Bon, c’est ben beau aller en Gaspésie à répétition mais y’a autre chose à voir dans le Québec faque l’hiver passé, quand j’ai planifié mon périple gaspésien, j’en ai prévu un deuxième, au Saguenay-Lac-St-Jean. De mémoire, je suis jamais allée là-bas, sauf peut-être petite, mais si je m’en rappelle pas, ça compte pas. Non seulement ça compte pas mais ça me donne un bon prétexte pour repartir à l’aventure pis profiter de l’été au max. Quessé que vous voulez que je vous dise… Pour moi, l’été ça se passe DEHORS. J’ai beau être ben installée dans mon appartement montréalais, y faut quand même être lucide. C’est sûrement pas au troisième étage d’une rue passante que je vais profiter de la saison estivale. Mon balcon, que j’ai joliment aménagé, fait la job pour ma lecture pis mon café du matin ou encore pour mon vino-musique du soir mais au GROS soleil de l’après-midi, on y cuit comme du bacon dans la poêle. En plus, c’est pas dans un espace de 1.5 mètre par 3 mètres que je vais dépenser beaucoup d’énergie ou découvrir des nouveaux coins fabuleux. Y’a ben juste Charlot qui a l’air de trouver que notre p’tit boute de béton regorge de stimulis. Yé tellement cute mon GROS Charlot ! 😍 GROS, mais cute pis toujours à la diète…
Toujours est-il que j’ai décidé d’aller visiter le Saguenay-Lac-St-Jean pis c’est à matin que ça se passe. Cette fois-ci encore, je pars tu seule. Les héritiers travaillent sauf Renaud, qui vient de tomber en vacances, mais y’a des projets avec des amis pis c’est ben correct. À 22 ans, passer du temps avec ta mère, c’est uniquement en dernier recours. Le contraire serait quasiment inquiétant. 🤔 En plus, là où je m’en vais, y’a beaucoup de randonnée à faire. Je voudrais pas « m’encombrer » de quelqu’un qui serait pas capable de suivre mon rythme, qui voudrait faire des siestes ou perdre du temps dans des restaurants. Au prix que ça coûte de voyager dans le Québec, je veux optimiser chacune des minutes que je passe hors de chez nous. Cela dit, la semaine passée, mon père a manifesté un certain intérêt à venir avec moi en Gaspésie un de ces jours. Si jamais c’était pas des paroles en l’air (y’en lance souvent) pis que ça se concrétise, j’adapterais mes attentes en conséquence. Je peux toujours ben pas espérer qu’un monsieur de 80 ans réussisse à suivre un paquet de nerfs comme moi. Pour faire de la route par contre, on aurait pas de problème. Quand yé question de rouler en char, mon père, y’a pas de boute ! 😁
Parlant de rouler, c’est de très bon matin que je quitte la maison, prête à découvrir de nouveaux horizons. Ceci dit, sur les 430 km à faire aujourd’hui, j’en connais les 275 premiers étant donné que je dois prendre l’autoroute 40 jusqu’à Shawinigan puis la route 155 jusqu’à La Tuque. Ste chemin-là, je l’ai parcouru maintes et maintes fois, pis pas plus tard que vla huit jours, pour aller au Rapide-Blanc. C’est d’ailleurs parce que je connais bien ste route-là que j’ai planifié de partir un dimanche parce qu’en semaine, la 155 est encombrée de très nombreux poids lourds qui roulent à bonne vitesse pis qui surgissent souvent des chemins de côté. Non seulement ça multiplie les risques de collisions mais ça augmente aussi considérablement les chances de se faire pèter le windshield ou de recevoir une roche sul capot. Soucieuse, de préserver ma santé pis celle du KONA, vaut donc mieux être statégique dans mes déplacements. De toute façon, je veux pas vous écoeurer mais pour moi, pendant plus de deux mois, c’est tous les jours dimanche. Aucun horaire, aucun impératif. 😋
Y fait vraiment beau aujourd’hui pis je compte bien en profiter, d’autant plus que pour l’instant, les conditions s’annoncent pas vargeuses pour les prochains jours. 😥 Tant pis, je verrai ça dans le temps comme dans le temps. Y’a rien de plus changeant que la météo de toute façon. On dirait que pu personne est capable de la prédire faque pour être sûrs, y nous sortent les icônes de soleil, de nuages pis de pluie tous les jours avec un petit orage violent par-dessus ça quand le temps est vraiment humide. ⛅☔🌩️ Yé 7h20 quand j’embarque sur l’autoroute 40 pis 8h35 quand je bifurque sur la 55. Mauricienne de naissance, ici, je suis en terrain connu. En roulant, je me demande qui peut ben choisir la Mauricie comme destination vacances. Me semble qu’ici on a rien d’extraordinaire à part ben des arbres, ben des lacs pis la Tour de l’énergie. J’imagine que le fait d’avoir vécu ici pendant 23 ans m’empêche d’y trouver un intérêt touristique. À St-Étienne-des-Grès, je fais un arrêt rapide dans une halte routière que j’ai jamais remarquée auparavant. Bon, y faut dire qu’elle a absolument rien pour se démarquer avec sa mini-cabane entourée de quatre toilettes chimiques. Dans la « vraie » toilette, pas de papier de toilette ni de savon à mains. Heureusement, je traîne toujours les deux sur moi. Je m’éternise pas plus longtemps qu’y faut là-bas.

