu’aux coudes mais là, plus je regarde mon chat, plus je crains de l’avoir contaminé. Le vendredi quand je rentre de l’école, Charlot vient pas m’accueillir à la porte. Y reste couché dans son coin, faisant aucun cas de ma présence. Ça, c’est pas normal. Pas normal pantoute…
Non seulement c’est pas normal mais c’est quasiment alarmant parce que Charlot, quand je rentre chez nous, y’arrive toujours en courant pis en miaulant, mourrant de faim comme si je l’avais pas nourri depuis deux semaines. Étant quand même pas du genre à céder à la panique facilement, je décide de rien faire pour tu suite pis de le garder à l’oeil. Y finit par manger un peu mais y dort plus que d’autre chose. Le lendemain, c’est prévu que je parte pour la journée. Y’a pas l’air ben vigoureux mais y’a pas l’air à l’article de la mort non plus. Je suis un peu inquiète mais je le laisse quand même tu seul en demandant aux héritiers de le checker de temps en temps. Quand je reviens à 21h., y’a strictement rien mangé de ce que Renaud y’a donné au souper. Là, je me dit que si ça continue de même, je vais l’emmener chez le vétériraire lundi matin. Le dimanche, quand je me lève, Charlot a encore plus mauvaise mine. Y’a toujours pas mangé, pas bu pis y reste couché en permanence dans son condo. En plus, y fait vraiment chaud. J’ai un peu peur qu’y se déshydrate. Plus je le regarde, plus y me fait penser à ma pauvre Juliet vla deux ans. À 18h., je suis pu rassurée pantoute. Je décide d’appeler ma ligne d’urgence de prédilection, le 1-800- SYLVIE. ☎️

Sylvie, c’est MA référence en matière de chats. Elle en a plusieurs à elle en plus d’être famille d’accueil pour un refuge. Elle connaît plein d’affaires sur les chats pis elle a toujours des bons conseils. Chaque fois que j’ai un problème ou une question à propos de Charlot (ou de Juliet avant), c’est par elle que je passe en premier. Je dis à Sylvie que je prévois aller chez le vet demain matin. Elle me répond que je devrais peut-être aller dans un clinique d’urgence drette là, que ça va probablement me coûter le double du prix mais que si j’attends trop, Charlot risque de se retrouver hospitalisé pis que ça va me coûter encore plus cher. Dix minutes plus tard, je suis dans le KONA avec le malade, direction la clinique d’urgence de Laval. 🚗 Dans l’auto, Charlot miaule pratiquement sans arrêt. Yé en beau maudit de faire un tour de char. Eille me semble que moi, si j’étais pas sortie de la maison depuis deux ans, je serais super contente d’avoir une opportunité pareille même si c’était pour aller me faire faire un traitement de canal ou un PAP test. Charlot pense pas comme moi. Pour se venger, y fait pipi dans le transporteur. Ça sent fort dans le KONA. J’ose pas ouvrir les fenêtres pour pas le stresser davantage avec le bruit pis j’ose pas mettre trop de clim non plus pour pas le rendre encore plus malade. Le trajet me semble long pis stressant. Charlot miaule pis halète. J’ai hâte d’arriver.
À cause de poids de Charlot, j’ose pas trimballer son transporteur par la poignée faque je le déplace pareil comme une boîte. J’ai pu de force quand je rentre finalement dans la clinique. Exténuée, j’abandonne ma cage sul sol à côté de la porte. À l’accueil, j’explique la raison de ma visite à la fille en arrière du comptoir qui m’informe que la consultation va coûter 275$. Elle me pose une couple de questions, ouvre le transporteur de Charlot, le regarde rapidement, pogne son micro pis crie « CODE JAUNE CODE JAUNE » !!! En moins de cinq secondes, une autre fille sort d’en arrière, attrape la cage pis part en courant sans rien me dire. Moi, je reste plantée là, tu seule comme un coton, de plus en plus stressée pis un peu triste. Je peux pas m’empêcher de penser à ma dernière visite chez le vétérinaire, le jour où je suis revenue chez nous orpheline de chat. Je me résigne, un peu perplexe, à m’assoeir dans la salle d’attente quand on m’appelle au comptoir. La fille me demande si je veux autoriser des frais pour des soins de stabilisation. Ça peut monter jusqu’à 1500$ (en plus du 275$), pour donner des soins comme des injections de fluide, d’anti-douleur ou d’antibiotique. J’accepte. Je suis pas venue jusqu’icitt avec un chat qui sentait la pisse dans mon char pour reculer devant les frais. Je retourne m’asseoir pis j’attends. Une demi-heure, une heure, deux heures, trois heures…
À la clinique d’urgence, c’est un véritable feu roulant. Toutes les deux minutes, quelqu’un débarque en courant pis en braillant avec un animal ensanglanté ou qui respire quasiment pu. L’atmosphère est pas des plus joyeuses. Y’a mieux comme dimanche soir, laissez-moi vous le dire. Après quatre interminables heures, je rencontre enfin la vétérinaire. Elle m’explique que Charlot a de la fièvre pis des sécrétions dans le nez mais yé pas trop déshydraté pis yé pas en détresse respiratoire non plus. Elle lui a quand même injecté un fluide pour le revigorer un peu. La vétérinaire me dit que Charlot a peut-être juste un rhume ou un virus. Ça se peut aussi qu’il ait quelque chose de plus grave mais y faudrait faire des prises de sang (500$) pis elle pense que c’est peut-être prématuré. Elle me dit que je peux le ramener chez nous mais qu’y faut absolument que je trouve le moyen de le faire boire pis manger un peu (facile à dire). Si jamais ça marche pas pis que son état empire, y faut que je le ramène consulter. Je sors de la clinique à 23h30 avec mon GROS Charlot, de la bouffe molle pour l’encourager à se nourrir pis quatre sortes de médicaments : un antinauséeux, un anti-douleur, un antiviral pis un stimulant d’appétit, tout ça pour la modique somme de 650$. La facture est probablement plus facile à avaler pour moi que les comprimés vont l’être pour Charlot. Pour tu suite, comme yé pas en danger de mort pis qu’il a déjà reçu un fluide, je me dis que ça va attendre à demain. En arrivant chez nous à minuit, Renaud m’aide à monter le malade au troisième étage. J’ai même pas soupé pis je suis complètement brûlée. Heureusement, demain, je travaille juste en après-midi.
