Bon ben c’est aujourd’hui que ça se passe. L’activité annuelle décrétée obligatoire par moi-même en 2020. J’ai nommé (roulement de tambour 🥁) l’expédition au Rapide-Blanc. Bon, je vous ferai pas toute l’histoire du village pis du barrage. Ceux qui me suivent depuis le début l’ont lue plusieurs fois. 🤣 Pour les nouveaux, disons seulement que pendant genre trente ans, mon père avait accès à une belle maison où on pouvait aller passer des vacances dans feu le village de Rapide-Blanc sauf qu’on a perdu cet accès-là (momentanément, on l’espère), après les vacances de 2020. Incapables de faire notre deuil pis toujours à la recherche de prétextes pour rouler en char, j’ai soumis l’idée qu’on continue d’aller au village pareil une fois par année. Jusque là, on s’y est tenus. On y est allés en 2021, 2022, 2023 pis 2024. Aujourd’hui donc, c’est le jour J. Aller au Rapide Blanc, à partir de chez nous, ça représente 350 km, si on fait aucun détour. L’affaire, c’est que nous-autres, les détours, c’est notre marque de commerce. 😁 Y’a pas un cul-de-sac, un chemin suspect, un bord de l’eau ou un terrain de camping dans lequel on roule pas. Inutile de dire que les kilomètres se multiplient assez vite merci. Pis évidemment, moi je pars de plus loin faque je roule toujours plus que tout le monde.
Aujourd’hui, pour les besoins de la cause, je pars de bon matin pour rejoindre mon frère pis ma belle-soeur Evelyne, au Ministère des Transports, sul bord de la 40, à Trois-Rivières. Le Ministère, c’est notre point de rencontre pour toutes nos activités. Heureusement que mon frère travaille là parce que sinon, je sais ben pas où on se rejoindrait pis qu’on laisserait tous nos chars quand on fait de quoi tout le monde ensemble. Toujours est-il que le rendez-vous avec mon frère est fixé à 9h45 faque à 8h15, je m’installe au volant de mon bolide avec un café. ☕ Y fait beau pis ça roule bien. 🚙 J’écoute de la musique en absorbant ma caféine. JOIE ! 😍 Moi j’aime ça partir « à l’aventure » dans mon char. J’aime ça aussi faire des activités avec ma famille. Pis faire la même activité chaque année, c’est loin de me déranger. Au contraire. J’ai déjà hâte de rouler dans tous ces paysages familiers, de sentir l’odeur des pâtes et papiers à La Tuque, de passer sul barrage de La Trenche pis d’aller virailler autour de la maison. Ah pis évidemment, je vais laisser quelques cailloux en chemin. 😀
Ponctuelle de nature, je me pointe avec trois petites minutes de retard dans le parking du Ministère, pratiquement en même temps que mon frère pis Evelyne. 👫 Sans perdre de temps, on transfère mes bagages dans le char de mon frère pis on part vers Shawinigan pour récupérer le patriache. J’aime ça aller à Shawi. C’est ma ville, même si ça fait 31 ans que je vis à Montréal. Ici, j’ai tous mes souvenirs d’enfance pis encore quelques membres de ma famille + deux-trois amies. Y’a ma mère aussi, enterrée dans le fond du cimetière depuis plusieurs décennies. Kin, ça me fait penser que mon frère pis moi on avait le projet d’aller nettoyer sa pierre tombale. 🪦 On a remarqué la dernière fois qu’elle commençait à subir le poids des années. Va falloir qu’on mettre ça au programme de nos fabuleuses activités. Pendant que j’y pense, saviez-vous ça vous autres que Shawinigan a été bâtie sul même modèle que New York ? 🗽 Oui oui, c’est pas une joke. Tout comme New York, la ville comporte des artères numérotées (rues pis avenues) avec une légèrement moins célèbre rue Broadway. Fait intéressant aussi, le parc St-Maurice a été conçu par la même firme qui a conçu Central Park. Ça doit être pour ça que je me suis sentie chez nous à New York. En tout cas, Shawinigan, c’est pas dla marde. 💩 Fin de la capsule éducative. 🔚
Comme d’habitude, à notre arrivée à la Résidence Chartwell, mon père nous attend, fin prêt, deboute dans le portique.🧍♂️Ouin, la place a changé d’administration pis de nom. Avant, ça s’appelait le Château Bellevue. Asteur, la vue est belle pareil mais c’est rendu une Résidence Chartwell. Ça a pas l’air de changer grand chose de plus à ce qui se passe en dedans. 🤷♀️ Pour notre super périple, on prend la Subaru de mon père faque on déplace tous les bagages dedans avant de se mettre en route. Pour aller au Rapide-Blanc, y faut d’abord se rendre à La Tuque pis de là, bifurquer sur des petites routes isolées mais super ben entretenues. Accessoirement, y faut aussi passer sur le barrage de La Trenche. Mais avant tout ça, qui dit La Tuque dit pause dîner + pipi. Pipi surtout parce qu’après, on est habituellement une couple d’heures sans revoir de toilettes. 