Publié dans Aventures

Douche froide en Mauricie

Je me réveille par moi-même à 6h32, après avoir super bien dormi dans ma petite chambre de La Tuque. Amatrice des motels en bord de mer, je réalise que ceux en bordure des routes possèdent tout de même un certain charme. Devant la fenêtre de ma chambre, trois motards ont ouvert des chaises dans le parking avant de reprendre la route plus tard. J’imagine déjà mon père qui va leur demander tantôt d’où y viennent pis où qu’y vont. 8h., je rejoins ma gang au resto de l’hôtel. Tout le monde a passé une bonne nuit. Hier soir, j’étais un peu inquiète pour mon père quand j’ai réalisé que dans ma chambre, j’avais bain-douche combinés sans aucune poignée pour aider à l’embarquement mais finalement, tout s’est bien passé pour lui. Aujourd’hui, le programme est pas mal moins chargé qu’hier. C’est une bonne affaire parce qu’y faut que je m’en retourne à Montréal en fin de journée. Je travaille demain. 😬 Pour l’instant, on se prend un bon déjeuner pis on retourne à nos chambres paqueter nos affaires. Quand je rejoins mon père dans le parking, yé en train de jaser avec les motards. 😁

9h15, c’est le départ. On stop au Tim Hortons de La Tuque pour attraper des cafés. Ste Tim-là, j’en ai déjà parlé, c’est le plus louche de la création. De un, y’a jamais rien à manger dedans pis de deux, les employés sont tous plus weird les uns que les autres, l’air de se demander quessé qu’y font là. En fait, c’est tellement un Tim de 💩 que c’est rendu que ça fait partie du rituel d’aller voir si les choses se sont améliorées ou dégradées, si jamais ça se peut. Aujourd’hui, force est d’admettre que la situation s’est pas redressée depuis l’été 2023. Les vitrines de bouffe sont à moitié vides. La fille à la caisse me marmonne un bonjour avec une face de boeuf pis ses yeux qui regardent comme par en haut. 👀 Sul coup, je suis même pas certaine qu’elle s’adresse à moi ou à un monsieur derrière moi qui mesurerait 11 pieds. J’y passe ma commande, un moyen café moka avec crème fouettée. Pas de son, pas d’image, je suis pas trop sûre qu’elle a vraiment compris. Elle me grogne quelque chose, me tend la machine pour passer ma carte pis part préparer mon café en marchant dans un genre de transe. Mon frère l’aperçoit clancher le couvercle sans qu’elle y mette la crème fouettée. Heureusement, une madame un peu moins fuckée que les autres arrive avec la bébelle pour en rajouter. La zombie repart à sa caisse en se regardant le cerveau. Nous autres, on retourne au Tahoe. 🚗

L’objectif principal du jour est d’aller virer au Rapide-Blanc, comme chaque année, simplement pour fouiner dans le village pis aller écornifler autour de la maison qu’on louait avant. Pour ceux qui ont pas lu tous mes articles, pendant de nombreuses années (pas loin d’une trentaine), mon père avait accès à une superbe maison réservée aux retraités d’Hydro-Québec. Malheureusement pour nous, à la fin de l’été 2020, Hydro a repris la maison temporairement pour en faire des bureaux, en raison de travaux à la centrale. Devant la déception de mon père, j’ai lancé l’idée qu’on y retourne chaque année, histoire de passer sur les barrages, fouiner autour de la maison pis accomplir le rituel de la douche en plein air dans la cascade. Jusqu’à maintenant, on s’y est tenu. À matin par contre, je suis moins fière de mon idée. Y’a fait 6°C la nuit passée. Qu’à cela ne tienne. Nous autres, quand on échafaude un plan, on le concrétise. On est pas des mauviettes. 💪

Aller au Rapide-Blanc à partir de La Tuque, c’est une formalité. Oui, c’est relativement creux mais pas tant non plus pis surtout, la route est asphaltée pis plus belle que n’importe laquelle qu’on peut voir en ville. Pour l’expédition 2024, mon père a cependant émis le souhait de profiter du char loué pour faire un détour pour passer au Relais 22, plaque tournante qui relie les régions de l’Outaouais, du Saguenay-Lac-St-Jean pis de la Haute-Mauricie. Le Relais 22, je vous le donne en mille, yé accessible par une route… de gravel. Bon, je dis ça mais en réalité, je m’en fous. Moi, quand je suis avec ma famille pis que je vois des belles affaires, la surface de la route m’importe peu. 🤷‍♀️ N’empêche, la route pour aller au 22 est relativement cahoteuse. Si hier, j’avais l’impression de rouler dans une sécheuse, aujourd’hui, c’est plutôt style laveuse frontale en train de spinner une douillette. Tout ça, évidemment, agrémenté des call de positions au CB mais aussi de jolis points de vue.

