Bon, j’ai mieux dormi que je pensais dans ma chambre de l’Auberge Micho. đ En fait, j’avais pas grands griefs contre ste chambre-lĂ sauf que j’aurais prĂ©fĂ©rĂ© ĂȘtre dans une cabine plus proche de l’eau. Mais bon, de l’eau, j’en ai vu en masse pis le soir, par ici, y fait trop frette Ă mon goĂ»t faque…. Bref, mon seul dĂ©sagrĂ©ment, si je peux dire, c’est qu’avant de me coucher hier soir, y’a fallu que je chasse deux mouches qui s’Ă©taient infiltrĂ©es dans ma chambre par une dĂ©chirure dans le moustiquaire. đȘ°đȘ° Mais bon, y faut croire que les mouches sont pas ben vigoureuses par ici parce que ni l’une ni l’autre n’a protestĂ© quand j’ai abattu la boĂźte de Kleenex dessus. C’est mon Charlot qui aurait Ă©tĂ© fier de moi. đș Parce que l’autre jour, chez nous, j’ai passĂ© une soirĂ©e entiĂšre Ă traquer une estie de mouche avec une revue. đȘ° Pas moyen de la pogner la mausus. MĂȘme enfermĂ©e tu seule avec dans la salle de bain, y’avait rien Ă faire. Finalement, c’est Charlot qui a rĂ©glĂ© le problĂšme. Devant ma piĂštre performance, y m’a regardĂ© avec dedain, y’a levĂ© ses 25 livres du plancher, y’a attendu que la mouche passe pis y l’a snappĂ©e direct entre ses deux pattes. đŒ Pas plus compliquĂ© que ça. đ
Mon Charlot d’ailleurs, je suis Ă la veille de le retrouver. đ Aujourd’hui, je pars Ă Rimouski pis demain, je rentre Ă la maison. Eh oui, ma petite semaine tire dĂ©jĂ Ă sa fin. Elle a passĂ© vite, certes, mais c’est correct. J’ai pas Ă©tĂ© chez nous tant que ça cet Ă©tĂ© pis je serai pas fĂąchĂ©e d’y passer un peu de temps non plus. Mais bon, pour tu suite, je compte bien profiter de ma vraie derniĂšre journĂ©e. C’est pour ça qu’Ă matin, je suis dans mon auto dĂšs 8h. avec le projet de faire un premier STOP Ă Matane pour dĂ©jeuner au Tim. âđ„ Initialement, j’avais aussi le plan d’aller visiter les Jardins de Doris, toujours Ă Matane. Jardins Ă ne pas confondre avec les Jardins de MĂ©tis, que j’ai dĂ©jĂ visitĂ©s. Sauf que lĂ , hier soir, j’ai remarquĂ© que j’avais quand mĂȘme la face qui chauffait un peu, par ma faute. đ Parce que les deux derniers jours, avec le soleil qui Ă©tait un peu voilĂ©, j’ai pas Ă©tĂ© ben active sur la crĂšme solaire. J’ai juste mis ma petite crĂšme de jour avec son FPS15, pensant que c’Ă©tait suffisant. Ăa l’Ă©tait pas semble-t-il, mais ça m’a quand mĂȘme Ă©vitĂ© la catastrophe. Bref, aujourd’hui, je veux pas empirer mon cas pis rentrer Ă MontrĂ©al rouge comme une tomate. đ Surtout que la mĂ©tĂ©o annonce du GROS soleil pis que j’aurais visitĂ© les jardins Ă l’heure oĂč yĂ© Ă son plus fort. đ

Bon, j’aurais aimĂ© les voir ces jardins-lĂ . Ăa avait l’air chouette. Pas grave, c’est juste partie remise. Ă je sais pas quand par contre. đ€·ââïž Parce que lĂ , mĂȘme si j’adore la GaspĂ©sie, je vais un peu slaquer lĂ -dessus pour un petit boute pour aller voir autre chose. Bref, aprĂšs mon dĂ©jeuner Ă Matane, je reprends le volant jusqu’Ă Rimouski avec un autre projet en tĂȘte : aller visiter le Site historique maritime de Pointe-au-PĂšre. âŽïž Ăa, je sais d’avance que ça va ĂȘtre captivant pis en plus, ça va m’occuper Ă l’intĂ©rieur, le temps que le soleil se calme le pompon. Le trajet entre Matane pis Rimouski est pas si long que ça. 160 km environ, sur de la belle route. C’est le fun pis ça passe vite. Avec mon arrĂȘt dĂ©jeuner + un stop essence, j’arrive Ă destination Ă 11h30. Ici, t’as trois attractions Ă visiter. Le phare de Pointe-au-PĂšre, le musĂ©e Empress of Ireland pis le sous-marin ONONDAGA. Le phare me tente pas tant. Apparemment, pour 7$, tu peux monter jusqu’en haut mais c’est pas mal toute. Le haut est full de monde d’ailleurs. đ„” C’est assez pour me dissuader. Moi, ce qui m’intĂ©resse vraiment, c’est le musĂ©e pis le sous-marin. Pour 25$, tu peux visiter les deux.

