Publié dans Aventures

Le trou de la fée

J’ai pas super ben dormi dans mon auberge. Y’a eu du bruit tard mais je suis pas certaine si c’était en bas dans la maison ou dehors. En plus, j’ai comme rêvé toute la nuit au maudit code pour débarrer ma porte de chambre. 🙃 Pas très réparateur comme sommeil. J’avais choisi Chicoutimi comme emplacement pour mon deuxième hébergement parce que c’était un bon compromis de distance avec tous les parcs que je voulais visiter pour la suite de mon séjour. En me levant à matin, je constate toutefois qu’y va faire plus beau dans le coin de Roberbal que par ici. Ça m’en prend pas plus pour décider de repartir par là-bas. J’haïs ça revenir sur mes pas pis rouler des kilomètres « inutiles » mais tous ceux que j’ai faits pour me rendre au Lac Saint-Jean vont l’être encore plus si je passe le reste de ma semaine enfermée dans ma chambre. En plus, hier, j’ai pas pu visiter ce qui était initialement dans mes plans faque c’est l’occasion d’aller concrétiser mes projets avortés. En quittant mon auberge, j’arrête au TIM quelques kilomètres plus loin pour m’acheter un muffin (y’ont pu de croissants), pis un grand café. Ça devrait me remettre les yeux devant les trous avant que j’atteigne ma première destination, à environ 85 km d’ici. 🚗

Sur la route, le temps est toujours gris mais y pleut pas. Le dégagement est censé s’opérer en fin de matinée. Je me croise les doigts. Mon premier projet de la journée, c’est la visite du parc Le trou de la fée. Les derniers 8 km pour m’y rendre se font sur une route de terre tapée, parsemée d’eau, de bouette pis de trous. Les pancartes indiquent un maximum de 70 km/h mais franchement, je vois pas le KONA rouler à ben plus que 40 ou 45 là-dedans. Heureusement, je suis tout fin seule sul chemin faque je prends mon temps. Dans les deux derniers kilomètres, la route shake pareil comme quand on roule par inadvertance sur les bandes rugueuses en bordure de l’autoroute. Heureusement que mon café est fini parce que c’est clair qu’y sortirait du verre. Un kilomètre de plus pis y me sortirait peut-être aussi du corps. 🤮 D’ailleurs, quand j’atteins finalement le parking, le petit gars qui débarque du char à côté du mien fait pas ni un ni deux pis se met à vomir, loin du KONA, à mon grand soulagement.

Vue du chalet d’accueil

Le trou de la fée, c’est un endroit unique en son genre. Y tient son nom de sa caverne dans laquelle se sont cachés des hommes pour échapper à la conscription lors de la deuxième guerre mondiale. Apparemment, quand la guerre a pris fin, une femme du village est venue les avertir qu’y pouvaient sortir de leur cachette mais eux-autres, y’ont dit que c’était une fée. Sul site, on peut donc visiter ste fameuse caverne-là mais y’a aussi différents « sentiers » pis une tyrolienne, tout ça avec pour toile de fond la rivière Métabetchouane pis ses puissantes chutes. De toute beauté. La visite commence par un spectacle immersif projeté dans un amphithéâtre naturel de 7 x 16 mètres, taillé à même le granit du bouclier canadien. C’est impressionnant ! Les photos pis vidéos étant interdites, la seule façon de vous partager l’expérience, c’est ste petite vidéo-là, diffusée sul site du parc.

Le spectacle complet dure 21 minutes.

La visite de la caverne est facultative mais évidemment, j’ai ben envie d’aller voir ça. Pour s’y rendre, y faut marcher 1.6 km dans un sentier plus ou moins praticable. C’est pas pour rien d’ailleurs que plus haut, j’ai placé le mot sentiers entre guillemets. Ici, y faut pas s’attendre à de la marche conventionnelle, surtout pas un lendemain de pluie. Le sentier de la caverne fait pas exception. Si les premiers mètres sont relativement modestes, les derniers qui mènent à la caverne consistent ni plus ni moins en une escalade de roches mouillées, boueuses pis glissantes. Le risque de pétage de yeule est, ma foi, assez élevé. Mais ça, c’est rien comparé à la fameuse grotte que je finis par apercevoir après plusieurs minutes de grimpage hasardeux. Mon premier réflexe : virer de bord. 🏃‍♀️ La caverne est pas pantoute comme je l’imaginais. L’entrée est exiguë. Les instructions de la guide, qui nous briefe avant d’entrer, me rassurent pas non plus. Je me coiffe courageusement d’un casque de sécurité. Pour la visite, tous les sacs (à dos, bandoulières, name it) doivent rester dans des bacs à l’entrée. Les parois de la caverne sont trop étroites pour qu’on puisse passer avec. J’abandonne le mien à contrecoeur en prenant soin de cacher ma manette de char pis mon téléphone dans mes poches. D’un pas peu convaincu, je me lance à la suite des autres visteurs vers l’orifice qui me semble de plus en plus petit. Je me pète la tête sur le cadrage supérieur. C’est encore moins haut que j’avais évalué. Heureusement, j’ai un casque.

