Publié dans Badlucks, Chialage

Alerte ! 🚹

Je suis en vacances depuis quelques jours pis j’ai passĂ© l’essentiel de mon temps dehors, soit Ă  lire ou Ă©couter de la musique sur mon balcon, soit Ă  marcher un peu partout dans MontrĂ©al ou aux alentours. D’ailleurs, j’ai tellement marchĂ© depuis le dĂ©but 2024 que j’en suis dĂ©jĂ  Ă  434 km sur les 500 que je m’Ă©tais fixĂ©s pour l’annĂ©e. Bon, j’y Ă©tais allĂ©e modestement sur l’objectif y faut dire. Disons, que j’espĂ©rais secrĂštement me rendre Ă  700 km d’ici la fin dĂ©cembre mais je voulais pas me mettre une trop GROSSE pression. LĂ , si je me fie Ă  mon dĂ©compte actuel, mon objectif secret va s’avĂ©rer une simple formalitĂ©. Aujour’hui par contre, vu qu’y fait un peu moins beau pis pas si chaud, j’en profite pour faire une couple d’affaires Ă  l’intĂ©rieur, comme du tri de paperasse pis des sauvergardes de documents pis de photos sur mon disque dur externe. C’est un peu plate Ă  faire mais y faut que ça se fasse. En plus, j’ai un peu mal Ă  un talon pis je veux pas empirer son cas. L’an passĂ©, j’ai abusĂ© pis je l’ai un peu payĂ©. Bref, quand je marche pas pis que je glande dans la maison, ça me donne envie de chialer… 😁

Je vous ai dĂ©jĂ  parlĂ© Ă  plusieurs reprises du barista qui parlait Ă  l’imparfait dans le cafĂ© en face de mon Ă©cole. Eh ben figurez-vous donc que cette Ă©trange pratique semble affaire courante. đŸ€ Mardi matin passĂ©, aprĂšs quelques tergiversations sur l’emploi du temps de ma journĂ©e, je dĂ©cide de prendre le bord de Repentigny. J’aime ça aller lĂ -bas pour marcher au Parc de l’Île Lebel pis m’acheter un bon cappuccino glacĂ© au CafĂ© Morgane. Souvent aussi, tant qu’Ă  ĂȘtre lĂ -bas, j’en profite pour faire une couple de commissions. C’est plus facile pis accessible qu’Ă  MontrĂ©al pis y’a tous les magasins dont j’ai besoin. Mardi donc, je commence ma journĂ©e repentignenne par un arrĂȘt Ă  l’Aubainerie. Les hĂ©ritiers ont besoin de bas. Quand je me pointe Ă  la caisse avec mes deux paquets de quatre paires de bas, la caissiĂšre me demande : « Y’avait-tu un courriel ou un numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone ». 🚹 Quelle question de đŸ’© ! TOUT dans ste question-lĂ  m’ÉNARVE. QuessĂ© que ça veut dire ça ? Y’avait tu un courriel ? OĂč ? Dans les paires de bas que je veux payer ? Estie, ça te coĂ»terait tu plus cher de t’exprimer comme du monde ? Bref, je prends sur moi pis j’y rĂ©ponds que non, y’avait pas de courriel ou de numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone. Je paie avec ma VISA pis la madame me tend le reçu en me prĂ©cisant que des bas, c’est pas remboursable. đŸš« Comme tout ça se passe en mĂȘme temps, j’y demande Ă  quoi ça sert de donner une adresse courriel. Elle me rĂ©pond que c’est pour m’envoyer ma facture. Je peux pas m’empĂȘcher de lui jeter un regard mystifiĂ©. 👀 Non mais, pourquoi tu veux m’envoyer par courriel une facture que j’ai dĂ©jĂ  en papier pis qu’y de toute façon sert strictement Ă  rien vu que tu viens de me dire que les bas sont pas remboursables ? Je prends une grande respiration pis je sors en sacrant ma facture papier dans la poubelle au passage.

