Publié dans Badlucks

En vacances… à Laval !

Ouin, c’est pas ben exotique comme destination pis c’était pas prévu non plus. Tout commence dimanche le 14 juillet, quand sul chemin du retour du Nouveau-Brunswick, je ressens une douleur puis une boule dans le cou (un ganglion) pis que je remarque, rendue à la maison que mon oreille droite est pas mal rouge pis épaisse. 👂 Jusque-là, pas de panique. 🚫 Je défais mes bagages, starte le lavage, lave mon char pis prépare à souper pour les héritiers. Avant de me coucher, ce même dimanche, je constate que la rougeur a l’air de vouloir s’étendre vers ma joue. J’avale trois Tylenols, trois Advils pis je me couche, confiante que demain, tout ça sera de l’histoire ancienne. Eh ben non, lundi, force est d’admettre que la rougeur pis l’inflammation ont continué de s’étendre. En plus, ma peau est BRÛLANTE comme ça se peut pas pis mon oreille est tellement enflée que je commence à être sourde de ste bord-là. Je me dis que je vais laisser passer la journée pis que je verrai quel bord tout ça prend demain. En attendant, je continue Advils + Tylenols pis j’applique de la glace pour tenter de refroidir ma peau. Au cours de la nuit, j’avale aussi deux Benadryls périmés, dans l’espoir de stopper une potentielle réaction allergique.

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Quand je me réveille mardi, la rougeur a encore gagné du terrain. Je m’empresse d’aller voir le pharmacien qui me dit que pour lui, c’est clair que j’ai une infection. Selon lui, j’en ai les quatre symptômes : rougeur, chaleur, inflammation pis douleur. J’y demande si je peux pas appliquer une crème pour me soulager. Y me répond que c’est trop étendu pis que je dois absolument consulter un médecin. En arrivant chez nous, je tente d’obtenir un rendez-vous, sans succès, avec mon médecin de famille. Peine perdue, ste gars-là, yé jamais disponible. ⛔ D’ailleurs, je l’ai jamais vu en vrai depuis qu’on me l’a attribué en 2020. Je me rabats sur le site de Bonjour santé pis je réussis à décrocher un rendez-vous pour mercredi 13h, dans une clinique de Laval. À partir de ste moment-là, je compte les heures qui me séparent du rendez-vous. 🕘 Ça tire, ça chauffe, pis ça fait vraiment mal. 😩

En me « réveillant » d’une très mauvaise nuit mercredi, je remarque (c’est dur de faire le contraire) que la rougeur a envahie toute la moitié de ma face. La sensation est insupportable pis je suis tellement enflée que je suis pu vraiment capable ouvrir mon oeil. Voyant ça, mon frère me propose de venir de Trois-Rivières pour m’accompagner à Laval. Au début, je refuse. Je veux pas y faire manquer le travail. Mais toutes réflexions faites, je vois pas comment je peux conduire sourde pis aveugle d’un côté, avec la face dans un état pareil. Les minutes avant son arrivée me semblent interminables. Ça me prend tout mon petit change pour m’habiller pis me brosser les dents. J’embarque dans son char à midi pile, avec mon ice-pack dans la face. Une trentaine de minutes plus tard, on se présente à la clinique du 1, boulevard Samson. Je me sens tellement mal que je pense pas que j’aurais pu faire encore une autre minute de char. Y va pourtant falloir… 😡

Eh oui, creillez-moi, creillez-moi pas, en entrant dans l’édifice, on se fait dire que la clinique est FERMÉE parce qu’ils sont en panne d’électricité. Je suis au DÉSESPOIR. 😭 Franchement, c’était quoi les chances qu’une affaire pareille arrive ? À la réception de la clinique, j’insiste, je fais tous les temps, faisant valoir que je peux pas rester de même une journée de plus. La gentillesse ou la compassion, cherchez-les. Tous les médecins ont déjà sacré leur camp chez eux pis les rendez-vous sont remis à demain. On m’en donne un pour 7h50. Je resors de là en sachant très bien que j’irai pas. C’est aujourd’hui pis tu suite que je dois voir un médecin. Je demande à mon frère de me conduire à l’urgence la plus proche, à la Cité-de-la-Santé, toujours à Laval. Tant qu’à l’avoir fait venir d’aussi loin, on va rentabiliser son déplacement. Si on compte le trajet, le parking pis la délivrance de la carte d’hôpital, y doit être rendu autour de 13h20 quand je me pointe à l’urgence. 🏥