Entrée de la caverne

À l’intérieur de la grotte, je me sens plus ou moins à mon aise. C’est petit. Très petit. Le sol de roches est évidemment tout croche, mouillé pis glissant. Notre groupe, d’une trentaine de personnes, doit suivre la guide qui nous donne de l’information, tant sur la caverne elle-même que sur la façon de se déplacer. Je peux pas dire que j’ai ben peur mais disons que plus on descend entre les parois, plus je me demande comment je vais remonter. Un des passages doit ben faire 50 cm de large. Certains visiteurs sont contraints de rebrousser chemin parce qu’y passent pas. À noter qu’y fait 5ºC dans la grotte avec un taux d’humidité à 96% faque on a des manteaux ou des chandails plus ou moins épais. Ça aide pas les plus corpulents à se faufiler. Pour ma part, j’ai juste mon hoodie pis mon K-WAY par-dessus. Je suis loin d’avoir frette, trop occupée que je suis pas la descente quelque peu sportive. Je m’étonne d’ailleurs qu’à la billetterie, on se contente de nous mentionner que le site est pas recommandé aux personnes cardiaques ou à mobilité réduite. Me semble qu’y faudrait aussi préciser que la caverne requiert une certaine agilité pis une relative minceur. Quoiqu’il en soit, je retrouve fièrement la lumière du jour, trente minutes pis huit pétages de tête plus tard. C’est le temps d’aller découvrir un autre « sentier ».

Intérieur de la caverne

Le deuxième sentier que j’emprunte est long d’environ 2 km pis mène à la rencontre de trois chutes. Encore ici, la progression est difficile : que des roches, de l’eau, de la bouette, des montées pis des descentes. Vaut mieux être concentré si on veut revenir en un seul morceau. Je me félicite de pas avoir mis mes HOKA aujourd’hui. C’est définitivement pas une sortie pour eux-autres. Vers 13h., le soleil commence enfin à sortir. Je suis contente. Hier, au Musée Mashteuiatsh, j’ai croisé deux madames, qui constatant que je prenais un selfie, m’ont proposé de me prendre en photo. Vla tu pas que 24 heures plus tard, on se croise dans le sentier des trois chutes. On se salue, on rit, on jase deux minutes. Au bout du sentier, le paysage est magnifique. J’enchaîne avec les trois derniers « sentiers ». Celui de la conduite d’amenée d’eau consiste en un court passage dans un gros cylindre suspendu. C’est de loin l’activité du parc qui est la plus accessible pour le commun des mortels. Le sentier des ponts suspendus est également facilement praticable bien qu’un peu d’escalade de roches soit nécessaires entre les passerelles. Finalement, le sentier de la coulée verte en est un autre on ne peut plus casse gueule. Yé quasiment 15h30 quand je reviens finalement au chalet d’accueil. J’ai marché-grimpé-sauté 8.5 km. Je suis fourbue mais heureuse d’avoir exploré ste beau site-là. Mention spéciale à ma hanche artificielle qui a fêté ses dix ans la semaine passée. J’aurais jamais pu faire ça sans elle. En fait, sans elle, je marcherais même pu.

Sentier des trois chutes
Conduite d’amenée d’eau
Passerelle suspendue
Passerelle suspendue
Vue du site

De retour à mon auto, le soleil brille de plus en plus ardemment. Je décide de rouler une dizaine de kilomètres supplémentaires pour passer à la Halte municipale de Chambord où j’ai pas pu arrêter hier en raison du mauvais temps. Apparemment, ste halte-là offre un super point de vue sul Lac-St-Jean, assez du moins pour qu’elle soit mentionnée dans les attraits touristiques de la région. J’y prends quelques photos pis je profite du soleil une quinzaine de minutes avant de reprendre la route direction Chicoutimi. Hier, si y’avait fait beau, j’aurais aussi fait un petit tour à la Plage le Rigolet. Je suis un peu fatiguée, j’ai encore une heure de route à faire mais la plage est sûr mon chemin. Je décide d’y faire un saut, question de pouvoir dire que j’aurai fait tout ce que j’avais mis sur mon programme. La plage est belle, y fait beau pis y fait chaud. J’y marche une petite demi-heure pour faire le plein de soleil qui devrait briller uniquement par son absence demain. 😥

Halte de Chambord
Halte de Chambord
Halte de Chambord. KONA aura besoin d’une petite beauté !
Plage Le Rigolet
Plage Le Rigolet
Plage Le Rigolet
Petite pensée pour les héritiers

En revenant à Chicoutimi, je ramasse un club sandwich chez Normandin pis je le dévore dans ma chambre. Dehors, y’a de l’ambiance. C’est le Festival des rythmes du monde pis la scène est à 500 mètres de mon auberge. J’entends la musique de ma fenêtre. À soir, c’est Hubert Lenoir. J’avais failli m’acheter un passeport vla deux semaines mais la plupart des spectacles sont assez tard en soirée pis en plus, les Cowboys fringants ont annulé. 😥 Là je regrette quasiment. Ça a l’air le fun. D’un autre côté, y’a mon lit qui commence à me faire de l’oeil. 👀 Avec tout ça, j’ai encore marché 10 km aujourd’hui. Demain, c’est déjà ma dernière journée ici. Je repars pour Montréal tôt vendredi matin. Pour mieux repartir… 🚗

P.S. Aucune trace de ceux qui « ne sont jamais bien loin ». 🤷‍♀️

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