🚽 Les options pour dîner à La Tuque diminuent d’année en année. Aujourd’hui, on opte pour Le Boke, petit resto sympathique qui est presque toujours fermé. La dernière fois qu’on l’a vu ouvert pis qu’on a mangé dedans, c’était en 2020 pis c’était ben bon. Ce midi toutefois, l’expérience se révèle plutôt décevante. Le menu est pas tant élaboré pis relativement cher pour un dîner sul fly. Mon père choisit un fish & chips, pis les trois autres, on se commande un hamburger au poulet correct mais sans plus. On quitte le resto dès qu’on a fini de manger parce qu’on a plusieurs activités au menu du jour. Plus que sur celui du Boke d’ailleurs. 🤪
À partir de La Tuque, y faut bifurquer sur la route de La Croche pour atteindre le petit village de Rapide Blanc. Le rituel quand on roule sur ste route-là, c’est de toujours dire les mêmes affaires pis de se raconter toujours les mêmes souvenirs survenus les années d’avant : « Eille vous rappelez-vous du petit cerf qui était mort sul bord du chemin icitt ? », « Ouin, je me demande qui vit dans des maisons aussi éloignées de toute », « Kin ici avant c’était un spot à barbottes », « Ah ben kin, c’est ici qu’on avait déjà pogné une tempête de sable avec Réjean. » Que voulez-vous, c’est ça qui arrive quand tu passes toujours à la même place. 🤷♀️ La bonne nouvelle, c’est que d’année en année, on a des anecdotes qui se rajoutent. Ou ben on découvre des nouveaux spots. Cette année, on a hâte d’arriver au barrage de La Trenche parce qu’apparemment, y’a des travaux à la centrale pis on est curieux de voir de quoi ça a l’air. En arrivant sur les lieux, on constate quelques nouveaux aménagements auxquels un néophyte porterait pas attention. On descend en vitesse sul barrage pour prendre notre selfie annuel parce que parmi les nouveautés, il est indiqué qu’on a pu le droit de s’immobliliser dessus. Depuis deux ou trois ans, mon père débarque pu pour le selfie. On se pose en vitesse pis on repart direction Rapide-Blanc.


À partir du barrage, y’a juste une trentaine de kilomètres pour se rendre au village. En temps normal, y’a quand même de l’action sur ste chemin-là. On croise des campeurs qui s’en vont s’installer illégalement sur des spots au bord de l’eau, des motos, pis des quatre roues. Aujourd’hui, la route est vraiment tranquille. Ça doit être parce qu’on est vendredi. En arrivant au Rapide-Blanc, on commence toujours par aller voir le barrage d’en bas. Cette année, y’a une pelle ouverte. Ça c’est assez rare. La dernière fois que j’ai vu les pelles de ste barrage-là ouvertes, c’était en 2001. On avait failli passer dedans en faisant de la chaloupe en haut du barrage. 🛶 Un autre souvenir qu’on se raconte inlassablement à chaque visite ici. 😂 Vla deux ans dans le village, on a observé un phénomène étrange. Dans un petit chemin, sur une courte distance, l’heure dans la Subaru avait avancé de quatre heures d’une shot. L’an passé, on était venus dans un char loué parce qu’on avait visité des centaines de kilomètres de routes forestières en garnotte. Dans ste char-là, y s’était rien passé de suspect. Aujourd’hui évidemment on reteste la patente. On tourne dans le petit chemin, quasiment une trail de quatre roues, pis BANG, on passe de 14h41 à 18h41. ❓❓❓


Dans la trail, y’a un genre de campeur illégal épeurant installé là avec sa tente pis une chaise. ⛺ Mon frère lance à la blague qu’à cause de l’heure avancée, y vient de finir de souper pis qu’y se prépare à se coucher. On rit. Ça nous prend pas grand chose. Fallait être sur place pour la trouver drôle. 🤣 En repartant un peu plus loin, on repasse à l’heure normale. Mystère. 👀 La visite du Rapide Blanc comporte toujours un petit tour en haut du barrage pis une virée autour des cinq-six maisons encore existantes. Cette année, le site est vraiment tranquille. Pas de travailleurs, pas de « touristes ». On est tout fin seul. À la maison, rien à signaler. On reprend la route dans le sens inverse pour aller prendre notre douche annuelle dans la petite cascade frette, un peu plus loin, en direction de La Trenche. Sul chemin, on décide d’aller enquêter sur la provenance de st’eau-là dans laquelle on se lave depuis des années. On découvre une petite crique agrémentée d’un barrage de castors. 🦫 Plus loin, sur un chemin jamais emprunté, on aboutit dans une grosse carrière de montagnes de sable. À partir de maintenant, ça va nous faire une nouvelle attraction à venir surveiller.