Vers 9h15, j’aboutis sur la 155 nord. Jusque-là, rien à signaler. L’autoroute a été une formalité sans grand intérêt si ce n’est de profiter de la musique, du soleil pis de la plénitude qui va avec. La route 155, même si je la connais bien, est tout de suite plus divertissante pis surtout, pas mal plus jolie. Aux dires de mon père pis de plusieurs sites internet , c’est la plus belle route du Québec. Pour ma part, même si j’apprécie le décor mélangeant rivière pis forêt, rien peut battre la route 132 en Gaspésie. Mais bon, tout ça est une question de point de vue, au propre comme au figuré. C’est un peu comme avec les autos. Avez-vous remarqué que toutes les marques se vantent à la radio d’être la première de leur catégorie selon Protégez-vous ? Y’a forcément une crosse. 😂 En arrivant à La Tuque, je décide de bifurquer vers la ville pour faire un autre stop dans une halte que je connais. J’aime mieux prévenir parce qu’à partir de maintenant, je connais pu le chemin pis je sais pas si je vais recroiser des toilettes. La halte de La Tuque est pas vraiment plus extraordinaire que la précédente. Le comptoir autour du lavabo est tout décollé, le calorifère est rouillé bord en bord pis à mon avis, y doit même être en marche parce qu’y fait 42ºC dans le cubicule. Un autre endroit dont je fuis rapidement l’inhospitalité.

Yé autour de 10h50 quand j’entreprends la dernière partie de mon trajet. Comme je m’y attendais, la route est pas mal plate : des arbres, de l’asphalte pis tu roules à 90 km/h au milieu de tout ça. Mon projet du jour, c’est de visiter le Village historique de Val-Jalbert. J’y arrive un peu après 12h. Moi, Val-Jalbert, je connais pas ça pantoute. La seule fois que j’en ai entendu parler, c’est dans la chanson des Colocs. Dans ma tête, c’est une ville dans laquelle y’a un petit village touristique, un peu comme Drummondville avec son village d’antan. La suite va m’apprendre le contraire. Visiter Val-Jalbert pour un adulte, ça coûte 40.01$. Pas 40$, pas 41$, 40.01$. J’imagine que quelqu’un quelque part s’est dit qu’avec ste tarif-là, y se feraient 1$ de plus par cent visiteurs. Tout un coup de marketing. Je vous dirais, par contre, que c’est un 40.01$ ben investi.
En arrivant sul site, je comprends que Val-Jalbert, c’est un village démantelé, un peu comme le Rapide-Blanc. L’un comme l’autre sont des villages qui tournaient autour d’une seule industrie pis qui avaient uniquement raison d’être pour les travailleurs pis leur famille. À Rapide-Blanc, c’était le barrage pis à Val-Jalbert, une usine de pâtes et papier. En prenant connaissance du plan du site, je comprends aussi l’intérêt de charger 40.01$ parce que là-bas, y’a de quoi t’occuper pour une journée entière. En plus de tous les bâtiments d’époque à visiter, t’as aussi droit à deux animations (une au couvent-école pis une au magasin général), une visite guidée en Trolleybus, une montée en téléphérique pour admirer le panorama + la chute Ouiatchouan, plusieurs belvédères dont un avec plate-forme de verre, des sentiers, une boutique souvenirs pis plein d’autres affaires. Pour vrai, charger juste 40$, ça rendrait pas justice à tout ce que le site peut offrir. 🤣 Pour ma part, j’en resors après quatre heures pis quasiment 10 km de marche. Un bel après-midi.












Après cette super visite, y me reste plus qu’à me rendre à mon premier hébergement, situé à peine 10 km plus loin, à Roberval. En arrivant sur les lieux, je suis agréablement surprise pis soulagée par la propreté des lieux. Bon, j’avais lu des bons commentaires sur internet mais c’était quand même pas ben cher comme chambre faque j’étais méfiante. Finalement, y’a rien à dire. Tout est impeccable. Heureusement d’ailleurs parce que j’y suis pour deux nuits. À l’heure où j’arrive, le soleil brille ardemment. C’est la PREMIÈRE fois de tous mes périples qu’y fait assez beau pis chaud pour aller profiter de la vue DEHORS en sitotant une bière. Je me peux pu. Le ciel est bleu pis le lac est magnifique. Je savoure mes vacances. À 19h., je sors m’acheter un plat pour emporter au Mike’s juste à côté. C’est pas de la haute gastronomie mais c’est réconfortant. La vita e bella. 😍 Manque plus que du beau temps pour demain…



