Publié dans Souvenirs

L’ombre d’une autre vie

C’était dans une autre vie. Une vie dans laquelle j’étais mariée pis maman à la maison, par choix. Eh oui, à l’époque, j’avais beau virer ça dans tous les sens, je pouvais pas me résigner à laisser mes trois enfants aux soins d’étrangers à temps plein. 😢 En plus, dans ste vie-là, les deux DEC pis le BAC que je détenais pas fièrement pantoute me servaient à rien faque aller travailler au salaire minimum pour payer trois garderies, faites le compte, ça aurait pas été rentable. En fait, ça m’aurait même coûté plus cher que de rester chez nous. 🤑 Dans ste vie-là, je me suis consacrée corps et âme à mes héritiers pis j’adorais ça. Je vous jure, y’a pas UN parc dans Montréal ou les alentours où on est pas allés. On a fait du camping, on a couru les glissades d’eau, les pataugeoires, les fêtes de quartier (même dans les autres quartiers), les manèges, les cabanes à sucre, les sorties aux pommes, les fêtes de pompiers, les cours de natation, les piscines bains libres, le judo, les expositions agricoles, l’heure du conte, les défilés de Noël pis de la Saint-Patrick, le bricolage dans les centres d’achats, les zoos pis les fermettes, les musées, les randonnées, pis j’en passe. On a colorié, regardé des films, chanté, fait de la peinture dans l’bain, de la pâte à modeler, des bulles, des casse-têtes, des LEGOS, des bonhommes de neige, des cabanes de couvertes, des pique-niques dans le salon, on s’est déguisés, name it. Y’a rien qu’on a pas fait. ❌ L’été, je rangeais même pas ma glacière. Le soir, je la lavais pis je la laissais sécher pour le lendemain où on repartait à l’aventure avec de la bouffe pour la journée pis trois vélos attachés au coffre de la Corolla. 🚲🚲🚲 Dans ste vie-là, j’ai p’tête pas travaillé mais j’ai certainement pas chômé.

Juillet 2003, William
Août 2003, William et Renaud
Décembre 2003, avec Morgan
Février 2004, William
Juillet 2004, William, Renaud, Morgan
Février 2005, avec Morgan
Juin 2005, Renaud et Morgan
Juillet 2005, Renaud
Septembre 2005, William
Juin 2006, Morgan
Juin 2006, avec Renaud
Mars 2007, William, Renaud, Morgan
Avril 2007, William, Renaud, Morgan
Février 2008, Morgan
Juillet 2009, William, Renaud, Morgan
Juillet 2010, avec Renaud

Dans ste vie-là, j’avais plusieurs amies, rencontrées par le biais de la halte-garderie où j’emmenais les héritiers jouer avec d’autres enfants deux ou trois fois par semaine. Avec ces filles-là, on prenait un café dans une pièce adjacente pendant que nos marmots s’amusaient un petit trois heures. ☕ Des fois, on se donnait rendez-vous dans des parcs pour jaser un peu pendant que les enfants couraillaient dans les modules ou dans le sable. Pis un jour, la vie étant ce qu’elle est, les enfants ont grandi pis on s’est un peu perdues de vue. Les trois filles dont j’étais plus proche c’était Louise, Marie-Josée pis Julie. Louise, j’en ai déjà parlé. Je l’avais connue au parc à côté de chez nous pis c’est elle qui m’avait fait connaître la halte-garderie pis toutes les autres filles. Elle, je l’ai jamais perdue de vue. Au fil des ans, on a déménagé chacun notre tour mais on est toujours restées à distance de marche l’une de l’autre. 🚶‍♀️🚶‍♀️ Avec Louise, même après l’époque garderie, on se donnait rendez-vous pour aller marcher ou ben l’une passait faire un coucou chez l’autre. Louise est morte subitement, vla quasiment deux ans. Fidèle à la tradition, elle est toujours à distance de marche de chez moi, dans le cimetière où je passe la visiter très souvent. Je m’ennuie d’elle pis de ses bonnes bettraves. 😢

