Je suis jamais allée en Gaspésie. Ça fait plusieurs étés que je veux y aller mais je planifie jamais rien, comme si la Gaspésie allait venir à moi comme par enchantement. Chaque été, j’espère la Gaspésie, j’attends la Gaspésie mais inévitablement, je me rends compte en septembre que j’y suis toujours pas allée. Cette année, j’ai décrété que ça faisait le niaisage. Au début juin, j’ai décidé de m’organiser un petit road trip. Après une couple d’heures sur Google Map, je me suis fait un itinéraire pis je me suis réservé des hébergements. Eille, j’ai 51 ans, je suis allée quatre ou cinq fois en France mais je connais pas le tiers du Québec. Yé vraiment temps que je me déguédine pis ça commence à matin. Après tout, c’est pas comme si le gaz coûtait ben cher… 🙂

Bon là, vous vous demandez sans doute avec QUI je pars. Eh bien, la réponse est ben simple. Je pars avec ma personne préférée : moi-même. 😀 Ben oui, quessé que vous voulez que je vous dise ? Mes gars travaillent pis j’ai pas cherché plus loin qu’eux-autres. Partir tu seule, ça fait ben mon affaire. Mon père a l’air de trouver ça ben épouvantable mais moi, je suis absolument pas malheureuse. En fait, j’ai même peur, depuis que je parle de mon projet, que quelqu’un se propose de venir avec moi. 😀😀😀 Ceci dit, je suis pas fermée à l’idée de voyager à deux une prochaine fois mais là, ste périple-là, je l’ai pensé pis organisé à mon goût.
6h30 du matin, me vla donc au volant du KONA, prête à avaler mes premiers kilomètres. Mon itinéraire du jour va comme suit : De Montréal à Trois-Rivières, je prends la 40. Je traverse ensuite le Pont Laviolette pis je switche sur la route 132 jusqu’à mon premier hébergement, juste avant Mont-Joli. Oui, je le sais, je pourrais prendre la 20 d’une traite mais bon, la route fait partie du voyage. En kilomètres, c’est pas beaucoup plus long de passer par la 132 pis c’est ben plus beau. En temps par contre, c’est une heure et demie de plus. J’arriverai quand j’arriverai pis comme je suis tu seule, y’aura personne pour chialer. 😀

Y fait pas ben chaud aujourd’hui mais le soleil est de la partie pis c’est tout ce qui compte. Badluckée de nature quand je prévois des affaires à l’avance, y’aurait ben pu neiger à matin faque je m’estime chanceuse pis je roule joyeusement. À cette heure on ne peut plus matinale, la route est tranquille. Les premiers kilomètres sont une formalité. Je fais une première pause à 9h. dans une halte municipale à Deschaillons, le temps d’avaler un croissant pis de faire un petit tour aux toilettes. Après un dîner non digne de mention dans un Tim Hortons de Saint-Jean-Port-Joli, j’opère un deuxième stop à Notre-Dame-du-Portage autour de 14h15. Rendue-là, j’ai environ 470 km, 18 détours pis 12 signaleurs derrière la cravate. Yé plus tard que j’aurais voulu pis je suis loin d’être arrivée.


Les derniers 150 kilomètres me semblent un peu plus longs. Heureusement, la route est belle pis je découvre des paysages magnifiques. J’en reviens pas d’être jamais venue par ici avant. Y’était vraiment temps que je me déniaise. 16h45, j’arrive enfin à destination. Je suis crevée. Pour ma première nuit, j’ai pris une chambre avec vue sur le fleuve à Mon joli motel. Quand j’ai fait mes recherches, mon frère m’a dit qu’y réserve souvent des chambres là-bas pour ses employés pis que ça a ben de l’allure. Effectivement, la chambre est plutôt belle pis très propre. Le motel lui-même est sympathique, à l’exception des faux moutons qui jonchent le terrain dans je sais pas trop quel but. De loin, on peut quasiment penser que c’est des vrais moutons mais de proche, y sont épeurants pis le berger aussi.





Officiellement, y fait juste 18ºC mais le soleil brille tellement fort qu’on est super bien dehors. Une fois installée à ma chambre, j’en profite pour sortir manger pis marcher un peu. Mon joli motel est à deux pas du fleuve pis de la route 132, qui, à cet endroit, est peuplée de motels pis de petites cantines. J’y passe deux heures à me promener pis à profiter du soleil. Assise sur le quai, je profite du calme pis j’écoute les habitants du coin jaser. Ici, tout le monde a l’air de se connaître pis tout le monde parle français. Je me sens dépaysée. Ça sent la mer. Fernand est en train de pêcher. Y se fait demander au moins dix fois : « Pis, ça pogne tu à soir Fernand ? » Je l’entends dix fois répondre qu’à soir c’est pas vargeux mais que lundi, y’a pogné un bar rayé. Tout le monde a l’air ben content pour Fernand. Même moi, je suis contente pour Fernand. 🙂




Je quitte le quai à regret pour rentrer prendre ma douche pis me reposer pour demain. Moi qui aime faire toujours les mêmes choses, je vais assurément repasser par ici un jour. Je suis complètement crevée de ma journée. Faque c’est ça, à soir je dors à Sainte-Flavie…
Bon voyage Sarah…profites-en au max Je te souhaite du beau temps
et qui sait de belles rencontres !
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