À l’urgence de cet hôpital-là, ya beaucoup d’étapes. Beaucoup beaucoup d’étapes. Au moins, tu te sens pas trop oublié parce que t’es toujours en train d’attendre que quelqu’un t’appelle. Tout ça commence par l’évaluation brève. Pis non, ça, c’est pas le triage. 🚫 C’est une étape AVANT. Une étape où l’infirmière au guichet va probablement tenter de te dissuader tu suite de continuer le cheminement si t’en vaux pas la peine. Heureusement pour moi, elle me dit d’aller m’assoeir pis d’attendre que le triage m’appelle. ⌛ Ben franchement, je vois pas comment elle aurait pu me dire autre chose. On dirait que j’ai reçu des coups de pieds dans la face. 🥴 L’infirmière du triage B m’appelle à 15h30. En attendant, on a eu le temps de « faire connaissance » (sans leur parler) avec quelques patients de la salle qui se sont fait appeler à différents endroits depuis notre arrivée. On a Stéphane Paquette, Huguette Hénault, Antonio je sais pu qui, Diane Macabée, Hugo Girard (en miniature), Pauline Marois (en moins connue), Peter Parker (en civil) pis une haïtienne en tenue traditionnelle dont on a pas compris le nom mais qu’on a baptisée Jeanne-d’Arc, nom d’une autre patiente entendue dans les hauts-parleurs mais qui semble s’être volatilisée. Ouin, je sais, je devrais pas écrire des vrais noms sur mon blog mais bon, je pense pas être lue internationalement pis ces noms-là, y’ont été criés dans une salle pendant plusieurs heures. 🤷‍♀️

Toujours est-il que j’aboutis au triage à bout de force. Je raconte à l’infirmière ma mésaventure avec la clinique pour m’excuser de venir engorger les urgences. Elle me répond : « Ma pauvre madame, vous aviez pas le choix. Ce que vous faites, ça a toutes les apparences d’une cellulite pis à mon avis, vous êtes pas loin d’avoir besoin d’antibiotiques intraveineux ! » Elle me reship dans la salle d’attente en me disant que le temps d’attente est d’environ cinq heures mais que les deux que je viens de passer comptent. ⌛ Je suis encouragée. Encouragée mais de plus en plus souffrante. Mon ice-pack est chaud depuis longtemps pis je sens mon cas dégénérer d’heure en heure. Mon frère m’encourage pis me divertit. Je demande de la glace à la fille de l’évaluation brève pis je poursuis mon attente. Vers 16h45, on m’appelle à l’inscription. À ste guichet-là, y’a un gars qui me demande quelques informations personnelles comme ma compagnie d’assurances pis un contact d’urgence. Y me renvoit ensuite dans la salle d’attente en me disant qu’on va m’appeler à un autre poste bientôt. ⌛ Ça, mon frère pis moi on l’a déjà compris en voyant aller Stéphane, Diane, Peter, Hugo et cie.

Y doit ben être rendu 19h. quand on m’appelle à la réévaluation. Dans ste cubicule-là, je retombe sur la même infirmière du triage qui fait un chiffre double. Elle reprend mes signes vitaux pis me donne des Tylenols. Elle me dit que mon nom est pu ben loin pour enfin voir un médecin pis elle me reship dans la salle d’attente. ⌛ À partir de là, je perds un peu la notion du temps. Je me sens de plus en plus mal pis j’ai de la misère à me tenir la tête. Si je le pouvais, je me coucherais à terre. En plus, on voit que Stéphane, Diane, Peter, Hugo et cie, arrivés avant moi, sont toujours en attente. Jeanne-d’Arc par contre, on l’a vu partir pis repasser avec une jaquette d’hôpital. On sait pas ce qu’elle est devenue. Autour de 21h., on m’appelle enfin à la salle 3, salle où le médecin brille par son absence. Au moins, y’a un genre de civière. Je me couche dessus pis je m’endors illico. Mon frère, assis sur la chaise juste à côté s’endort aussi tellement l’attente est longue. ⌛ Vers 22h., je vois ENFIN la médecin qui diagnostique une cellulite pis déclare qu’elle me laissera pas sortir d’ici tant qu’elle verra pas d’amélioration. De toute façon, tel que prémédité par l’infirmière du triage, j’ai besoin d’antibios IV. Après avoir un peu gossé pour trouver une veine, on m’administre rapidement une dose de Cefazoline 2 g. Y’était temps ! Je me sens vraiment au bout de ma vie. 🤒

