Dire que j’ai passé une bonne nuit dans ma cabine de Cap-Chat serait loin de la réalité. En vérité, ma nuit dans ste chambre-là a pratiquement été féérique. Je me suis couchée, hier soir, en laissant la porte patio pis le rideau ouverts pis crevée que j’étais d’une autre journée ben remplie, je me suis endormie, bercée par le bruit des vagues. 🛌 Eille, moi qui suis habituée à dormir sur une rue passante où j’entends des chars rouler toute la nuit pis parfois même du monde crier, je vous jure que je me sentais complètement dans un autre univers. Pis que dire de l’air frais qui embaumait ma chambre ? Ah pis comme si c’était pas assez, aux environs de 4h. du mat., j’ai ouvert un oeil par hasard pis c’est là que j’ai assisté à un superbe lever de soleil sur l’eau. Là franchement, j’aurais pas pu demander mieux. 😍

Ce qui pourrait être mieux par contre, c’est la météo d’aujourd’hui parce qu’à matin, à mon réveil, c’est pas mal gris pis ça pas l’air parti pour s’en aller. En plus, je dois rouler vers Gaspé pis là-bas, c’est carrément la pluie qui est au menu. ☔ Comble de malchance, quand je regarde à plus long terme, je vois aussi qu’à Percé, ça s’annonce pas vargeux pantoute. Bon, c’est plate mais j’ai pu ben le choix. Je repartirai certainement pas à Montréal quand toutes mes affaires sont déjà réservées. Je me croise quand même les doigts pour voir un peu de soleil d’ici mon départ prévu dimanche. Me semble qu’une seule vraie belle journée chaude, à la mi-juillet, ça serait pas un luxe. Pour tu suite, je paquete mon stock sans trop d’empressement. Mon plan du jour c’est de rouler jusqu’à Cap-des-Rosiers (170 km environ) pis de visiter un phare en chemin mais je sais pas si ça va être faisable. Aussi ben y aller mollo pour éviter d’être pognée dehors rendue là bas. 😬
10h30, je quitte ma cabine enchanteresse par un temps pas mal moins enchanteur. Vraiment pas pressée, j’opère un arrêt au Tim Hortons de Sainte-Anne-des Monts pour manger un bagel pis boire un café. Au TIM, tout le monde a l’air de se connaître. La commis demande à Germain quessé qui fait icitte parce que d’habitude, y va dans l’autre TIM. Germain répond qu’il attend une madame pis qu’y va aller « s’assire » à une table dans la vitrine pour la voir arriver. De mon côté, je déguste mon petit dej en observant un peu les gens. La « madame » finit par rejoindre Germain. En fait, c’est une fille plus jeune que moi. J’écoute leur conversation d’une oreille distraite. Ça tourne autour d’une spectacle que Germain veut organiser pour promouvoir la chanson francophone. Je quitte le TIM avant de connaître le fin mot de l’histoire. J’ai de la route à faire. 🚗
En roulant sur la 132, je tergiverse. Est-ce que je vais aller visiter mon phare ou passer tout drette ? Pour tu suite, le temps est pas si pire. Y mouillasse par boutes mais pas tant que ça. En plus, c’est ben moins brumeux qu’hier, ce qui me permet d’admirer le paysage. Quand même, je suis un peu déçue de ste mauvais temps-là. Déjà, l’an passé, y’avait pas fait super chaud quand j’étais venue en Gaspésie pis quand j’étais allée dans Charlevoix, c’était pas yable mieux. Eille, on pourrait tu avoir des étés qui ont de l’allure des fois ? 😠 J’essaie de rester optimiste malgré ce mauvais coup du sort. Je sais que je suis chanceuse de pouvoir faire ste belle expédition-là alors que des gens sont actuellement sans logement ou peinent à se faire des épiceries qui ont de l’allure. « Quand on se compare, on se console »… Vous connaissez le dicton. Après une heure de route, je fais un stop rapide dans une halte d’un village qui semble s’appeler Ste-Madeleine. Au bord de l’eau, le KONA indique 14ºC mais avec le vent, y doit faire -12. ❄️ Ironie du sort, y’a justement un phare sul site mais c’est pas celui que je convoite. Je le prends quand même en photo avant de me réfugier dans mon char pis de reprendre mon chemin.

Le phare que je veux aller visiter, c’est celui de Pointe-à-la Renommée. En arrivant à proximité, après une heure et demie de route, y fait pu beau pantoute. Je décide de quand même me rendre sul site pour voir ce qu’il en est pis prendre ma décision ensuite. Le chemin pour se rendre au phare est loin d’être convivial. Y consite en quatre très longs kilomètres de gravel pis de bouette, avec des montées, des descentes pis du viraillage, tout ça avec une largeur d’un demi-char. Je suis à boute quand j’arrive finalement à destination. Je décide de visiter coûte que coûte pour pas avoir roulé dans la chnoutte pour rien. De toute façon, j’ai pas l’habitude de changer mes plans ou de reculer devant les imprévus. Le phare, je vais le visiter, qu’y pleuve ou qu’y neige. J’enfile mon imperméable pis je change de chaussures pour épargner mes HOKA. Me vla prête. ☔
À mon grand soulagement, la majeure partie de la visite se déroule en intérieur mais c’est sûr que si le beau temps avait été au rendez-vous, y’aurait eu de la marche pis de la contemplation à faire dehors aussi. Ayant payée pour la visite guidée, j’ai droit à toutes les explications d’un monsieur super sympathique, à des vidéos + à l’accès au musée adjacent (musée Marconi) pis au phare lui-même. Le phare est majesteux pis d’autant plus impressionnant quand on en connaît l’histoire. Grâce au guide, j’en apprends un peu plus sur le métier de gardien de phare, métier on ne peut plus exigeant en raison de toutes les tâches connexes qui en découlent. Le monsieur nous apprend aussi que le phare, qui a été en opération jusqu’en 1975 avait été déménagé à Québec sul site de la Garde côtière canadienne en 1977 mais que grâce au combat acharné de trois madames, y’a été rapatrié sur son site original en 1997. Eille pis saviez-vous ça que ste phare-là a été le premier à capter le signal de détresse du Titanic en 1912 ? C’est à partir de là que le signal a été relayé aux autres bateaux qui se trouvaient en mer au même moment. C’est tu pas assez hot à votre goût ? En tout cas, merci Lucie de m’avoir recommandé ste visite-là.


Avec tout ça, yé rendu 16h. pis yé temps de me rendre à mon prochain hébergement situé une vingtaine de kilomètres plus loin. En chemin, j’arrête dans une petite épicerie pour m’acheter des spaghettis aux fruits de mer à réchauffer au micro-ondes pis un petit dessert. J’arrive finalement aux Cabines sur mer quelques minutes plus tard pour découvrir une chambre aussi charmante que petite mais ultra propre pis située encore plus près de la mer que la précédente. D’ailleurs, quand j’avais fait mes réservations en décembre, je les avais toutes décalées d’une journée pour avoir ste chambre-là pis profiter du bord de l’eau exceptionnel. Malheureusement pour à soir, je suis confinée à l’intérieur. Pas de BBQ, pas de marche sul rivage pis pas de coucher de soleil à admirer non plus. Y paraît qu’on peut pas tout avoir ? Ben je vous confirme que c’est vrai. 😢