La visite du musĂ©e dĂ©bute avec une vidĂ©o immersive vraiment captivante sur le naufrage de l’Empress of Ireland. đ€© Personnellement, je connais un peu son histoire parce que l’Ă©pave de ste bateau-lĂ est dans le fleuve, pas loin, Ă Sainte-Luce-sur-Mer faque j’ai dĂ©jĂ lu lĂ -dessus. En gros, ste paquebot-lĂ faisait la liaison entre QuĂ©bec pis Liverpool au dĂ©but des annĂ©es 1900. Quand le naufrage est survenu en 1914, c’est un pilote du St-Laurent qui avait Ă©tĂ© aux commandes du bateau entre QuĂ©bec pis Rimouski. Ăa, c’est encore de mĂȘme de nos jours. Dans les gros navires qui passent sul fleuve, y’a des passages plus risquĂ©s oĂč ce sont des pilotes spĂ©cialisĂ©s qui dirigent. Faque Ă Rimouski, quand le pilote a dĂ©barquĂ©, c’est le capitaine qui a repris les commandes du bateau. đšââïž Mais pratiquement juste aprĂšs, en approche de Sainte-Luce, la vigie a repĂ©rĂ© un charbonnier qui s’en venait devant, Ă une distance d’environ 15 km. Sauf que coup de malchance, au mĂȘme moment, les deux bateaux ont Ă©tĂ© enveloppĂ©s dans le brouillard pis quand y se sont revus, ben y’Ă©tait trop tard. Le charbonnier Storstad a percutĂ© l’Empress of Ireland pis l’eau s’est infiltrĂ©e dedans super vite. đ±
L’Empress of Ireland avait tout un systĂšme de portes Ă fermer manuellement en cas d’infiltration d’eau mais y’a penchĂ© tellement vite Ă tribord que les matelots ont pas pu les fermer. En plus, tous les canots de sauvetage accrochĂ©s Ă tribord ont pas pu ĂȘtre utilisĂ©s pis ceux de babord ont Ă©tĂ© compliquĂ©s Ă dĂ©crocher vu que le bateau Ă©tait sul camp. RĂ©sultat, le navire a coulĂ© en seulement 14 minutes comparativement Ă 2h40 pour le Titanic. đČ Bilan : 1012 victimes sur les 1477 occupants. En proportion, c’est plus de morts pis moins de survivants que pour le Titanic, : 68% de victimes pour l’Empress of Ireland, contre approximativent 60% pour le Titanic. Quoiqu’il en soit, le naufrage de l’Empress of Ireland est le plus meurtrier survenu au Canada. Parce que le Titanic, bien qu’Ă©chouĂ© au large de Terre-Neuve, a coulĂ© dans des eaux internationales et non pas au Canada. Ah, pis pour finir, fun fact, parmi les survivants du naufrage de l’Empress, y’avait un mĂ©canicien, William Clark, qui avait aussi survĂ©cu au naufrage du Titanic deux ans plus tĂŽt. La lĂ©gende dit aussi qu’il aurait survĂ©cu au naufrage du Lusitania, en 1906. Un gars chanceux on peut dire. J’espĂšre qu’y s’est achetĂ© un 6/49. đ



En sortant du musĂ©e, je me dirige vers le sous-marin pour ma seconde visite. Ici, c’est un parcours autonome. Tu traverses le sous-marin d’un bout Ă l’autre, Ă©quipĂ© d’une petite radio que tu te colles Ă l’oreille pour entendre les explications. đ Le sous-marin ONONDAGA, c’est un ancien sous-marin de guerre de la Marine royale canadienne. Y’a Ă©tĂ© en service de 1967 Ă 2000. Par la suite, il a Ă©tĂ© transportĂ© Ă Rimouski en 2008 pis ouvert au public Ă partir de 2009. Pendant ce laps de temps-lĂ , y fallait le positionner comme il faut pis l’enrocher. Le projet s’est avĂ©rĂ© plus compliquĂ© que prĂ©vu parce qu’y s’est renversĂ© deux fois avant qu’on puisse le stabiliser. đŹ Ici, ce qui est fascinant, c’est la configuration des lieux. Dans le sous-marin, tout est restreint pis tout l’espace est calculĂ©. Le poids aussi. Les bagages de tous les hommes Ă©taient pesĂ©s pis devaient ĂȘtre rĂ©partis Ă©galement parce que l’Ă©quilibre d’un sous-marin, c’est super prĂ©caire. D’ailleurs, les gars lĂ -dedans, pouvaient pas se dĂ©placer comme y voulaient. Si par exemple, y’Ă©taient plusieurs Ă devoir aller Ă une extrĂ©mitĂ© de l’engin pour exĂ©cuter une tĂąche, y fallait qu’Ă l’autre boute, on remplisse des cales d’eau d’un poids Ă©quivalent Ă celui des hommes pour que le sous-marin reste drette. Fascinant quand mĂȘme. Ah pis ça pue le diesel lĂ -dedans. 𫹠Apparemment les hommes conservaient l’odeur mĂȘme aprĂšs s’ĂȘtre lavĂ©s. Vu comment ça empeste lĂ -dedans, j’ai pas de misĂšre Ă le croire. Je suis d’ailleurs pas fĂąchĂ©e quand j’en sors autour de 14h30.








