Troisième jour de mes péripéties. Faque oui, on a finalement décollé pis j’ai dormi/somnolé pratiquement tout le long. Un peu après le décollage, j’ai vaguement eu connaissance qu’un repas a été servi mais moi je voulais pu rien savoir de rien, ni personne. 🙅♀️ J’étais en économie d’énergie. Quand je me réveille ce « matin », yé 6h. pour moi mais 12h. à l’heure européenne. Dans l’avion, on nous sert un petit déjeuner une heure avant d’atterrir. Au menu, un petit yogourt à la vanille avec un genre de pain citron–canneberges pis un jus d’orange. J’aurais désespérément besoin de caféine mais j’ai peur que ça me donne mal au coeur dans l’avion. Faut dire que même si j’ai relativement bien dormi, je me sens complètement épuisée par tout le couraillage des quarante dernières heures. 🥵 À 13h30, on touche enfin le sol de Rome. Les gens applaudissent pis sifflent abondamment. Ste pratique-là m’a toujours laissée dubitative. 🤔 Me semble que quand on applaudit, c’est pour souligner quelque chose d’un peu exceptionnel. Faque ça, ça veut dire que tout ste monde-là sont impressionnés qu’on ait atterri. 🤣 Pour ma part, c’est pas mal l’issue à laquelle je m’attends quand je prends un avion. 🤷♀️ Bref, le débarquement est long mais je finis par m’extirper de l’engin. Estie, je peux pas le croire. J’ai peur de découvrir, en rentrant dans l’aéroport, que je suis encore à Pearson. 🫣
À ma grande joie heureusement, je suis bel et bien à l’aeroporto Leonardo da Vinci. My god, j’ai de la misère à réaliser que je suis enfin en Italie. 😮 Mais bon, pour l’instant, j’ai pas le temps de me pâmer là-dessus. J’ai un groupe à rejoindre pis yé à quasiment 300 km d’ici. Dire que si tout s’était passé comme prévu, un chauffeur m’aurait attendu ici, bras ouverts ! Mais non, mon périple est pas fini. Y faut que je me rende par moi-même à Florence. Pour tu suite, je passe les douanes pis je me mets en quête de récupérer ma valise. 🧳 Ceux qui voyagent savent à quel point c’est long. Ça c’est une autre affaire que j’ai jamais comprise. Sul carrousel, y’a une valise qui apparaît aux dix minutes. 🤦♀️ Me semble que quand tu vides un avion, tu dois tout mettre sur un chariot pis garrocher ça après sul carrousel une valise après l’autre ? Pourquoi ça prend autant de temps entre chacune ? Mystère. 🤔 En passant, je profite de la formidable occasion qui m’est offerte ici pour porter à votre attention que le mot « carrousel », ça se dit carrouZel et non carrouSSel. Pas besoin de me remercier.
15h30, je récupére enfin ma valise, à mon immense soulagement. Reste à me débrouiller pour trouver le train. Pour me rendre à Florence, y faut que j’en prenne DEUX. Le premier, le Leonardo express va m’emmener à la gare Roma Termini d’où je vais pouvoir prendre le deuxième. Les indications pour trouver mon premier train sont relativement faciles à suivre mais impliquent encore BEAUCOUP de marche au travers de l’aéroport. Le dernier segment est composé de genre de passerelles vitrées non climatisées. Y doit faire 35º là-dedans. 🌞 J’y marche avec tous mes bagages pis l’énergie du désespoir. 15h45, j’achète mon billet pis je monte drette dans le train qui est déjà en gare. 🚊 Le trajet dure précisément trente-deux minutes. Ste train-là, c’est un peu comme quand tu prends le métro ou le tramway. T’as pas de place attribuée. Évidemment, yé plein faque je fais le trajet deboute. 🧍♀️ Deboute pis à boute. 16h20, j’arrive à la gare. Une gare ben plus grosse que ce à quoi je m’attendais. Ici, y’a beaucoup de brouhaha. Je sais que j’ai plusieurs options pour aller à Florence. Moi je veux la plus rapide, peu importe le prix. Je me garroche sur une employée qui se tient pas trop loin d’un guichet self service pis j’y demande si elle peut m’aider à acheter un billet pour Florence en lui précisant que i want the fastest option.
La fille est super fine. La personne la plus fine à qui j’ai eu affaire depuis le début de mon cauchemar. 😍 Elle me fait acheter un billet à 50€ pour un train qui part dans vingt minutes. Elle me donne quelques explications que je peine à comprendre non pas à cause de la langue mais plutôt du bruit. Je comprends pas trop où prendre mon train mais je catche que la première étape est de scanner mon billet pour passer du bord des quais. Après ça par contre, je sais pas où aller. Y’a plusieurs quais, nommés plateformes, pis la fille m’a dit platform one to twelve. Quessé que ça veut dire ça ? Y’a toujours ben pas douze trains qui vont arriver en même temps pis partir pour Florence ? Où c’est qu’y faut que j’aille ? J’apostrophe un autre employé qui lui, parle juste en italien. Merci Duolingo. Je réussis à comprendre que la plateforme va s’afficher sul tableau numérique quand mon train va rentrer en gare pis que ça va être entre la une pis la douze. 🚊 Une couple de minutes plus tard le numéro 8 apparaît. Je marche jusqu’à mon quai pis je repère la carrozza 6. Je monte dans le wagon avec mon stock. Je suis au siège 72, côté fenêtre. J’en ai pour une heure et demie de trajet.