La cascade qui sert de douche a jadis été aménagée par des campeurs. Avant, c’était quand même hot comme set up mais là, ça part tranquillement à la dérive parce que personne entretient ça. 😢 La tradition en passant ici, c’est de se laver dans la chute même si on est pas sales. Cette année, y’a BEAUCOUP de courant. En même pas dix secondes, la bouteille de gel douche de mon frère est emportée par le débit extraordinaire de l’eau. Une bouteille de AXE trois dans un flambant neuve. Achetée en spécial. Mon frère est déçu. 😒 Comme mon père dit, on va mettre ça dans les pertes associées au voyage. Une autre perte à déclarée, c’est une grosse bouteille de bain moussant cheap achetée chez Jean Coutu, juste pour voir ce que ça ferait de la vider dans la cascade. Sans grande surprise, ça fait de la mousse pis ça sent l’algue marine à plein nez. 🤣 Ça attire les maringouins aussi. Beaucoup de maringouins. 🦟🦟🦟 Se laver dans la douche aujourd’hui, avec toutes ces bébittes-là pis ste courant-là, c’est assez périlleux. On accomplit toutefois la tâche avec brio avant de se rhabiller pis de repartir dans la Subaru vers La Tuque.


Certaines années, rendu à cette étape-là de l’expédition, on rebroussait chemin directement vers Shawi. Depuis deux ans toutefois, on fait des variantes. 😁 Aujourd’hui le projet, c’est de continuer jusqu’à Roberval. Ça, c’est à environ 150 km d’ici. De la petite bière pour les Desaulniers mais un pichet pour Evelyne qui se prête à nos expéditions avec bonne volonté. Moi je suis allée au Lac St-Jean vla deux ans pis mon frère est allé une ou deux fois. Mon père lui, ça fait ben longtemps qu’il est pas passé par là pis Evelyne y a jamais mis les pieds. C’est l’occasion de découvrir des nouveaux horizons. Pis 150 km, c’est rien. Sauf que… Y nous reste un petit détour à faire avant ça parce que mon père pis mon frère veulent aller au Lac Édouard. Si vous êtes jamais passés là, ça vaut le détour. De 60 km. 😁 La route pour se rendre là représente 30 km de côtes incessantes pis super rapprochées, comme dans des montagnes russes. 🎢 Tu montes, tu montes, tu montes pis oups, tu redescends un peu. Pis tu remontes, tu remontes, tu remontes pis oups tu redescends. Du plaisir à l’état pur pour les oreilles.
