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Huit semaines

Ça l’air de rien mais j’ai eu une méchante année scolaire. Pour vrai, j’ai jamais été autant occupée au travail. Pourtant, initialement, mon année s’annonçait on ne peut plus cool. À mon horaire, j’avais juste des cours que j’avais déjà donnés donc peu de préparation pis aucun défi. Conditions parfaites pour se la couler douce. Je me voyais déjà en train d’enseigner les yeux fermés pis les doigts dans le nez en meublant les trous dans mon horaire par du travail personnel relax sur fond de musique classique tout en buvant des cafés moka préparés par le barista qui parle à l’imparfait au café d’en face. À moi la quiétude, la zénitude, la paix d’esprit. Mais ça, c’était sans compter que jamais rien se déroule comme prévu. 😬 Faque…

Douche froide en début d’année même si on savait que ça s’en venait. Le programme dans lequel j’enseigne a été complètement révisé. On passe de seize compétences (cours) à vingt-cinq. La formation va s’allonger de 360 heures. C’est une refonte majeure. Mes collègues pis moi, on va devoir enseigner des notions qu’on enseignait pas avant. On doit remonter tous les cours, produire des cahiers pis des examens, acheter du matériel, reconfigurer les locaux, tout ça pour août 2024. Août 2024, c’est demain. On a pas le choix de consacrer nos précieuses heures de travail personnel au développement de notre nouveau matériel mais même avec la meilleure volonté du monde, y’a fort à parier qu’on va finir de construire l’avion en plein vol. Vu de même, c’est plutôt épeurant. La zénitude vient de prendre le bord sur un méchant temps. 😩

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Mes cinq bonheurs du weekend

Je vous apprendrai rien, une mère qui travaille à temps plein pis qui va à l’université en même temps, ça couraille la semaine PIS la fin de semaine. D’ailleurs, depuis le retour des vacances de Noël, on dirait que ma vie a été un feu roulant. Ça a commencé au travail par des nouvelles responsabilités dont la prise en charge d’une stagiaire, ben bonne ben fine mais dont je dois quand même me soucier. En même temps, je suis devenue la responsable du soutien aux élèves, ce qui veut dire que je dois gérer un peu de paperasse mais surtout faire venir les élèves à mon bureau, pour les « chicaner » ou plus souvent encore pour écouter leurs inquiétudes pis leurs problèmes. On le sait, moi je suis l’empathie incarnée faque y semble que j’étais la personne toute indiquée pour faire la job. 🤣🤣🤣 Toujours au retour des vacances, dès le premier jour, j’ai reçu un texto de Morgan qui disait…

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Douce oisiveté…

Je suis tombée en vacances le 22 décembre, une journée d’avance, pour cause d’école fermée, avec dix-sept belles journées devant moi. Dix-sept journées… Quessé que j’allais en faire ? M’ennuyer ? Certainement pas. Voir ma famille ? Absolument. Mais à part ça ? Franchement, après quatre mois constamment entourée d’élèves, un cours d’université, une deuxième COVID pis l’apparition d’un syndrome bizarre, un peu de solitude s’imposait, d’autant plus que ma deuxième partie d’année scolaire s’annonce on ne peut plus chargée. Au menu de mes vacances donc : repos pis divertissement. That’s it, that’s all. Pour faire le vide de 2022 pis le plein pour 2023, y faut ce qu’y faut. Vla donc où j’en suis rendue, après huit jours de farniente.

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L’art de se sortir de la marde toute seule comme une grande fille (part 3)

En janvier 2011, ma formation allait bon train, tout comme mes déboires financiers. Heureusement, à la fin du mois, j’ai enfin commencé à toucher les allocations familiales du Canada. Bon, le montant était pas extraordinaire mais tout argent supplémentaire était bon à prendre. Avec tout ça, j’essayais de prendre le cash que j’avais pour baisser le solde de ma VISA pis remettre des nouvelles dépenses dessus. Je pense que cette façon de procéder aidait à baisser un peu les gros intérêts qui m’étaient facturés mais au bout du compte, je stagnais pas mal autour des 15 000$ à rembourser. Pour pas céder à la panique pis au découragement, je me répétais tous les jours que les temps meilleurs allaient finir par arriver. Y’a au moins ça de bien quand t’es dans la misère. Rendu à un certain point, tu te dis que ça peut juste aller mieux.

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L’art de se sortir de la marde toute seule comme une grande fille (part 2)

L’automne 2010 a été aussi rough que fantastique. J’avais pas une cenne mais dès le premier jour, j’ai adoré ma formation pis je me suis lancée dedans à corps perdu. Après treize ans à la maison, j’étais contente de voir du monde pis d’apprendre des nouvelles affaires. En plus, j’avais des profs géniaux pis des supers collègues de classe. On m’avait présenté la formation comme quelque chose de très difficile mais grâce à ma super mémoire pis mes bonnes méthodes d’étude, mes affaires allaient rondement. Franchement, j’étais quasiment gênée de la vitesse à laquelle je mémorisais les CENTAINES de noms de médicaments au programme. Point de vue calculs pharmaceutiques, je m’en sortais les doigts dans le nez. Y faut dire que même si les mathématiques avaient jamais été ma force, j’étais quand même venue à boute des maths fortes de secondaire 5 + des Mathématiques appliquées pis des Statistiques et probabilités de mon DEC en informatique. Au moins, mes multiples années d’errance scolaire me servaient enfin à quelque chose…

