C’est quoi votre souvenir d’enfance le plus ancien ? Un souvenir dont vous vous rappelez pour vrai, pas qu’on vous a raconté pis que vous pensez vous rappeler. Un souvenir dont vous revoyez encore clairement les images… Moi, je pense que ce sont les Jeux olympiques de 1976. J’avais 5 ans. En fait, je ne me souviens pas vraiment d’avoir regardé ou suivi les Jeux olympiques mais je me rappelle de l’engouement autour de l’événement. Ce dont je me souviens plus précisément, c’est que moi, ma soeur pis Kathleen, notre voisine qui vivait pratiquement chez nous, on avait passé l’été 76 à jouer aux Jeux olympiques. Ma soeur, qui était la plus vieille pis par le fait même la chef, jouait évidemment Nadia Comaneci. Moi, je faisais Teodora Ungureanu, la médaillée d’argent dont pu personne se rappelle, pis Kathleen faisait Olga Korbut, la médaillée de bronze. En tant que GRANDES gymnastes gracieuses comme des éléphants en patins, on passait nos journées à faire des stépettes, que ce soit dans le sous-sol ou dans la cour. Une fois, dans mon numéro de barres asymétriques, exécuté sur une seule barre (hahaha) de la balançoire, j’avais glissé pis j’étais tombée en pleine face à terre pis mon souffle s’était coupé net frette sec. C’est ça, le plus vieux souvenir de mes 52 ans de vie… 🥇🥈🥉


Mon deuxième souvenir, y vient pratiquement juste après. C’est mon entrée en maternelle, en septembre 76. En fait, je sais pu trop si c’était ma rentrée, une visite de la classe ou juste l’inscription mais bref, je me revois clairement dans ste classe-là, en train de me rouler à terre avec Stéphane Ayotte, pendant que ma mère jasait avec ma maîtresse. Le souvenir va pas plus loin que ça. C’est juste une image, comme une photo. De mon école primaire, je me rappelle aussi que le matin, on devait dire le Je vous salue Marie pis le Notre Père avant de s’asseoir, qu’on allait se confesser une fois par année avant Pâques pis qu’on savait pas quoi raconter comme péchés, qu’on s’est ben trop gargarisés avec du fluor qui s’est finalement avéré mauvais pour les dents pis que chaque année, le 23 juin, on allait dans le gymnase pour réciter un salut au drapeau. Ça allait comme suit : « Drapeau du Québec, salut ! À toi mon respect, ma fidélité, mon amour. Vive le Québec ! Vive son drapeau ! » Ah pis je me souviens aussi que dans ma classe de première année, la maîtresse faisait jouer La source coule de Michel Conte. Maintenant que je prête attention aux paroles, je me rends compte que c’était pas pantoute une chanson pour des enfants de 6-7 ans mais dans l’temps, on se badrait pas avec avec des affaires de même. Si François Legault avait été Premier ministre à l’époque, y’aurait probablement supplié les maîtresses d’école d’arrêter de faire jouer de la musique poche aux enfants, sous prétexte qu’elles leur causaient du tort. Maudit que je commence à pu l’aimer lui, avec sa voix nasillarde pis ses déclarations sans queue ni tête. Drainville, lui, je suis pu capable de le sentir. Un insignifiant de première. 🤡🤡
Mon troisième souvenir clair, c’est le décès de mon grand-père Beaumier, le 2 mars 1977. Je me rappelle que ma mère venait juste de revenir de l’hôpital après avoir accouché de mon frère, une semaine avant. On s’en souvient, dans l’temps, c’était de même. Après un accouchement sans complications, par voie naturelle, les femmes restaient hospitalisées plus longtemps qu’un patient greffé du coeur en 2023. Le souvenir que j’ai de ça, c’est ma mère qui répond au téléphone vert, accroché au mur de la cuisine avec son fil en spirale de 275 pieds de long, pis qui part en courant dans sa chambre. Mon grand-père, lui, je m’en rappelle pas vraiment, à part que je l’ai toujours vu vieux pis malade. Une fois, y’a une madame bizarre qui lui avait fabriqué un genre de TV avec une boîte de biscuits SODA. Je sais pas trop quel était le but de ce « cadeau » étant donné que mes grands-parents possédaient forcément une vraie TV. Peut-être que quelqu’un pourrait m’éclairer sur le sujet ? À part de ça, j’ai strictement aucun souvenir de lui. 🤷♀️

Mon quatrième souvenir, c’est l’arrivée de mon frère à la maison. Ste souvenir-là, je le place après le décès de mon grand-père, parce que nous-autres, quand on sortait enfin de l’hôpital, une semaine après notre naissance, on s’en venait pas chez nous tu suite. 🚫 On s’en allait dans un genre de pouponnière privée pendant une semaine ou deux avant de finalement aboutir à la maison. J’ai jamais trop compris ste pratique-là, d’autant plus que ma mère était ultra maternelle mais en tout cas, ça avait l’air courant dans l’temps, à Shawi, du moins. Je me rappelle être allée voir mon frère avec mes parents dans ste pouponnière-là mais je me souviens surtout de quand yé finalement arrivé chez nous. J’étais tellement contente d’avoir un petit frère ! Y’était tranquille, fin, beau pis y’avait plein de cheveux. Ma mère passait ses journées à le catiner pis à y chanter des chansons. Ma soeur jouait à la poupée avec lui pis moi, je voulais y donner tout ce que j’avais tellement j’étais contente. Quarante-six ans plus tard, mon frère est encore aussi tranquille, fin pis beau. On a jamais eu de troubles avec cet enfant-là. Pendant la pandémie, on a aussi pu constater qu’il avait encore beaucoup de cheveux ! 😮



