Publié dans Aventures

On the road again !

J’ai tellement tripé sur la Gaspésie l’été passé qu’à peine revenue chez nous, je pensais déjà à y retourner. Pour vrai, ste région-là a été une véritable révélation pour moi. Tout, absolument tout là-bas m’a plu : la beauté des paysages, l’IMMENSITÉ de l’eau, la gentillesse des Gaspésiens, le quiétude des lieux, la liberté associée aux vacances en solo… Dur dur par la suite de revenir dans le bordel de la grosse ville, au milieu de la saleté, du bruit, des cônes oranges pis des fous qui se tirent dessus, tellement, que retourner en Gaspsésie est devenu une véritable fixation. Non, pas une fixation, une maladie mentale. 🤪

L’an passé, j’avais préparé mon périple un mois d’avance. Cette année, j’avais ben trop hâte faque dès la fin décembre, j’ai booké tous mes hébergements, dans l’espoir que l’hiver passe plus vite. Bon, je vous le dis tu suite, ça a pas marché pantoute. Me semble que j’ai jamais trouvé un hiver aussi loooooooooooooooong. Mais quand même, de mois en semaines pis de jours en heures, le printemps s’est pointé pour finalement laisser place à l’été pis aux vacances mais surtout, au départ tant attendu.

Me vla donc à matin fin prête à prendre le large, tu seule avec moi-même, comme l’été passé. Bon, y’a ben deux ou trois personnes qui ont manifesté leur intérêt à m’accompagner mais heureusement (ou malheureusement) pour moi, si j’exclue ma famille immédiate, je me rends compte que c’est vraiment en solo que j’ai le goût de partir. Là vous allez vous dire que je suis vraiment sauvage… Moi, je dirais plutôt solitaire. P’tête un peu égoïste aussi. Me semble qu’après avoir passé l’année à parler devant du monde à la semaine longue, j’ai envie de SILENCE. J’ai envie de partir à l’heure que je veux, d’écouter la musique que je veux dans le KONA, d’arrêter où pis quand je veux (ou pas !) pour manger… J’ai le goût d’être tu seule dans ma chambre d’hôtel, de faire les activités qui me tente pis de regarder des couchers de soleil en SILENCE, tout simplement.

Bon, c’est ben beau tout ça, la route, la musique dans l’char, la mer, le soleil, mais encore faut-il partir. Devant la météo plutôt incertaine à matin, je décale un peu mon départ, initialement prévu à 6h30, au cas où la pluie m’empêche de faire des haltes pis que j’arrive à destination avant l’heure du check in. J’embarque finalement dans le KONA à 7h15 sonnantes avec tout mon stock pis beaucoup d’enthousiame. Eille, des vacances en Gaspésie, ça se gaspille pas. Yé pas question de faire une grâce mat pis de perdre une journée. Mon petit voyage, ça fait un an que je l’attends. Je veux en profiter au max. 366 jours plus tard, me vla donc en train de rouler sur la 40 pour reproduire exactement le même trajet que l’an passé, c’est à dire bifurquer sur la 132 à Trois-Rivières pis continuer sur ste route-là jusqu’à mon premier hébergement. Après tout, pourquoi changer une formule gagnante ? 😀

Contre toute attente, tôt en matinée, le soleil est au rendez-vous. Dans le KONA, je roule au son des Cowboys fringants, trop heureuse de sacrer mon camp de Montréal pour une couple de jours. D’habitude, j’aime ma ville (de moins en moins remarquez) mais là, j’en ai plein mon casque de la chaleur pis du smog. J’ai définitivement besoin d’air. Motivée par les Cowboys pis l’envie des grands espaces, les kilomètres défilent à toute allure. Autour de 9h., je m’octoie une première pause à Deschaillons, en boudure de la 132 pour manger un croissant acheté au TIM de Montréal mais surtout parce que j’ai vraiment très très TRÈS envie de pipi. Ça fait déjà une bonne demi-heure que je me retiens, sachant que je vais bientôt passer cette halte que je connais déjà, mais malheur à moi, en débarquant de mon char, je constate que l’employé de la ville qui fait l’entretien de la toilette une fois par jour (c’est écrit sur la cabane), est justement en train de la nettoyer. Me vla donc sans autre choix que celui d’attendre en me tortillant sur un banc tout en remerciant ma bonne étoile de pas avoir de descente de vessie après trois grossesses. Après dix longues minutes, le monsieur libère enfin la place. J’en passe dix autres à me vider la vessie pis je reprends la route tout de go.