Route 10
Route 10 près du Relais 22

Le Relais 22 est relativement connu mais y’a rien d’extraordinaire là bas. Pour 95 km roulés, on y passe un gros maximum de 4 minutes, tellement qu’à part la pancarte, j’oublie de prendre la place en photo. Après une reconnaissance sommaire des lieux, on repart en sens inverse pour notre pélérinage annuel au Rapide-Blanc. D’année en année, quand on arrive là-bas, c’est toujours la même affaire. On monte en char jusqu’à la centrale, on prend des photos du barrage, on descend dans la descente de bateaux, on viraille dans le village pis on check par les fenêtres de feue « notre » maison. À matin en arrivant au village, on tombe nez à nez avec un char d’Hydro-Québec. 😮 C’est la première fois en quatre ans qu’on croise un travailleur, étant donné qu’on y va toujours la fin de semaine. On continue notre petite tournée de la place pis en aboutissant à la maison, Ô joie, vla tu pas qu’on voit le gars de l’Hydro, parké direct dans NOTRE cour, ayant l’air de se demander quessé qu’on fait là, à checker partout dans notre char de dignitaires. Évidemment, mon père amorce la conversation. Le gars est sympathique. J’y demande pour aller aux toilettes. Deux minutes plus tard, on prend d’assaut la maison, trop contents de rentrer dedans. Evelyne, qui se tape le voyage pour la troisième fois peut enfin constater de quoi ça avait l’air. Mon père est content. Nous aussi. On aurait jamais cru avoir cette opportunité-là. 🤩

Arrivée au Relais 22
Relais 22, gracieuseté Google
Maison du Rapide-Blanc
Barrage Rapide-Blanc

Avec tout ça, le temps commence à se réchauffer. 🌞 C’est le temps de la douche qui se trouve une vingtaine de kilomètres plus loin. Comme on repart pas par le chemin duquel on est venus, on roule désormais sur l’asphalte. La douche, comme on l’appelle, c’est une petite cascade dans un genre de crique frette, aménagée jadis par des campeurs. Malheureusement, depuis trois ans, les installations ont été victimes des intempéries pis du temps. Tout ce qu’y reste des aménagements, c’est trois petits crochets vissés sur une planche, pour accrocher nos serviettes pis une petite pancarte à l’entrée du chemin pour annoncer notre présence si on veut se laver tout nu. Pour notre part, c’est en maillot qu’on se lave mais ça rend pas l’eau plus chaude pour autant. C’est la première fois qu’on vient si tôt dans l’été. Ma face 2024 en témoigne. 🥶

2020
2021
2022
2023
2024

De retour dans le Tahoe, y reste plus qu’à passer sur le barrage de La Trenche pour la photo annuelle. D’habitude, on la prend à l’aller mais aujourd’hui on est passés par un autre chemin à cause du Relais 22. En chemin vers le barrage, on bifurque comme d’habitude pour descendre près de la rivière. Ça y est. Tous les objectifs sont atteints. On peut rentrer à la maison.

Rivière St-Maurice
Le Tahoe sul bord de l’eau
Selfie 2024 sul barrage
Le Tahoe sul barrage

En repassant à La Tuque, on arrête vite fait prendre une bouchée dans un Subway. On a fait 205 km depuis qu’on est partis à matin. Mon père pète le feu. Y pourrait rouler encore des heures. Sérieusement, lui y se trouve moins en forme qu’avant pis j’imagine que c’est normal à son âge mais attention, y’a plus d’énergie que vous pis moi réunis. En plus, yé zéro compliqué à trainer. Peu importe où on va, yé toujours prêt pis pimpant de bonne heure le matin. Qu’on pique-nique aux quatre vents sur une piste d’atterrissage ou qu’on mange de la pizz à 22h. le soir, yé toujours content. Ah pis yé super alerte, intéressé pis divertissant. Pis mine de rien, en 36 heures, on a dû monter pis descendre du char 35 fois sans mentir. Sachant que le Tahoe est assez haut pour monter sur un marche-pied en se tirant avec une poignée, c’est pas n’importe qui qui aurait pu suivre. En tout cas, si vous voulez emprunter un père pour une sortie, je vous prête le mien. Yé propre pis vacciné. Satisfaction garantie ou argent remis. 🙃

Trajet de La Tuque à La Tuque

16h30, le Château Bellevue est en approche. On débarque mon père pis on file vers Trois-Rivières. Pour gagner du temps sul retour, j’avais laissé mon char à la job de mon frère, au Ministère sul bord de la 40. Mon frère pis Evelyne partent rendre le Tahoe chez Enterprise. On aura roulé 1130 km avec depuis hier matin. Pour ma part, je file direction Montréal. 🚙 Avec le trajet de vendredi, ça ajoute 250 km de route à mon weekend. Dla petite bière pour une vielle routarde comme moi. Comme quoi la pomme est pas tombée ben loin de l’arbre. 👨‍👧

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