Un autre souvenir, qui date pas mal de la même époque, c’est quand ma soeur, Kathleen pis moi, on jouait à la Barbie ou aux Fisher Price dans le sous-sol chez nous. Ma soeur, plus vieille que moi de 3½ ans, roulait des petits morceaux de papier qu’elle insérait dans le trou en dessous de ses madames Fisher Price. Elle disait qu’elle leur mettait des stérilets. 🤣 Moi je savais même pas c’était quoi un stérilet pis je comprenais encore moins à quoi ça servait de mettre ça à un petit bonhomme en bois. Aussi, ma soeur faisait frencher son Ken avec sa Barbie. 👩❤️💋👨 Ça non plus je comprenais pas trop ça. Moi, comme Barbies, j’avais la famille Beausoleil. C’était des genres de Barbies d’une autre marque pis qui frenchaient pas. J’avais aussi la Barbie superstar. Ste poupée-là, elle était vraiment hot. Elle était super belle, avec une superbe robe fuchsia pis elle venait avec un genre de socle qui fonctionnait à batteries pis qui la faisait tourner en rond. Ah pis Kathleen, elle, ses Barbies faisaient des bonnes actions, comme elle avait elle-même appris dans les Jeanettes. Le seul point commun de toutes ces Barbies-là, c’est qu’elles avaient toutes, sans exception, les jambes pis les chevilles grugées par nos deux chiens. Inutile de préciser que ma Barbie superstar avait pas mal moins fière allure que celle sur la photo.





À partir d’un certain temps, les souvenirs se multiplient pis sont de moins en moins bien ordonnés. Une affaire dont je me rappelle clairement, c’est quand on passait l’Halloween, ma soeur, Kahleen pis moi. Dans l’temps, on était pas fancy comme asteur. Y’avait pas d’histoires de princesses, de lapins, de citrouilles ou de coccinelles. Chez nous, on avait TROIS « costumes » pis on se les échangeait entre nous autres d’année en année. Eille pis laissez-moi vous dire que c’était assez rudimentaire comme costumes : trois genre de jaquettes, trois perruques, trois sacoches, trois paires de boucles d’oreilles, un collier pis ben du maquillage. Nous autres, on était déguisées en madames. That’s it, that’s all. Pis pas de préférences ! Quand mon frère a été assez GRAND pour passer l’Halloween avec nous autres, ben ma mère y’a trouvé une quatrième jaquette pis yé devenu une madame lui aussi. 👩🦰👩🦰👩🦰👩🦰 De nos jours, ma mère serait sans doute accusée de maltraitance. Pourtant, dans ce temps-là, on avait ben plus de fun que les jeunes d’aujourd’hui avec leurs costumes en kit. Avec nos jaquettes, on faisait le tour de Shawinigan-Sud pendant des heures pis quand on revenait à la maison, mes parents nous embarquaient dans le char pour aller sonner chez mes tantes pis ma grand-mère qui habitaient plus loin. Une année, ma tante Germaine nous avait ouvert sans son dentier. Paraît-il que j’y avais dit : « Ma tante, t’es affeuse ». Pauvre ma tante, elle était tellement fine. De toutes mes tantes, c’est d’elle dont j’ai été la plus proche pendant toute ma vie. ❤️


Bon, un petit dernier avant la route. Y faut ben que je m’en garde pour une autre fois. Y’a un cadeau de fête que j’ai reçu, en assez bas âge, pis qui m’avait vraiment marquée. Ste cadeau-là venait de la mère de Kathleen parce que oui, Kathleen avait des parents. Sa mère, Louise, c’était la meilleure amie de ma mère pis elle était infimière à l’urgence. Son père, lui, y’était police à la Sureté du Québec. Les deux travaillaient sur toutes sortes de shifts pis se faisaient souvent appeler en urgence. C’est pour ça que Kathleen était chez nous jours et nuits, à l’halloween pis à Noël. Bref, le cadeau, c’était une chaîne en or que Loulou avait emballée dans une GROSSE boîte remplie de papier de soie.🎁 À première vue, la boîte m’avait semblée vide mais j’avais finalement découvert la chaîne, collée sur un des boutes de papiers. Je me rappelle qu’à l’époque, ma mère m’avait dit : « Ça, c’est une chaîne en VRAI or. Tu y feras attention ». Ben creillez-moi, creillez-moi, ste chaîne-là, c’est une des trois que je porte encore à mon cou aujourd’hui. La deuxième me vient de mon père pis la troisième, celle avec le 💛, c’est Renaud pis Morgan qui l’ont choisie, vla plusieurs années. Comme quoi, quand on me fait un cadeau, si yé ben choisi, vous aurez pas dépensé inutilement. Je dis ça, je dis rien hein. 😁

À suivre. Peut-être. Le temps de déterrer d’autres parcelles du passé… ⏳