Première halte : Deschaillons

Sur la 132, c’est passablement tranquille pis y fait toujours relativement beau. J’avance vite. Autour de 12h15, je me dis qu’y faudrait ben que j’arrête quelque part manger mais j’ai pas vraiment faim. Je décide de faire un stop dans une halte à Cap St-Ignace, pour grignotter une barre tendre. Avec ça, je vais facilement tenir jusqu’au souper pis je perdrai pas de temps à gosser dans un fast food. La halte de Cap St-Ignace me semble à prime abord sans aucun intérêt si ce n’est l’accès à une toilette pis l’opportunité de me déplier un peu. J’ingurgite ma barre sur un banc, à côté d’une poubelle, un peu perplexe de constater que y’a six chars de parkés mais pas un maudit chat en vue. Au même moment, je remarque un sentier dissimulé entre les buissons, sentier qui mène à un superbe bord de l’eau. Je prends quelques photos tout en profitant du grand air. Me vla réconciliée avec Cap St-Ignace. 😎 Deux heures plus tard, je fais une dernière pause rapide à Notre-Dame-du-Portage. Mon trajet va bon train mais j’ai mal dans le dos pis un genre de raideur dans la jambe gauche. Je m’étire, je me plie, je me déplie pis je repars. Plus que 150 km à faire avant ma destination du jour. 🚗

Deuxième halte : Cap St-Ignace
Cap St-Ignace
Moi pis mes grosses lunettes
Troisième halte : Notre-Dame-du-Portage

La destination en question, c’est Mon joli motel, pareil comme l’été passé. Bon, je vous rassure tu suite, j’ai pas prévu faire toutes les mêmes affaires que vla un an mais ste motel-là, yé ben placé, autant pour son bord de l’eau que pour la distance raisonnable à conduire tu seule en une journée. À 16h15, j’arrive enfin à Ste-Flavie. Y’était temps. Les derniers kilomètres m’ont semblés un peu longs pis je commençais à me sentir moins attentive. Au motel, rien de nouveau sous le soleil parce que oui, y fait encore très beau. Je prends possession de ma chambre, belle, grande, propre pis qui offre une vue imprenable sur les faux moutons épeurants. Kin, j’ai ben fait de revenir. J’avais pas remarqué, l’an passé, qu’il y avait aussi un chien dans le set up. Cette constatation faite, je décide de sortir tout de suite pour aller manger au casse-croûte pis marcher un peu. Ma barre tendre ingurgitée à Cap St-Ignace me semble aussi loin que le cap lui-même. Un cheeseburger pis quatre frites plus tard, me vla repue. J’en profite pour me dégourdir un peu au bord de l’eau. Y fait relativement frais mais y’a beaucoup de monde qui marche pis qui jase. Ça me rappelle que pour la prochaine semaine, j’ai le droit de sourire aux gens pis de les saluer sans risquer de me faire péter la yeule. Ici, tout est tellement différent. Me semble que quand tu vis dans un endroit pareil, tu dois te sentir en vacances à l’année.

Arrivée à Ste-Flavie
Mon joli motel : ma chambre
Berger, mouton, chien
Bord de l’eau
Vue de ma chambre

21h30, après neuf heures de conduite pis 5 km de marche, je suis complètement claquée. Les héritiers viennent de me confirmer que tout va bien à la maison. Y sera pas tard que je vais dormir. Demain, direction Cap-Chat ! 😺

Trajet jour #1

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