Le train est confo pis roule à grande vitesse. 250 km/h. Y fait beau dehors. 🌞 Je suis quasiment sereine. J’ai jamais été aussi proche de rejoindre mon groupe. Groupe que j’ai pas tant envie de voir cela dit. Moi ce que je voulais surtout, c’était un guide, pas des amis. Comme le dit Coeur de Pirate dans sa chanson « Non, c’est gentil, ça va comme ça, des amis j’en ai plein déjà. » 🎶🎶🎶 Là, j’ai juste un petit problème. C’est que je m’endors solidement mais y faut que je reste réveillée pour pas rater mon arrêt. Si je passe tout drette, je vais me ramasser à Milan, 300 km plus loin. Inutile de préciser que je file pas pour ça pantoute. 🤦♀️ Pour optimiser mes chances de débarquer à bon port, je programme une alarme sur mon téléphone dix minutes avant l’heure d’arrivée pis je me concentre sur le paysage. À la vitesse qu’on roule, j’aperçois de la verdure pis des petits villages typiques un peu comme en France. C’est quand même joli. 18h15, je débarque enfin à la gare Santa Maria Novella, à Florence. Ici, y fait terriblement chaud pis je porte toujours mes vêtements longs prévus pour l’avion + tous mes bagages. Là, yé temps que j’arrive à l’hôtel. En sortant dehors, je comprends qu’y faut faire la file si on veut prendre un taxi. 🚕 Je monte dans le premier disponible. Mon calvaire achève. J’espère.

Quinze minutes pis 20€ plus tard, me vla enfin à destination. Yé rendu 19h. donc 13h. au Québec. Ça fait pile quarante-huit heures que je suis partie de chez nous. Je suis épuisée. 🥵 Dans les consignes reçues avant mon voyage, il était demandé d’installer l’application Whatsapp pis de mettre les numéros d’urgence de l’agence dans nos contatcs. C’est comme ça que j’ai pu les prévenir de mes problèmes pis recevoir des instructions. Aujourd’hui, Lucy, ma guide principale, m’a également informée que le groupe arriverait à l’hôtel pour souper à 19h30 faque j’ai juste le temps de faire mon check in pis de prendre une douche en vitesse. 🚿 Dans l’ascenseur menant à ma chambre, je croise deux gars québécois pis je leur demande si y sont dans mon groupe. Les gars sont ben fins mais y me répondent : « Ah c’est vous la madame qui s’est perdue ? » Eille tabarnac, je me suis pas perdue ciboire de maudit, je me suis trouvée plus que tout vous autres réunis estie ! 😁 Bref, je leur en tiens pas rigueur. J’ai dépassé ce stade. En arrivant à ma chambre, la #513, je découvre une petite chambre hyper propre pis confortable. Peut-être qu’à partir de tu suite, je vais être plus chanceuse. Je me prends une douche pis je pars rejoindre le groupe dans la salle à manger. C’est là que je rencontre Lucy, qui m’apparaît tout de suite bien sympathique. Elle m’indique une place restante à une table où deux autres voyageuses sont déjà assises.

Les deux voyageuses, c’est Thérèse, une grand-mère Innue de Sept-îles pis sa petite-fille Kali-Ann à qui elle paie un voyage pour fêter la fin de ses études secondaires. 👭 Les deux sont ben fines. On jase un peu mais y’a énormément de bruit dans la salle. Y faut pas oublier que les membres de mon groupe viennent de passer deux belles journées pis sont en ben meilleure forme que moi. Moi, je suis fatiguée pis j’ai faim. J’ai rien mangé depuis le yogourt dans l’avion ce matin. 🙁 Ça tombe bien, le repas nous est rapidement servi. Il s’avère décevant par contre. En entrée, on a une petite assiette de charcuterie avec un croûton nappé de foie. 🤮 Bon, les charcuteries, je trippe pas mais ça peut passer. Le foie par contre, quelle idée ? Me semble que c’est pas la majorité du monde qui aime ça. 🤔 Le repas principal est pas yable mieux. Au menu, trois petites tranches de filet de porc avec une couple de morceaux de patates. Eille quessé ça ? Moi je m’attendais à des pâtes ou à de la pizza ? Je me console avec deux verres de vin pis le dessert genre tiramisu. Après ça, je fausse compagnie à mes deux accolytes pis je repars à ma chambre. Pour l’instant, on peut pu m’en demander plus. 🙅♀️
Faque me vla finalement en Italie. Bilan de mes mésaventures : beaucoup de stress pis de fatigue, des frais supplémentaires, un après-midi + une nuit manqués à Rome pis toute une journée de visites ratées aujourd’hui à Sienne pis Assise. 😢 Quand j’aurai le temps, je verrai si Air Transat peut me dédommager un minimum pour ça. D’ici là, je vais tenter d’oublier ste cauchemar-là pis focaliser sur les belles journées qui restent. Dire que ma pire crainte c’était que mon vol parte en retard de Montréal ! Finalement, c’est la seule affaire qui s’est bien passée. 🤣🤣🤣 De ma petite chambre de l’hôtel Raffaello, je vous souhaite Buona notte ! 😴
