Publié dans Badlucks

Home sweet home

Quand je me réveille vendredi, je file pas tant mieux mais selon l’infirmière, ma face est un peu moins pire. Bon, c’est vrai que ça commence à être un peu plus supportable mais c’est mon état général qui a l’air à se dégrader. Je suis fatiguée, j’ai pas d’énergie, je tiens pas trop assise, j’ai un bon mal de tête pis un vague mal de coeur. 🤢 Y faut dire qu’avec la madame qui criait pendant toute la nuit, c’était pas super reposant. À un certain moment, je l’ai entendu crier que son vagin était tombé à terre. Vous voyez le genre. En fait, comme de ma civière j’étais auditivement témoin de tout, j’ai compris qu’elle avait seulement réussi à enlever sa sonde par elle-même. J’entendais les infirmières, éberluées, se dire entre elles qu’elles n’avaient jamais vu ça. Parallèlement à ça, y’avait un gars qui criait à l’autre boute qu’il avait vraiment envie pis les infirmières qui y répondaient : « Vous avez une sonde monsieur, vous pouvez faire pipi ». Nuit extraordinaire. 👍

Bref au réveil je me force à manger deux toats ben frettes pis ben secs. J’ai pas ben faim mais y faut que je reprenne des forces. En plus, c’est préférable de prendre l’antibio que je reçois par la bouche avec quelque chose dans l’estomac. Peu après, l’infectiologue vient me voir. Première bonne nouvelle, j’ai pas de caillot au cerveau. 🚫 Deuxième bonne nouvelle, elle est prête à me laisser sortir si je me sens capable de m’injecter moi-même mes antibiotiques intraveineux à la maison. 🏆 Pas de problème madame, je vais faire tout ce que vous voulez. J’ai juste hâte de retrouver mes enfants, de dormir dans mon lit pis SURTOUT, de me laver. Ça fait depuis mardi soir que j’ai pas pris de douche pis que je suis dans les mêmes bobettes. 😬 Mais bon, c’est de même. Quand t’es à l’hôpital, t’es misérable. Imaginez si c’était le fun de séjourner là-dedans. Ça serait encore plus engorgé que ce qu’on connaît actuellement.

Toujours est-il que je file pas fort mais que je suis obligée de faire un premier tour en chaise roulante pour descendre à la médecine de jour recevoir un enseignement pour l’injection de ma médication. 💉 Heureusement, de par mon métier en pharmacie, je suis familière avec les seringues pis autres articles en tout genre. J’observe la démonstration de l’infirmière de mon seul oeil fonctionnel pis je reproduis sa méthode parfaitement. 💯 Hourra, bonne affaire de faite ! On me ramène à ma civière où je m’effondre, vraiment à boute. Ça fait pas deux minutes que je suis revenue qu’un autre préposé revient avec une chaise roulante. Ste coup-là, y faut que j’aille faire un tour en ORL parce que c’est eux-autres qui vont décider si j’ai le droit de sortir. Rendue là, j’essaie de faire « bonne figure », comme si c’était possible avec la face que j’ai. Apparemment, mes globules blancs ont pas vraiment baissé mais visuellement, y’a quelques signes de progrès. En plus, mon oreille est pu enflée pis j’entends à nouveau. 👂 On me donne le OK pour sortir. 🆗

De retour à l’étage, j’ai l’infirmière de liaison qui vient m’expliquer la suite des choses. Ignorant que je travaille en pharmacie, elle me parle, avec raison, comme à une novice. J’y coupe ça court en lui disant que pour mes antibios IV, elle a juste à contacter la Pharmacie Morin, que c’est à côté de chez nous pis qu’y font des préparations stériles. Arrive ensuite l’infirmière qui doit me faire des prélèvements sanguins. Pique dans le pli du coude droit une fois, pique dans la main droite une fois, deux fois, j’ai pas plus de veine que mercredi ou jeudi. ⛔ Elle m’envoie une autre infirmière qui réussit de justesse à me trouver une veine dans le bras gauche puis resurgit l’infirmière de liaison avec toutes sortes d’informations pis de papiers. Elle me dit que je vais recevoir des soins à domicile par le CLSC. L’affaire est ketchup. Reste juste à attendre mon antibio de 14h. pis je peux évacuer les lieux. Avec tout ça, y faut pas oublier que je suis toujours pognée à Laval pis que j’ai pas mon char. De toute façon, je pourrais jamais conduire atriquer de même. Heureusement, mon ex-mari est en congé aujourd’hui. Y s’en vient avec Morgan. 🚗

