Publié dans Aventures

Destination île Bonaventure

Enfin, je suis un peu moi pressée à matin faque je me paie un vrai déjeuner au resto de mon hôtel. Encore une fois, je suis étonnée par la gentillesse de la serveuse. Sérieux, elle a l’air contente pour vrai de servir des déjeuners, ce qui est loin d’être le cas à Montréal. Je me commande une crêpe chocobananes, un jus d’orange pis un bon café. Maudine que ça fait du bien. Aujourd’hui, j’avais prévu faire une croisière d’observation des baleines mais la température s’annonce moyenne en après-midi pis le seul départ pour ste type de croisière-là est à 13h. J’ai peur de payer 85$ pour finalement me faire bardasser au milieu d’un orage. 😥 Je profite de mon temps au resto pour réorganiser mon affaire pis j’en conclus que la meilleure option est de partir en excursion sur l‘Île Bonaventure. Étant donné que les premiers départs sont à matin, j’ai toutes les chances d’en profiter avant l’arrivée de la pluie, si pluie il y a, évidemment.

Mon déjeuner, miam miam !

Le deuxième départ pour l’île Bonaventure est à 10h30. Ça me laisse le temps de retourner à ma chambre pour me préparer un petit sac à dos avec une bouteille d’eau, une collation, une veste pis un imperméable jetable. Vaut mieux être prête à toute éventualité. Sur le quai, en attente du bateau, mon hoodie « L’amour crisse » attire l’attention d’un monsieur, Claude, qui attend à côté de moi. Y me dit qu’y travaille dans l’industrie du vêtement féminin pis me demande si y peut poser mon chandail. J’y explique d’où vient le slogan. En jasant, Claude me raconte qu’y vient d’Arizona, qu’il est venu ici avec une amie de Montréal mais que le voyage se passe mal. L’amie en question aime pas les hôtels, pas plus que les restos ou les activités. Elle a décrété que finalement, elle préfère être chez elle si bien que Claude, arrivé hier à Percé, va retourner la reconduire demain. Eille, j’ai tu assez ben fait de voyager tu seule ?

En montant sul bateau, je propose à Claude de s’asseoir avec moi. On jase, on prend des photos. J’y propose qu’on prenne un selfie. Lui : « Oh mais attendez, votre mari va peut-être être jaloux ?! » Est-ce une tentative de me cruiser ou une remarque sincère ? Dans le doute, je réponds rien. Je voudrais surtout pas y ouvrir une porte. D’ailleurs, je porte toujours une bague à ma mère dans l’annulaire gauche pour dissuader toute tentative de drague. Eille, merveilleuse comme je suis, j’en finirais pu de me faire achaler. 🙂

Avec Claude
Dois-je mentionner que c’est le Rocher Percé ?

Claude pis moi on se sépare une fois arrivés sur l’île. Moi, j’ai prévu marcher jusqu’aux fous de Bassan. Lui, y’a pas l’air sûr. Le sentier le plus court pour s’y rendre fait quasiment 3 kilomètres avec un dénivelé de 135 mètres. D’la p’tite bière pour une marcheuse aguerrie comme moi. Claude me donne son adresse courriel. On va s’échanger des photos. La marche vers les fous de Bassan est supposée durer une heure. J’expédie ça en 40 minutes. Rendue à destination, je découvre des milliers d’oiseaux en train de se prélasser au soleil ou de voler au-dessus de l’eau. C’est superbe. On m’avait avertie que les oiseaux (les fientes) sentaient le yable mais moi je trouve que ça sent rien pantoute. Faut dire que quand t’as travaillé dans un hôpital pis que t’es déjà allée dans des chambre pour interroger des patients aux plaies infectées ou d’autres qui venaient de ch… dans une chaise d’aisance, des fous de Bassan, ça t’énarve pas ben ben. 😁

île Bonaventure
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De retour sur la terre ferme, j’arrête à la petite COOP du village pour m’acheter une bière que je prévois boire tranquille sur mon balcon. Je suis fatiguée pis ça fait trois jours que je couraille. En arrivant à ma chambre, j’ai la mauvaise surprise de constater qu’une gang d’à peu près 60 motards a envahi l’hôtel. Non seulement y prennent de la place mais y sont dispersés dans toutes les chambres autour de la mienne pis y se crient d’un balcon à un autre. Y’en a même deux qui ont eu l’audace de se parker à côté du KONA. 😠

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Chose promie, chose due, j’envoie un courriel à Claude avec les photos de la journée. Y me répond immédiatement pis m’invite à souper : « Si par hasard vous voudriez vous joindre à moi, pour souper, ce serait plus agréable que d’être seul . Soyez sûr que mon invitation est tout à fait noble et sans arrière pensée. Je vous remercie infiniment. » Moi qui aime tant être tu seule, j’hésite un peu. En plus, je viens de boire une bière pis je me sens quasiment saoule. Après mûres réflexions et peut-être parce que je viens de boire une bière pis je me sens quasiment saoule, je me dis que les voyages, ça sert aussi à se mêler au monde. Je décide de dire oui. S’ensuit un dialogue digne des correspondances épistolaires du XVIII siècle : « Bonjour Claude. Si vous ne sortez pas trop tard pour manger, je veux bien me joindre à vous. Je n’ai même pas mangé ce midi et je suis un peu fatiguée donc j’avais prévu y aller assez tôt. » Lui : « Chère Sarah, Rejoignez moi svp à la cabane du pêcheur. Il y a un resto à côté où j’ai soupé hier soir très bon. Dites moi quand et je serai là avec plaisir. » Me vla donc tu seule en Gaspésie avec une date. 😀😀😀

18h15 sonnantes, je me pointe à la Maison du pêcheur. 😀 Claude arrive en même temps. On se trouve une place au bar, on boit, on mange. Claude a plein d’affaires à raconter. C’est un homme qui voyage énormément. Y’a l’air assez riche. Assez assez riche. Riche genre plus que moi pis tout vous autres ensemble. $$$ J’y laisse payer mon souper sans remords. Je reviens « chez nous » en marchant. C’est drôle, je commence déjà à connaître du monde à Percé. En 200 mètres de marche, je croise plusieurs faces connues. Quand j’ai déménagé à Montréal, ça a ben dû me prendre cinq ans avant de reconnaître quelqu’un. Avant de rentrer à ma chambre, je bifurque au resto de l’hôtel pour me réserver une table pour déjeuner demain matin. Le gars à l’accueil me dit que demain, c’est complètement booké. J’y demande si ce sont les motards qui ont réservé tout le resto. Y me dit que oui. J’en profite pour y dire que je les ai trouvés pas mal envahissants quand y sont arrivés pis que j’ai l’impression qu’ils occupent toutes les chambres autour de la mienne. Y me répond que c’est pas une impression. Dans tout l’hôtel, seulement trois chambres, dont la mienne, sont pas occupées par les motards. Y me dit que tout ste beau monde-là repart demain mais de venir le voir si y font du bruit passé 23h. J’y réponds qu’une fois couchée, les motards pourraient venir danser un rigodon dans ma chambre que je les entendrais pas.

Faque me vla toujours à Percé. Ici, le temps passe trop vite. Une autre journée bien remplie m’attend demain. Après Fernand pis Claude, j’ai ben hâte de voir la prochaine étape…

PS. Y’a pas plu.

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