Pas fĂąchĂ©e mais surtout ben contente de mes deux visites. Asteur, je peux aller faire mon check-in au motel. Mon plan, c’est d’aller m’installer pis de partir marcher aprĂšs sur la belle promenade que je vois tout le temps quand je passe sul boulevard Ă Rimouski. Pour ce soir, j’ai rĂ©servĂ© au motel Rimouski-sur-mer, motel oĂč je suis accueillie chaleureusement par une bonne-femme qui fume sul balcon de la rĂ©ception. đŹ TrĂšs gentille par ailleurs, elle m’avertit de faire attention de pas m’embarrer dehors pis de venir y dire si la TV marche pas. M’embarrer dehors, je fais toujours super attention à ça. En plus, je sors toujours avec ma manette de char, mĂȘme Ă pied. Comme ça, en cas de problĂšme, y me reste toujours ben une place pour me rĂ©fugier. Bref, en dĂ©couvrant ma chambre, je me dis qu’effectivement, je serais peut-ĂȘtre pas plus mal dans mon char. đ€Šââïž Ăa semble assez propre mais c’est quand mĂȘme vieux pis pas si invitant. đŹ Dehors par contre, c’est parfait. Je pourrais pas ĂȘtre plus proche de l’eau pis le soleil va se coucher drette sous mes yeux. Pour le reste, c’est pas si grave. Je m’Ă©terniserai pas icitt de toute façon. D’ailleurs, je repars Ă l’aventure drette lĂ . đ¶ââïž



En arrivant ici, j’ai remarquĂ© que la belle promenade oĂč je veux aller marcher dĂ©bute pile Ă 300 ou 400 mĂštres de mon motel. Pas besoin de resortir mon auto donc. En plus, y’a un Normandin direct au coin de la rue faque si je trouve pas mieux, je vais pouvoir aller souper lĂ en revenant. Merveilleux. đ Me vla partie pour une couple de kilomĂštres. Combien ? Je sais pas. Je virerai de bord quand je serai Ă©coeurĂ©e. Dehors, on est super bien. Le soleil a baissĂ© un peu, parfait pour ma face, pis y’a un bon vent juste assez frais. Je suis contente de marcher ici. C’est beau. đ Paisible d’un cĂŽtĂ© pis animĂ© de l’autre. J’enchaĂźne les kilomĂštres tout en profitant des alentours pis je dĂ©pose mon douziĂšme et dernier caillou sur une passerelle qui simule un bateau. Ăa y est, j’ai pu de cailloux. Mon voyage tire vraiment Ă sa fin. Un peu avant de revirer de bord pour revenir vers le motel, j’aperçois sur ma gauche un rassemblement de vieux chars dans un grand parking avec plein de monde pis des kiosques. Je traverse le boulevard pour aller fouiner lĂ -bas pis je rebrousse chemin jusqu’au Normandin oĂč je me commande une biĂšre pis un combo pizza-spaghettis. Dla bonne bouffe basique mais rĂ©confortante pis mangeable cette fois.








Ă la table d’Ă cĂŽtĂ©, y’a un gars pis une fille qui jasent. Je les Ă©coute distraitement d’une oreille. Ă premiĂšre vue, c’est pas un couple. La discussion est plate comme le maudit. đ© Ou le monologue, devrais-je dire. Le gars raconte qu’il a commencĂ© Ă couper le pain. Avant, y’en mangeait avec tous ses repas. Y mangeait du pain avec des pĂątes, avec du steak, avec du poisson, avec de la salade, avec toute. Asteur, y’en mange pu qu’y dit. Juste trois tranches le matin. đ€Ł Mais on sait pas. Peut-ĂȘtre que dans six mois, y va couper une autre tranche. De toute façon, y mange du pain brun. Pas du gros pain brun. Du petit pain brun. QuessĂ© que ça veut dire ? Aucune idĂ©e. đ€·ââïž J’espĂšre vraiment que je suis pas en train d’assister Ă une date parce que c’est la conversation la plus plate que j’ai entendue de ma vie. On dirait Bubba dans Forest Gump, avec ses crevettes. Sauf que lui yĂ© stickĂ© sul pain. En tout cas, si le gars veut conquĂ©rir la fille, y’a du pain sur la planche ! đ
De retour au motel, je constate que beaucoup des occupants des autres chambres sont dĂ©jĂ installĂ©s dehors, face Ă la mer. J’apporte ma petite chaise de plage pis je regarde le soleil se coucher, assise au milieu de gens que je connais pas. đ€Ł Ainsi s’achĂšvent mes petites vacances gaspĂ©siennes/bas-laurentiennes. Demain, je rentre Ă MontrĂ©al. đ

