J’ai ben dormi dans Mon joli motel, à l’exception que je trouvais mon oreiller un peu GROS. Ça, ça m’arrive souvent quand je dors ailleurs. Des fois, je me dis que je devrais carrément apporter un des miens avec moi mais pour l’instant, je résiste. Y’a rien qui m’énarve plus que les gens capricieux pis pas adaptables qui trainent la moitié de leur maison pour voyager. Moi, je suis une dure à cuire. Je vais continuer à dormir sur des oreillers qui me donnent mal au cou. 🤣Par contre, asteur, je traine mon sleeping quand je pars en expédition parce que des fois, j’ai frette dans mes hébergements. Ça, ben c’est pas un caprice. C’est une vérité. En me réveillant à matin, je constate aussi que je suis un peu rackée de ma route de la veille pis que j’ai mal à un talon. J’espère que j’ai pas pogné une épine de Lenoir. Me semble qu’en lisant sur le web, j’en ai à peu près tous les symptômes. Pour tu suite, trois Tylenols pis trois Advils devraient suffire à me remettre sul piton. Eille, j’ai des plans pour ma journée moi là. Yé pas question de jouer les handicapés. 🙃
À matin, je suis quand même pas super pressée. Ma journée commence par un aller retour au Tim Hortons situé à 3 km de mon motel. J’ai faim ! J’attrape un grand café pis un bagel au fromage à la crème que je reviens déguster à ma chambre, en compagnie de mes faux moutons. Aujourd’hui, j’ai deux activités au programme pis la météo semble un peu de mon bord : seulement 40% de probabilité de pluie en après-midi. Je me croise les doigts pour être épargnée parce que je tiens à mes activités pis en plus, je risque d’être pognée dehors en attendant ma nouvelle chambre. Ça, c’est le hic quand tu dors pas toujours à la même place. Entre deux hébergements, t’es un peu itinérante. 😬
Vers 8h45, je quitte Mon joli motel pour me rendre aux Jardins de Métis, à seulement 10 km de Ste-Flavie. L’été dernier, j’étais passée devant mais y’était 6h30 du matin pis fallait que je roule jusqu’à Percé. Cette année, je suis moins en rush. J’ai beaucoup entendu parler de ces jardins-là pis je veux les voir. D’ailleurs, rendue sur place, je mets pas longtemps pour me féliciter de mon choix. Les jardins sont extraordinaires pis représentent tout ce que j’aime : des arbres, des fleurs, un ruisseau, des sentiers, du grand air, un bord de mer, des chants d’oiseaux pis de la marche à profusion. Ah pis, y’a de l’histoire aussi parce que les Jardins de Métis, ça a pas été créé par n’importe qui ! En visitant le musée, je découvre que ce magnifique endroit est l’oeuvre de Elsie Reford, une dame issue de la bourgeoisie anglophone pis passionnée de jardinage. Elle a mis, figurez-vous donc, 32 ans (de 1926 à 1958) à imaginer pis paufiner l’endroit. Elle a aussi habité, avec son mari, Robert, (Reford et non Redford), l’IMMENSE manoir de 37 pièces qui tient aujourd’hui lieu de musée. La résidence, on ne peut plus somptueuse, témoigne de la richesse pis du bon goût de Madame Elsie. C’est vraiment à regret que je quitte l’endroit en fin de matinée après en avoir fait le tour deux fois plutôt qu’une. Toute bonne chose a une fin semble-t-il pis yé temps que je me rende sur le site de ma deuxième activité, 120 km plus loin. 🚗





120 km à rouler (140 en tout pour aujourd’hui), c’est rien comparativement à hier. En fin de matinée, je suis certainement pas la seule sur la 132 mais on est loin des bouchons de Montréal. Entre GRAND-Métis pis Cap-Chat par contre, c’est très très brumeux. Franchement, si je sais que je longe la mer, c’est uniquement parce que je suis déjà passée par là. Pour la vue, on repassera. La mer, je la vois pas pantoute. PANTOUTE. En entrant dans Cap-Chat, j’opère une pause pipi rapide dans une halte pis j’en profite pour pour prendre une photo lointaine de ma deuxième activité : le Projet Éole, situé à 3 km. Le temps est toujours un peu gris mais ô joie, le soleil en profite pour sortir pile comme j’entre sul site. Mon ex, (français de sa condition), vous dirait que j’ai le cul bordé de nouilles. En d’autres termes, ça veut dire que je suis chanceuse. C’est quoi le rapport avec le cul pis les nouilles ? Aucune maudite idée. 🤷♀️ C’est connu, les français raffolent des expressions qui évoquent le cul pis les couilles. Les nouilles aussi je cré ben. Pour en avoir marié un, je peux vous certifier que j’invente rien pantoute.