Avril 2016, Louise

Marie-Josée, elle, a déménagé à Mercier quelque part dans les années 2000 mais on est restées amies. On se voit pas souvent, on se parle pas souvent, mais c’est mon amie pareil. Marie-Josée, c’était pis c’est toujours une fille plein de bon sens. Avant qu’elle s’exile dans son coin perdu, on se voyait beaucoup. Nos aînés avaient le même âge pis on étaient tombées enceintes en même temps de notre deuxième enfant qu’on avait eu à neuf jours d’intervalle. 🤰🤰 Je me rappelle encore de sa visite à l’hôpital, avec sa grosse bédaine, quand j’ai accouché de Renaud. Elle était venue me voir avec un toutou que j’ai toujours gardé. 🥰 Julie, finalement, ma Julie, c’est mon amie indéfectible. L’amie dont je me suis jamais éloignée. L’amie avec laquelle j’ai traversé vents et marées. L’amie, que j’aime comme une soeur. 👩‍❤️‍👩 L’amie avec laquelle je vais marcher, magasiner, manger au resto ou qui passe chez nous après la job pour manger de la pizza congelée, boire du vin pis jaser pendant des heures. 🍕🍷 L’amie que je vois jamais assez souvent mais que j’oublie pas pour autant. Julie, c’est Julie. ❤️

Août 2021, avec Marie-Josée
Juin 2024, avec Julie

Dans cette autre vie-là, y’avait aussi Agnès avec Alain, son mari, pis leurs trois enfants de l’âge des miens. Agnès, je l’avais rencontrée dans le même parc que Louise, le parc qui après de multiples déménagements de ma part est aujourd’hui pile devant chez nous, de l’autre côté de la rue. Quand je les ai rencontrés, en 2000, Alain pis Agnès étaient (pis sont toujours) écrivains. 📚 Ça, c’était le fun pour moi parce qu’Agnès pouvait gérer son horaire comme bon lui semblait pis était toujours disponible pour faire des activités avec notre gang de marmots. Agnès, je la voyais souvent. Je compte plus les fois où je suis venue prendre un café chez elle pendant que tous nos enfants jouaient pis que son mari essayait d’écrire. ☕ Je compte plus, non plus, toutes les sorties au parc pis les fêtes d’amis auxquelles on s’invitait mutuellement. 🎂 Y faut dire qu’avec six enfants à nous deux, les anniversaires revenaient souvent. Agnès, c’était l’amie d’un positivisme pis d’une bonne humeur inébranlable. L’amie au rire contagieux. L’amie qui semait la joie de vivre autour d’elle pis dans ma vie. Dans mon autre vie. 🤔

Agnès est restée mon amie, oui, mais en même temps, elle fait surtout partie de cette autre vie. Pourquoi ? Parce que ma nouvelle vie a commencé quand j’ai divorcé, que j’ai déménagé pis que je suis retournée aux études, tout ça, au moment même où Agnès pis sa ribambelle ont quitté le Québec pour repartir en France. ✈️ En fait, notre move était tellement timé qu’en quittant l’appartement de mon ancienne vie, j’ai emménagé directement dans celui d’Agnès. L’apparement où je vis encore aujourd’hui. L’appartement situé drette devant le parc. 🖼️ Le fameux parc. Le parc que je traverse encore souvent à pied aujourd’hui. Le parc où je me revois assise sur un banc avec Agnès, Louise, Julie pis p’tête même Marie-Josée. Le parc de tant de souvenirs… Le départ d’Agnès, c’était il y a précisément 14 ans 6 mois et 1 jour.

14 ans 6 mois et 1 jour sans se voir mais à rester en contact par des petits mots dans Messenger, des « J’aime » cliqués ici et là sur des publications, des « Joyeux anniversaire » lancés dans un sens ou dans l’autre…

14 ans 6 mois et 1 jour, c’est le temps que ça m’aura pris pour revoir Agnès. Ce soir, après toutes ces années, j’ai retrouvé mon amie pis son mari à l’Aéroport Montréal-Trudeau, comme si c’était hier. Avec quelques rides en plus de part et d’autre, comme l’a si bien dit Agnès, mais pour le reste, mon amie, mes amis, sont restés identiques au souvenir que j’avais gardé d’eux : souriants, bienveillants, simples, authentiques. 😍 Comme dans cette autre vie.

En attente à l’aéroport

Une autre vie. L’ombre d’une autre vie… Le titre de ce billet est pas anodin. C’est celui d’un des excellents romans d’Agnès. Car oui, ma belle amie écrit toujours pis son mari aussi. À eux deux, ils ont plusieurs romans et livres jeunesse à leur actif. 📚 Si le coeur vous en dit, passez les voir au Salon du livre de Montréal. Je peux vous garantir que vous ferez une superbe rencontre avec deux humains comme j’en ai peu rencontrés dans ma vie. Dans mes deux vies. 🤩

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