Le lac Édouard, c’est évidemment un lac mais aussi un village. À voir là-bas, le lac bien entendu mais également une autre attraction. Le lac, pour commencer, est complètement magnifique aujourd’hui avec le beau soleil qui brille. En descendant du char pour prendre quelques photos, je suis frappée non seulement par la beauté des lieux mais encore plus par sa quiétude. Ici, aucun bruit à part celui des oiseaux qui gazouillent ou des feuillages qui bougent avec le vent. 🦜 De quoi venir à boute de la personne la plus stressée sur terre. Le second point d’intérêt à voir ici, c’est l’ancien sanatorium de tuberculeux, érigé à l’extrémité du village. De ste bâtiment-là, construit au début des années 1900, ne reste plus qu’une vieille bâtisse désaffectée, à la fois intrigante pis mystérieuse. Reste probablement aussi des dizaines de cadavres enterrés avec les moyens du bord. Pour vrai, ça l’air bizarre comme visite mais c’est « le fun » de voir ça. Nous autres, on trouve ça le fun en tout cas. 😁 Reste maintenant à défaire les 30 km de montagnes russes pour reprendre la route vers le Lac-St-Jean.



Le dernier boute de route de la journée est long pis relativement plate. À cette heure-là, on a pas mal de kilomètres derrière la cravate pis on commence à avoir faim. À admirer pendant cette dernière grosse heure de route, des arbres, des arbres, des arbres, pis des sapins. 🌳🌳🌳🌲 À mon avis, Evelyne doit pas être loin de penser qu’elle s’en est fait passer un en acceptant ce « petit » road trip. En arrivant finalement à Roberval, on se garroche au Normandin pour manger au plus sacrant. Y commence à être tard pis on aimerait bien avoir le temps d’aller voir le bord de l’eau avec un minimum de lumière. Le repas au Normandin satisfait tout le monde. On se dirige après à la petite marina juste à côté. ⛵⛵⛵ En 2023, j’étais venue marcher ici. Le quai est super le fun pis les aménagements autours sont vraiment jolis. Je sais d’avance que ça va plaire à mon père pis aux deux autres routards. À l’heure qu’il est, la lumière est juste parfaite pour profiter des lieux. On marche trois quart d’heures pis on prend des photos. Le temps est absolument idéal pour ça.



Yé quand même assez tard quand on arrive finalement à l’hôtel. On est unaniment fatigués pis écoeurés. 😴 On a hâte de rejoindre nos chambres pis de se reposer un peu. Ce soir, on loge au Travelodge. Cet hôtel-là, c’était pas notre plan A, ni même le plan B, C ou D. Déjà, notre road trip était initialement prévu la semaine passée pis on aurait dû dormir à La Baie, dans une belle auberge. Ayant annulé en raison d’un imprévu imprévisible pas prévu pantoute, on a eu de la misère à retrouver trois chambres quelque part dans un même établissement. On s’est donc rabattu sur le Travelodge, conscient que ça serait probablement correct mais sans plus. À l’hôtel, on nous assigne nos chambres : deux au premier étage pour mon père pis le petit couple pis une au deuxième pour moi. En allant s’assurer que tout est adéquat pour mon père, on constate que sa lumière de salle de bain semble brûlée. 💡 J’avertis le jeune homme à la réception qui paraît plutôt perplexe. Y sait pas trop s’il a ce qu’y faut pour changer ça. Pendant que je vais repérer ma chambre à l’étage supérieur, le gars se pointe dans celle de mon père. Sachant pas comment enlever le plafonnier, y tire d’une shot sur l’installation plutôt que de simplement dévisser la petite bébelle. En résulte un arrachage partiel de la lumière avec les fils qui pendent au plafond. La chambre est désormais inutilisable pour cause de sécurité. Mon père est relogé dans une suite qui ressemble pas à une suite pantoute, au troisième étage. Nous vla donc sur trois étages différents, les uns au-dessus des autres. J’avais demandé des chambres adjacentes. Dans ma tête, c’était à l’horizontal, pas à la verticale. 🤔
Les chambres ici sont d’une propreté correcte mais vieillottes, autant au point de vue de la déco que des équipements. Mon père pis moi, on a du tapis dans nos chambres pis des gros bains tourbillon en coin des années ’80. Pas ben pratique pour une personne âgée espérant prendre une douche. 🚑 En plus, mon étage est envahi par les jeunes d’une équipe de hockey des Premières Nations. Y sont on ne peut plus bruyants. Je m’endors quand même assez vite en croisant les doigts pour que mon père passe une bonne nuit. Aujourd’hui, j’ai roulé 650 km pis descendu du char 42 fois. C’est quasiment une bonne chose qu’on ait pas dormi à La Baie. On aurait fait 100 km de plus. Dans ma chambre un peu lette, je m’endors sur ste réflexion-là. 🛌