On m’installe par la suite sur une civière, dans un couloir à l’urgence. C’est pas le GROS luxe mais rendue là, je suis juste contente d’être prise en charge. En plus, toutes les personnes à qui j’ai eu affaire depuis mon arrivée ont été extrêmement gentilles. C’est toujours ben ça de pris. Mon frère a l’air découragé de m’abandonner ici sans effets personnels ni même un fil pour charger mon téléphone. Y veut faire un aller-retour chez nous pour chercher des affaires mais honnêtement, j’ai juste besoin d’être soignée, point final. Avant de partir, y part m’acheter un peu à manger. À cette heure-là, y reste juste les machines distributrices. Y revient avec un wrap poulet-pois chiches, des boules d’énergie, une petit paquet de fromage-raisins-craquelins pis un jus dorange. J’ai pas ben faim mais je veux récupérer un peu d’énergie. Une fois mon frère parti, je grignotte un peu assise sur ma civière. En tout cas, une maudite chance qu’il était là aujourd’hui lui. Je sais ben pas ce que j’aurais fait ! Moi je le dis souvent. J’ai pu de mère, pu de soeur mais j’ai le meilleur père pis le meilleur frère que j’aurais pu souhaiter. 😍 On peut pas être tout le temps badluckée…

Yé rendu pas mal tard quand on m’emmène passer un scan. Apparemment, y faut vérifier si j’ai pas des abcès où je sais pu quoi. Suite au scan on me dit que l’infection a atteint le cartilage de mon oreille mais pas mon oreille interne. 👂 Aussi, y’ont vu quelque chose de suspect sur une veine faque y faut que je repasse un autre scan demain pour s’assurer que c’est pas un caillot. Pour tu suite, je peux enfin aspirer à dormir un peu. On me donne du Tylenol (je fais de la fièvre), du Naproxen pis de la Morphine. Je dors somme toute pas trop mal tellement je suis épuisée, maganée pis assomée. Jeudi matin, j’ai l’impression d’être un peu moins souffrante (grâce à la Morphine) mais en réalité, mon état a continué d’empirer. Ma face est plus rouge pis chaude que jamais. C’est normal me dit-on, des antibios, même en IV, ça fait pas effet de même. Pas trop tard en matinée, je repasse au scan pis on m’envoie voir l’ORL qui demande qu’on me garde encore au moins vingt-quatre heures. Peu après, je rencontre l’infectilogue. Elle m’explique que toute l’infection est partie de mon oreille pis que la bactérie peut être rentrée par une coupure, égratignure ou même le trou de ma boucle d’oreille. 👂Elle me rajoute un autre antibiotique, Doxycycline, par la bouche pis on continue à m’administer Tylenol, Naproxen + Morphine. De mon côté, je dors en continu avec une débarbouillette d’eau froide sur le visage. Je peux affirmer sans mentir que j’ai jamais vécu pareille douleur ni pareil calvaire. Je souhaite pas ça, même à mon pire ennemi.

Fin d’aprem jeudi, on me transfère à l’étage, mais toujours sur une civière. Franchement, tant qu’à pas avoir de chambre, j’aurai préféré rester aux urgences. À l’étage, je suis pile devant le poste des infirmières avec un rideau qui ferme même pas au complet. Pour aller aux toilettes, je dois utiliser celle d’une chambre à cinq patients au bout de couloir. Les patients là-dedans sont maganés. Y font caca sur une chaise d’aisance pis ça dégeulasse toute la toilette. 🚽 Je prends la décision d’y aller le moins possible. Au moins, ici, j’ai gagné une petite table à côté de ma civière, table dont je finis par recevoir le coin dans le front par un brancardier qui manipule une autre civière de l’autre bord de mon rideau. Toujours très mal en point, je dors sans jamais m’arrêter. Dans mes rares moments d’éveil, j’envoie des nouvelles à mes fils pis à mon frère mais comme je vois rien d’un oeil pis que ma face est trop enflée pour porter mes lunettes, je vois rien de ce que j’écris ou de ce qu’on me dit. En plus, faute de fil pour charger mon téléphone, j’économise ma pile. J’entretiens le fol espoir de sortir demain mais ma face a pas l’air de vouloir faque y faut que je me garde de la batterie. Je passe la nuit à somnoler, souffrante pis vaguement nauséeuse, au son d’une patiente qui crie sans arrêt son désespoir pis des insultes aux infirmières. Y faut vraiment que je sorte demain…

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