Le Projet Éole, c’est un autre endroit que je tenais vraiment à visiter. Ste site-là, c’est un parc de 76 éoliennes mais ce qui le rend unique, c’est qu’on peut y voir LA plus haute éolienne à axe vertical au monde ! Oui mes amis ! Pis je vous jure que c’est impressionnant pas à peu près. D’ailleurs, mes pauvres photos sont loin de rendre justice à l’IMMENSITÉ de la chose. Le pire dans tout ça, c’est que cette extraordinaire éolienne-là a été en fonction uniquement pendant six ans, soit de 1987 à 1993. Tout ça, pour la modique somme de 35.2 millions de dollars. Gaspillage vous pensez ? Ben non. En visitant le site, je découvre qu’une éolienne, ça dure pas longtemps. En plus, celle-là, c’était un projet de recherche pis à ce titre, y semble que l’investissement en valait la peine. Pour votre information d’ailleurs, tous les parcs éoliens ont une durée de vie. Après un certain temps, les éoliennes deviennent désuètes (et non des juvettes hein François ? 😂 ) pis le parc est démantelé, tout simplement. Celui que je visite devrait cesser ses opérations en 2033. Y vous reste dix ans pour le visiter.




Yé 14h30 quand je quitte le parc pis mon deuxième hébergement est à seulement 10 km. Comme yé un peu tôt pour le chek in, je décide de faire un stop dans une halte qui offre un bel accès à la mer. J’y arrive en même temps que plusieurs véhicules d’urgence se mobilisent, pile devant la halte pour intervenir sur les lieux d’un accident impliquant trois véhicules. Sul bord de l’eau, Marcelin m’explique que lui, y’a toute vu ça s’t’accident-là pis qu’un des chars appartient à la femme du docteur Bouchard. Y me dit que par exemple, c’est pas la faute à Mme. Bouchard. Yé allé la voir pis c’est ça qu’elle a dit. Ah pis y’a pas de blessés non plus. Ben du brouhaha pour pas grand chose. Marcelin est ben content. Moi, je peux pas m’empêcher de penser que blessés ou pas, une semi-démolition de ton char, c’est plate en maudit quand t’es en vacances pis que tout repose là-dessus. Pour Mme. Bouchard par contre, je suis pas trop inquiète. J’imagine que le docteur doit ben avoir un char ou deux de spare.


15h30, je me pointe à mon deuxième hébergement : les Cabines Goémons. C’est drôle parce que mon père m’a nommé cet endroit-là l’autre jour, sans même savoir que j’avais réservé là. Apparemment, yé allé vla une quinzaine d’années pis y’avait trouvé ça ben correct. J’ai pas de misère à le croire. Ma chambre a tout le confort souhaité, incluant une mini-cuisinette. Quant à la vue, je pourrais pas vraiment demander mieux. J’ai quasiment peur que les vagues rentrent dans ma chambre ! Fouillez-moi pourquoi par contre, je dois faire mon lit tu seule avec les draps propres placés dans le tiroir. J’imagine qu’y sont tannés de faire deux lits pis d’être pognés pour changer les deux sans trop savoir si y’ont été utilisés. Je vois pas d’autre raison… Anyway, une fois installée, je google pour voir si y’a pas une épicerie pas loin. Me semble que je mangerais des légumes avec une bonne bière frette, d’autant plus que mon dîner d’aujourd’hui s’est encore résumé à une barre tendre, inquiète que j’étais que la pluie compromette ma journée. Sur Google map, je repère un Métro à 12 km. J’y fais un aller-retour pis c’est victorieuse que je reviens à ma cabine avec mon butin. La soirée va être tranquille. Demain, je poursuis ma route.