DeuxiĂšme arrĂȘt, je me pointe au CafĂ© Morgane. J’aime ça aller lĂ -bas. Y font des bons sandwichs, des belles salades pis des super cafĂ©s. En plus, l’ambiance est chouette pis le personnel gentil. Sauf que… Je me commande un sandwich pis un cappuccino glacĂ© quand le gars, avec toute la bonne volontĂ© du monde me demande : « Est-ce que c’Ă©tait pour manger ici ? ». 🚹 Eille, je suis Ă  peine remise de mon autre madame moi lĂ . J’y rĂ©ponds que c’Ă©tait et que c’est toujours pour manger ici. Une demi-heure aprĂšs mes deux Ă©prouvantes discussions, je me stationne au Parc de l’Ăźle Lebel, un peu surprise du peu de vĂ©hicules dans le parking par une si belle journĂ©e. đŸ€·â€â™€ïž Je tarde pas Ă  comprendre, mais surtout Ă  me rendre compte que j’apprends pas de mes erreurs. On est le 25 juin pis lĂ , ça me revient, je suis venue ici pile le 25 juin 2023. Y’a quoi le 25 juin ? Rien pantoute. Rien Ă  part que c’est le lendemain du 24 pis qu’hier soir, y’avait une GROSSE fĂȘte icitt. Faque aujourd’hui, pareil comme l’an passĂ©, y’a une GRANDE partie du parc inaccessible au public parce qu’y sont en train de dĂ©faire les genre de chapiteaux pis de ramasser le reste des affaires. Dla marde, je suis rendue pis je veux pas repartir. Je dĂ©cide de marcher dans le pĂ©rimĂštre restreint pis je m’arrĂȘte ensuite pour lire deux heures devant le fleuve. AprĂšs tout ça, le ramassage est fini. Je refais un p’tit tour de consolation avant de repartir chez nous.

Île Lebel
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Aujourd’hui, je suis quasiment remise de mes Ă©motions quand aprĂšs mon gossage de papiers pis d’ordi, je me pointe chez Archambault. J’ai envie de m’acheter un livre pour parfaire mon espagnol qui pour vrai, commence Ă  ĂȘtre pas pire pantoute. SĂ©rieusement, je serais trĂšs optimiste de comprendre pis de me faire comprendre si je me retrouvais subitement dans un endroit oĂč c’Ă©tait la seule langue parlĂ©e. Bref, je me pointe Ă  la caisse tout sourire quand la fille me demande : « Est-ce qu’on avait besoin d’un sac ? » 🚹 Est-ce qu’on avait besoin d’un sac quand ? Oui peut-ĂȘtre que j’ai dĂ©jĂ  eu besoin d’un sac auparavant, quand j’ai achetĂ© plusieurs livres Ă  la fois mais lĂ , aujourd’hui mĂȘme, j’ai pas besoin de sac. Je quitte le magasin, agacĂ©e, pour aller acheter trois-quatre affaires au Maxi et cie. Dans mon panier, une bouteille de savon Ă  vaisselle, deux poitrines de poulet, une sauce de poulet au beurre pis une couronne de brocoli en spĂ©cial Ă  2.99$. Je me prĂ©sente avec ça aux caisses libre-service parce que moi, tant qu’Ă  me faire parler Ă  l’imparfait, je prĂ©fĂšre payer mes affaires tu seule. Ah pis je vous le dis tu suite, j’ai dĂ©jĂ  Ă©tĂ© caissiĂšre dans une Ă©picerie faque je suis super efficace sul scannage des produits, De toute façon, ça prend pas un BAC pour comprendre le principe. Pis des BAC, by the way, ben j’en ai deux. đŸ€Ł

Toujours est-il que j’ai l’habitude de ces caisses-lĂ  que j’utilise plusieurs fois par semaine pis que je maĂźtrise parfaitement la saisie de tous les articles qui ont pas de code. Je suis aussi au courant que depuis peu, chez Maxi, y’a une nouveautĂ© qui exige que si t’achĂštes un lĂ©gume ou un fruit qui marche Ă  la quantitĂ© (non au poids), y faut quand mĂȘme que tu le dĂ©poses sur la balance pour faire plaisir Ă  la machine. C’est le cas d’ailleurs de la couronne de brocoli. Par contre, aujourd’hui, ça bug. Je choisis le bon produit Ă  l’Ă©cran mais la machine me demande pas la quantitĂ© pis m’affiche le signe impatient de dĂ©poser mon produit sur la balance, signe qui dĂ©clanche la lumiĂšre jaune pour caller la surveillante des caisses qui s’amĂšne avec un air exaspĂ©rĂ© pis sa tite carte Ă  la main. Eille moi, aprĂšs les gens qui parlent Ă  l’imparfait, si y’a une affaire qui m’Ă©narve dans la vie, c’est ben de me faire prendre pour une innocente. « DĂ©solĂ©e, y’a un bug avec la couronne de brocoli » que j’y dis. « Ben non madame, vous avez pas fait comme il faut »… Ah ben maudit, veux-tu l’avaler la criss de couronne ? La madame passe sa carte, fait exactement la mĂȘme chose que j’ai fait juste avant pis constate que ça fonctionne pas plus : « Ah ben y’a un bug avec la couronne de brocoli »…. 🚹 Je sors du Maxi victorieuse. 🏆