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L’art de se sortir de la marde toute seule comme une grande fille (part 1)

Faque à la fin juin 2010, je me suis retrouvée dans un nouveau logement avec mes trois enfants pis pratiquement rien pour vivre. J’avais l’été pour réorganiser ma vie pis rendre l’endroit habitable avant de commencer mon DEP à la fin août. Heureusement, l’appartement avait été entièrement repeint pis les planchers, revernis. C’était ben beau, ben propre. Bien situé en plus : deux circuits d’autobus au coin de la rue, un parc en face de chez nous, une épicerie, une pharmacie, une SAQ pis une caisse Desjardins à deux minutes de marche. Ça, c’était un avantage non négligeable parce qu’évidemment, j’avais pu de char…

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L’art de se mettre dans la marde toute seule comme une grande fille (part 2)

J’avais 25 ans quand j’ai accouché. Avoir William était pas une mauvaise décision. Le timing, oui. J’étais encore aux études pis tout ce que j’avais, c’était des dettes. Mon mari, lui, venait juste d’être embauché dans son domaine faque on était loin de rouler sur l’or. À l’exception de mon oncle Guy, le frère de mon père, pis de sa blonde Kathleen, on connaissait pas un chat à Montréal. Pis bon, on se le cachera pas, Guy, les enfants, c’était pas exactement sa spécialité. 😁 Au moins, on était rendus dans un 4½, ben propre, mais toujours dans un immeuble un peu louche. Je me rappelle que quand on avait déménagé là-bas, on avait sacré pas à peu près pour passer dans les escaliers un maudit GROS set de chambre blanc que mon père m’avait donné l’année d’avant. En tout cas… William pis moi, on est rentrés plutôt maganés de notre séjour à l’hôpital pis comme dans le temps on accordait seulement trois jours de congé à un nouveau papa, ça a pas été long que je me suis retrouvée tu seule avec mes idées noires, ma fatigue pis mon inexpérience.

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L’art de se mettre dans la marde toute seule comme une grande fille (part 1)

Franchement, je suis née avec toutes les chances d’avoir la vie la plus facile qui soit. J’ai eu des parents normaux qui sont restés mariés jusqu’au décès de ma mère, un frère pis une soeur dont j’aurais difficilement pu être plus proche ainsi que des oncles, tantes, cousins pis cousines à profusion, tous du ben bon monde. J’ai grandi dans une maison joyeuse pis dans un quartier qui avait ben de l’allure. Chez nous, on avait deux chars, des chiens, des chats, une perruche pis pas mal tout ce qu’on voulait. J’ai suivi des cours de piano, de patinage artistique (longtemps !), j’ai fait du ski alpin, je suis allée en camp de vacances pis j’ai participé à un échange étudiant en Ontario. Vraiment, j’ai été choyée, probablement plus que la moyenne. Sauf que…

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L’esprit des Fêtes

Ça fait longtemps que je le dis, moi je trouve que les fêtes pis les jours spéciaux, ça devrait revenir aux deux ans. Une fois par année, c’est trop. On a tout juste le temps de se remettre de l’évènement en question qu’on pense déjà à la prochaine fois. La rareté fait la valeur comme on dit. Moi, je trouve que c’est dur d’avoir super hâte à quelque chose qui revient tellement vite qu’on a à peine eu le temps de se rendre compte que c’était fini.

Cette année, grâce à la COVID-19, ma super théorie se confirme. L’an passé, en pleine pandémie, ceux qui ont pas triché ont pas vraiment festoyé. De mon côté, sachant que personne viendrait chez nous, j’avais même pas fait de sapin. Le 23 décembre, j’avais laissé William rentrer pour déballer son bas de Noël, assis à deux mètres au bout de la table, pis le 24, j’avais « fêté » tu seule avec mon père pis mon frère. Aucune folie. Y’était pas question de pogner ou de transmettre la COVID, surtout pas au seul parent qu’y me reste.

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Mon tableau EXCEL

Depuis septembre, je regarde la troisième saison de Si on s’aimait pis je suis découragée de constater à quel point les gens sont prêts à tout pour être en relation avec quelqu’un même si ça semble extrêmement inconfortable, stressant, épuisant, étouffant pis même angoissant. Pourquoi les gens tiennent-ils à être en couple à ste point-là ? Pourquoi ne sont-ils pas bien tout seul ? Que ce soit clair, je juge pas ça. J’aimerais comprendre, tout simplement.

La psychologue/sexologue de l’émission dit que c’est tout à fait normal pis légitime de pas sentir le besoin d’être en couple quand on est bien avec soi-même pis qu’on est bien entourés point de vue famille et amis. Moi, ça ben d’l’air que c’est là que je me situe. Dans ma vie, j’ai été en couple pendant 24 ans pis là, ça me tente pu. On dirait que je suis rendue à un point où j’ai placé toutes mes affaires comme je voulais, pareil comme dans un tableau EXCEL, comme le dit si bien mon ami Vincent. Dans mon tableau, toutes les cases sont remplies pis toutes les formules fonctionnent faque j’ai absolument pas le goût de bouger quelque chose pis de risquer de tout débalancer. Pas le goût pantoute. Un tableau EXCEL qui calcule mal, c’est vraiment de la marde. 💩

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