Publié dans Aventures

Faque là, je suis rendue à Percé…

6h. du mat, mon réveil sonne détestablement dans Mon joli motel. J’ai SUPER ben dormi mais je prendrais ben encore trois ou quatre heures. Mon lit est d’un confort extrême, extrême comme ma fatigue quand je me suis couchée hier soir. Aujourd’hui, j’ai encore de la route à faire, beaucoup de route quand même, faque la paresse est pas une option. 6h30, je suis au volant du KONA laissant dernière moi Sainte-Flavie, Mon joli motel, les moutons factices pis Fernand.

Le projet du jour est ambitieux mais un peu moins qu’hier. Ma mission : rouler jusqu’à Percé sans jamais quitter la route 132. Selon Google, je pourrais économiser un nombre considérable de kilomètres en switchant de temps en temps sur d’autres routes mais moi, c’est le bord de l’eau que je veux voir. Eille, j’ai sûrement pas roulé jusqu’ici pour couper dans des vieux rangs lettes.

Itinéraire jour #2, en rouge

Aux aurores, en pleine campagne, je suis tout fin seule sur la route. Les premiers kilomètres défilent rapidement. J’arrête au Tim Hortons de Matane pour m’acheter un café à boire en chemin pis un croissant à manger à ma première pause que je m’octroie à 9h., sul bord de l’eau, dans une halte de Sainte-Anne-des-monts. Au moment de reprendre le volant, mon téléphone sonne. C’est ma tante Carmen, la soeur de mon père, pis mon oncle Louis. Mon père m’avait dit, l’autre jour, qu’eux-autres aussi allaient être en Gaspésie en même temps que moi, à une trentaine kilomètres l’autre bord de Percé. Au bout du fil, mon oncle pis ma tante s’informent d’où je suis rendue pis me disent qu’y sont pas loin si jamais y’a quoi que ce soit. Pour l’instant, mon périple se déroule rondement mais c’est quand même rassurant de savoir que j’ai de la famille dans les parages. Je me rends compte que mon père devait être plus inquiet qu’il l’a montré quand j’y ai parlé de mon voyage.

Sainte-Anne-des-monts

Les heures passent pis je roule, roule, roule, Je suis constamment ralentie par des petits travaux routiers pis des feux de circulation improvisés. Autour de 10h., j’appelle mon père pour y donner de mes nouvelles pis le rassurer un peu. Yé content. Il me récite tous les noms des villages que j’ai traversés depuis hier. Évidemment, lui, y’a déjà tout vu ça. Pour ma part, j’ai jamais vu autant d’eau de ma vie. Ici, les paysages sont magnifiques, grandioses. Si je m’écoutais, je m’arrêterais aux 30 secondes pour prendre des photos pis admirer le panorama. « Malheureusement », y faut que j’avance pis c’est à force d’avancer que j’aboutis finalement à Gaspé, autour de midi et demi. J’y fais une pause rapide dans un Subway pour me mettre quelque chose sous la dent. Mon frère pis moi, on aime ben la crème de brocoli du Subway. Le problème, c’est qu’autant à Trois-Rivières, Shawinigan ou Montréal, à chaque fois qu’on en demande, on se fait répondre qu’il y en a pu ou que ça va être le fond du chaudron. Aujourd’hui, à tant de kilomètres de chez nous, j’espère ben conjurer le mauvais sort. En file devant le comptoir, le gars juste en avant de moi commande le fameux potage. Je me croise les doigts. Mon coeur palpite. Le commis ouvre le chaudron, prépare la crème de brocoli. Je me peux pu. Mon tour arrive. J’ai pas le temps de m’ouvrir la bouche que le commis décolle le choix « crème de brocoli » du carton qui annonce les potages. Croyez-le ou non, le gars avant moi a pogné le fond du chaudron…

Si je veux pas trop m’attarder en chemin aujourd’hui, c’est parce que je veux arrêter au Parc municipal de la Rivière Émeraude, juste avant Percé. Ste parc-là, j’en ai pas mal entendu parler pis franchement, ça vaut le détour. Au bout d’un sentier d’environ 1km, y’a une cascade d’eau qui se jette dans un bassin aux reflets vert émeraude. C’est de toute beauté. J’y passe de longues minutes à profiter du beau soleil, trop heureuse de me dégourdir un peu les jambes pis de m’étirer un peu. Faire de la route pis voir du paysage, c’est ben le fun mais là, je devais pu être loin de la thrombose.

Rivière Émeraude
.
.
.
Moi pis mes nouvelles lunettes de soleil

C’est victorieuse pis très émerveillée que je découvre finalement Percé, après de nombreuses heures au volant du KONA. Pour les trois prochaines nuits, je loge au Manoir de Percé dans une jolie chambre avec vue sur le rocher. Franchement, y’a pire comme vie. Je sors de 18h. à 20h. pour marcher pis manger. Habituée à l’effervescence de Montréal, ce soir encore, je me sens dans un autre monde. Je suis tellement pas habituée aux gens qui sourient gratuitement, à la courtoisie au volant, au vent qui charrie pas plein de poussière ! Je pense que si j’avais pas d’enfants, je mettrais tout mon stock dans un truck pis je déménagerais ici demain matin. Je me mettrais sul chômage pis je passerais mes journées à regarder le rocher. 😀 Sérieux, le retour à la réalité va faire mal…

Arrivée à Percé
Ma chambre
Vue de ma chambre

Faque c’est ça, là, je suis rendue à Percé pis j’en repars dimanche. Ou pas. 🙂

Laisser un commentaire