C’est ma dernière journée à Percé pis je compte bien en profiter même si pour l’instant, on est toujours dans le brouillard total. Je commence ça avec un GROS déjeuner au resto de mon hôtel. Au menu : oeuf, bacon, patates, fèves au lard, pain brun, fruits, jus d’orange pis café. De quoi tenir pratiquement jusqu’au souper même si yé seulement 9h. Au resto, je suis servie par une madame différente de celle d’hier qui me dit, après avoir pris ma commande : « Vous, vous êtes venue ici l’année passée hein » ? Eille, quand je vous dis que je suis inoubliable, c’est pas des paroles en l’air. Me semble pourtant que j’ai rien de tant particulier pour qu’on me reconnaisse au milieu des milliers de touristes qui passent par ici. À moins que ce soit mon kangourou de « L’amour crisse » ? Je dois quand même pas être la seule à porter ça. En partant, j’ai au moins deux cousines qui en ont un. 🤷♀️


Hier, j’ai pas assez marché à mon goût faque je dois absolument remédier à la situation. La marche, c’est rendu comme une drogue pour moi. Encore plus d’ailleurs quand j’ai la chance de fouler des nouveaux sentiers pis de découvrir des nouveaux endroits. À Percé même, si on exclut le petit bord de mer, la marche se résume aux sentiers du Géoparc ou de l’Île Bonaventure, deux activités payantes que j’ai déjà expérimentées l’an passé. Curieuse de découvrir autre chose, je google en vitesse pour voir les opportunités des alentours. Mon choix s’arrête sur la Plage de Bridgeville, située à 13 km de mon hôtel. Apparemment, le sentier est très peu fréquenté mais gagne à être visité parce qu’il est situé entre un barachois pis la mer. Ça m’en prend pas plus pour me convaincre. 10h., je suis partie. 🚗
Une douzaine de minutes plus tard, j’arrive à la Plage de Bridgeville pis je constate que c’est effectivement peu pour pas dire PAS fréquenté. En fait, je suis tout fin seule dans le petit espace qui sert de parking. Devant moi, un sentier qui semble interminable avec le barachois à babord pis la mer à tribord. C’est tranquille sans bon sens. J’ai l’impression que je viens d’arriver dans un endroit que personne connaît. Tout pour me plaire : du calme, du grand air pis de l’eau. Je pars sur le sentier qui longe le barachois sur ma gauche. 🚶♀️ L’endroit est parfait pour admirer pis entendre des oiseaux de toutes sortes. 🦅 Au bout de 2 km, je vire de bord pour revenir par la plage. Malheureusement, tout est encore ben gris. J’aperçois quand même plusieurs canards qui font joyeusement baignade au milieu des vagues. 🦆🦆🦆 À part ça, y’a pas âme qui vive. Tout en marchant, j’en profite pour ramasser des jolis cailloux que je vais distribuer : un pour chacun de mes héritiers pis un pour mon filleul. Bon, je suis pas sûre qu’y vont être en pamoison devant mon cadeau mais c’est pour leur montrer que j’ai eu une pensée pour eux-autres. Pis bon, on sait jamait quand on peut avoir besoin d’un caillou. 😂 Le sentier de la Plage de Bridgeville représente un aller-retour de 12 km. Ayant viré de bord après un peu plus de 2 km, je reviens à mon auto une heure plus tard avec 4.2 km à mon actif. J’ai vu ce que je voulais voir pis je veux revenir à Percé profiter de mon dernier après-midi, d’autant plus que la météo annonce 24 avec soleil pis nuages.




Soleil nuages je disais ? Y semble que sur ce coup-là, j’ai été aussi naïve que dimanche passé, quand j’ai osé ajouter des robes d’été dans ma valise. 🤣 Rien à faire, à Percé, sul bord de l’eau, le soleil est absolument incapable de se frayer un chemin au travers de l’épais brouillard. Quand t’es dehors, t’es comme dans un genre d’apocalypse. Tu vois rien en haut, rien en bas, rien devant, rien derrière, rien à gauche pis rien à drette. 🚫 Que du blanc, partout, avec parfois des silhouettes incertaines de marcheurs. Je peux pas m’empêcher d’imaginer la déception de tous les gens qui seront venus ici pour l’unique fois de leur vie, sans voir ni le rocher, ni l’Île Bonaventure. De mon côté, je me laisse pas démonter pour si peu. Je sors visiter les petites boutiques souvenirs, marcher (encore), me balancer dans le brouillard pis manger un « fruit » à la crèmerie.




J’avais imaginé que cette année, à Percé, je prendrais ça relax, que je lirais sul bord de l’eau tout en faisant bronzette pis que je prendrais l’apero sur le petit balcon devant ma chambre. Malheureusement, sans soleil, c’est pas long qu’on frissonne quand on est dehors sans bouger. Vers 16h., je finis par regagner ma chambre. Ici, la température a jamais excédé 18ºC. pis je suis quand même pas pour marcher sans arrêt. D’ailleurs, mon appli de marche m’indique que j’ai marché 41 km depuis que je suis partie de chez nous dimanche passé. Ça évidemment, c’est sans compter tous les petits déplacements que j’ai faits mais que j’ai pas comptés. Pour l’année 2023, je m’étais programmé un objectif très conservateur de 265 km dans mon application. Je l’ai atteint pis même dépassé hier. J’en ai débuté un autre de 150 km, à atteindre avant la fin décembre. À mon avis, je vais le dépasser celui-là aussi mais comme je marche moins quand je travaille, je voulais pas voir trop grand. Cette réflexion me fait réaliser que mes vacances seront pas éternelles. Y m’en reste encore pas mal par contre. Pis j’ai d’autres projets.
19h., je sors une dernière fois pour acheter à manger au petit resto d’à côté pis je soupe dans ma chambre, avec une bonne bière, en écorniflant par ma fenêtre. Qui sait, le rocher va peut-être sortir de ses ténèbres pour ma dernière soirée gaspésienne. Demain, je reprends la route de bonne heure. Direction où ? Vous le découvrirez bien assez tôt.