Le lundi matin, Charlot a UN PEU meilleure mine. Y va par lui-même à son bol pour manger quelques croquettes. Par contre, y veut rien savoir de la bouffe molle achetée chez le vet. Ça, ça m’arrange pas parce que je comptais là-dessus pour y cacher ses pilules dedans. Un peu désemparée, j’appelle 1-800-SYLVIE pour des conseils. ☎️ « J’m’en viens, bouge pas » qu’elle me dit. Dans le temps de le dire, Sylvie débarque chez nous avec d’autre bouffe, des gâteries pis un lance-pilule. Évidemment, comme elle est super expérimentée avec les chats, elle a pas besoin de tout ça pour soigner mon félin rebelle. Avant qu’il ait le temps de se rendre compte de quoi que ce soit, elle lui pitche ses quatre comprimés dans le fond de la gorge. La visite de Sylvie me rassure. Je me sens d’attaque pour m’occuper des prochaines prises moi-même. Je me sens aussi plus tranquille de laisser mon GROS bébé tu seul tout l’après-midi pour aller travailler. Quand je reviens à 17h., Charlot a pas sa forme habituelle mais y’a déjà l’air un peu mieux. Ben mieux que la veille même. Y mange (un peu) pis y se promène. Je suis soulagée. Grâce aux bons conseils pis au support moral de Sylvie, j’arrive facilement à donner la médication à mon malade. Rendu au mercredi, Charlot va significativement mieux. Au bout d’une semaine, yé pratiquement guéri.


Bon, c’est quoi le rapport de toute st’histoire-là avec le régime de Charlot ? Y’en a deux. Le premier, les frais du vétérinaire m’ont rappelé que tôt ou tard, un chat aussi GROS que lui va connaître d’autres problèmes de santé. Non seulement ça risque de me coûter cher mais surtout, je voudrais pas perdre mon Charlot prématurément. Bon, y’a un peu scrappé mes planchers pis vaguement déchiré les housses de couettes de mes héritiers mais ste chat-là, yé super fin, affectueux, calme pis drôle. J’aurais ben de la peine de le perdre avant le temps. La deuxième raison, c’est qu’évidemment, Charlot a été pesé à la clinique pis tenez-vous ben, y pèse 22 livres ! 22 livres bout de criss ! Bon c’est sûr qu’il a été pesé sur une balance différente que celle de la SPCA mais quand même, y pesait 18.5 livres quand je l’ai adopté. Eille, y’a quasiment pris 4 livres depuis qu’y vit chez nous. Ça a pas de maudit bon sens ! Ça doit ben équivaloir à 50 livres pour un humain ! Méchante douche froide ! Le pire, c’est que j’ai fait attention. À cause de ses antécédents médicaux, j’y paie de la bouffe spéciale super chère pis j’y donne la formule modérée en calories. Je le nourris une seule fois par jour, juste assez pour avoir la paix, pis j’y donne AUCUNES gâteries. Franchement, je voyais ben qu’il était dodu mais jamais j’aurais cru que j’y avais fait prendre du poids ! Bon, y faut dire, pour ma défense que j’ai jamais trop su quelle quantité de bouffe y donner. Pis oui, je le sais, y’a des recommandations indiquées au verso du sac mais l’affaire, c’est que ça fonctionne avec le poids de l’animal pis comme des chats de 20 livres, c’est pas censé exister, ben y’a rien de mentionné pour eux-autres. 😿
Faque c’est ça, après toutes ces réflexions-là pis les remaques de Sylvie, j’ai décidé qu’il était grand temps de limiter les dégats pis de restreindre un peu mon Charlot. Un quart de tasse de bouffe en moins par jour, ça peut juste être bénéfique. Oui, y va miauler, oui, y va être gossant mais je vais au moins essayer. D’ailleurs, le régime a pris effet depuis plus d’une semaine pis à date, c’est moins pire que je pensais. Bon, c’est peut-être parce qu’y relève de maladie mais franchement, mon GROS, y fait ça comme un champion. Eille, qui eut cru qu’après des années de calvaire avec Juliet, j’aurais le courage de me relancer dans le projet encore une fois ? Ça doit être le même principe que les accouchements je cré ben. On oublie pis on recommence. Je suis la Chantal Lacroix des chats. 🤣 🤣 🤣