Juste avant qu’ils arrivent, je rassemble le peu d’énergie que j’ai pour m’habiller pis me brosser les dents dans la toilette douteuse. 👗 Je me force à les attendre assise parce que j’ai le souvenir que Morgan avait mal filé quand y’était venu me voir à l’hôpital suite à ma chirugie de la hanche. Y’avait juste dix ans à l’époque par contre. 14h15, y sont là. Je me sens vraiment faible pis nauséeuse mais je veux sortir. Je marche misérablement jusqu’à la sortie de l’hôpital pis je me garroche à terre, drette dans le gazon, en attendant que mon ex récupère son char dans le parking. Le retour se passe quand même mieux que prévu. Mon ex, qui pogne le rhume dès qu’y fait moins de 25 degrés, a mis l’air climatisé à la full pine dans le char parce que j’ai vraiment chaud. Avec le dossier du banc incliné pis ma débarbouillette dans la face, je subis le trajet sans trop de problèmes. Arrivée chez nous, je suis à bout de force. Je m’échoue toute habillée sul divan. Je me sens sale mais à cause du chat, y’a toujours une couverte dessus. J’aurai juste à en mettre une propre quand j’aurai eu le courage de me laver. 🤷‍♀️

Morgan part à l’épicerie acheter deux trois affaires à manger pis à la pharmacie pour chercher les antibios que je dois continuer par la bouche. À son retour, y m’aide à me saran wrapper le bras pour que je puisse au moins me prendre un bain sommaire. 🛀 Le lavage de cheveux, on oublie ça. 🚫 Je tiendrais pas deboute dans la douche pis je vois par comment faire ça sans risquer de mouiller mon cathéter, même sous le plastique. Au milieu de tout ça, je reçois un premier appel de la Pharmacie Morin pour vérifier certaines informations, trois appels du CLSC pis un deuxième appel de Morin pour me confirmer la livraison de mes seringues pour 18h. Conclusion des discussions avec le CLSC, non, j’aurai pas de services à domicile. 🚫 Y réservent ça pour les gens qui sont en transport adapté. Y faut que je me pointe là à 11h45 demain pour faire changer mon cathéter. En plus, comme le mien (Olivier Guimond) est fermé la fin de semaine, y faut que j’aille dans celui d’Hochelaga Maisonneuve, un peu plus loin. Je verrai demain comment je m’organise. Mon ex travaille pis y’a pas tant de monde à Montréal à qui j’ai envie de demander ste service-là. Les deux personnes que j’aurais habituellement sollicitées d’emblée sont mon amie Louise (paix à son âme, elle est morte vla un an et demi 😢) ou ma chum Sylvie qui en a plein les bras avec sa mère hospitalisée. 😢 Me reste mon William, sur la rive-sud, mais j’ai entendu dans le char que quasiment tous les accès entre les deux rives sont partiellement fermés en fin de semaine. Ça va être vraiment de la 💩.

Vendredi soir, je réussis à manger un peu avec les héritiers pis je passe la soirée à somnoler sul divan avec une débarbouillette froide sur la face. J’ai pas le choix de toffer jusqu’à 22h. pour m’injecter ma dose d’antibio. 💉 Au travers de ça, j’avale du Tylenol, du Naproxen, du Claritin pis mon antibio oral. Ma nuit est plutôt moyenne mais meilleure que la dernière avec les patients qui criaient. Fait insolite, y faut que je dorme SUR mon côté infecté parce que si je dors de l’autre bord, la gravité pourrait faire basculer l’inflammation. Comme je peux pas m’endurer sans la débarbouillette, y faut donc que je la dépose trempe sur mon oreiller pis que je me couche la face dessus. Fabuleux pour la literie. Samedi matin, y faut que me réveille à 5h30 pour sortir mon antibio du frigo une demi-heure avant l’injection de 6h. 💉 Une fois l’injection faite, je redors un peu mais je peux pas me lever tard parce que je dois prendre l’antibio par la bouche en déjeunant. Je réussis à sortir de mon lit à 9h. pis je me force à manger pous avaler ma médication. Je file encore mal mais je me sens ben mieux que la veille. Je m’emploie à me décoller l’oeil droit avec des compresses de glace. 👁️ Si j’arrive à l’ouvrir suffisamment, je vais pouvoir conduire les 5-6 km jusqu’au CLSC. Ste sortie-là me tente pas trop mais je réussis à m’y rendre par moi-même pis même à faire un parallèle dans Hochelag. 🏅

La visite au CLSC me remonte un peu le moral. L’infirmière est vraiment fine pis je me sens victorieuse d’avoir pu m’y rendre tu seul. Peinant à me trouver une veine qui a de l’allure, l’infirmière m’installe finalement un nouveau cathéter du côté droit pis me retire celui que j’avais à gauche. Le reste de ma journée se passe encore sul divan avec ma débarbouillette. Ma face chauffe, c’est l’enfer mais au moins, je suis chez nous pis je sais que je m’en vais probablement vers le mieux. Quand les gars arrivent de travailler, je réussis à préparer des clubs sandwichs avec une couple de crudités à côté pis une petite recette de pâtes avec le poulet restant pour leur lunch de demain. Renaud m’aide en accomplissant quelques corvées. 👍 En soirée, je remarque que ma face, bien que toujours extrêmement chaude, est quand même moins brûlante. ♨️ Ça m’encourage. Je passe une nuit similaire à la précédente mais obligée de dormir sul côté droit, c’est un peu moins pratique asteur que le cathéter est aussi de ste bord-là. Dans mon lit, je prends la décision d’aller me faire vacciner contre le ZONA dès le mois de septembre. Estie, je veux pu JAMAIS avoir mal à la face… ⛔

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