En arrivant chez nous, je trouve un courrier de KIA dans ma boĂźte aux lettres. Pour la petite histoire, quand j’ai achetĂ© mon nouveau char, on avait dĂ©couvert, grĂące Ă  la perspicacitĂ© de mon frĂšre, que j’avais droit Ă  un rabais de 500$ pour nouveau diplĂŽmĂ© (je venais d’obtenir mon BAC en Ă©ducation en dĂ©cembre). Comme la dĂ©livrance d’un diplĂŽme prend du temps, mon vendeur m’avait dit qu’une lettre de l’UQAM, avec le sceau officiel, suffisait pour qu’on m’accorde le rabais. À la livraison de mon vĂ©hicule, je m’Ă©tais donc prĂ©sentĂ©e avec cette lettre de l’UQAM, lettre que j’avais payĂ©e 30$, mais la fille qui s’occupait de me livrer mon char m’avait dit (ma cousine est tĂ©moin) que le 500$ arrivait toujours par chĂšque, qu’il Ă©tait jamais appliquĂ© direct sur la transaction pis que de toute façon, y me fallait le vrai diplĂŽme. 🚹 Le lendemain, j’avais donc Ă©crit au directeur des ventes pour savoir si oui ou non la lettre fonctionnait pis y m’avait rĂ©pondu : « Le rabais Ă©tudiant a bien Ă©tĂ© appliquĂ© dans votre transaction . Vous pouvez venir a la concession afin que je vous le montre. » No way, j’allais pas me dĂ©placer Ă  Mascouche pour qu’on me montre. J’avais resorti ma facure pis constatĂ© qu’effectivement, le rabais avait Ă©tĂ© appliquĂ©. Affaire classĂ©e. Mais bon, le monde est peuplĂ© d’incompĂ©tents, qu’y parlent au prĂ©sent ou Ă  l’imparfait. Au moins cette fois, c’est Ă  mon avantage. Dans le courrier de KIA, je trouve un chĂšque de 500$, pour nouveau diplĂŽmĂ©… 🚹

Ma joie est cependant de trĂšs courte durĂ©e quand je m’installe devant mon ordi pis que je trouve une alerte ÉQUIFAX dans mes courriels : « Alerte. Ouverture d’un nouveau compte Ă  votre nom. » 🚹 Je me connecte sur ÉQUIFAX pour vĂ©rifier quessĂ© qu’y se passe. J’ai le service de surveillance gratis pour 5 ans je pense, vu que mes informations ont Ă©tĂ© compromises lors du vol de donnĂ©es Desjardins. L’alerte stipule que quelqu’un s’est commandĂ© une carte de crĂ©dit CIBC Ă  mon nom. Je suis insultĂ©e ! InsultĂ©e que quelqu’un qui parle probablement Ă  l’imparfait ait osĂ© utiliser mes informations. J’appelle CIBC. J’attends en ligne une heure pis j’en passe une autre demi Ă  parler avec un pouĂ©posĂ©, trĂšs gentil par ailleurs. La carte est annulĂ©e. Y faut que j’appelle ÉQUIFAX pis TransUnion pour les avertir. Y faut aussi que je prĂ©vienne Service Canada parce que mon numĂ©ro d’assurance sociale a Ă©tĂ© utilisĂ©. À 17h05, on peut oublier le gouvernement. Je rejoins TransUnion sans trop de peine. Y vont dĂ©clencher une enquĂȘte pis faire enlever ste cochonnerie-lĂ  de mon dossier de crĂ©dit. Y m’avisent aussi qu’Ă  partir de maintenant, je vais recevoir un appel chaque fois que quelque chose de suspect ou hors norme se passe dans mes affaires. Perfecto. 👍Quand je vous dis que je parle espagnol…

Rejoindre ÉQUIFAX s’avĂšre une toute autre paire de manches. En utilisant le numĂ©ro 800 que le gars de CIBC m’a transmis, non seulement le message d’introduction dure huit minutes mais y’a AUCUNE façon de parler Ă  un humain. 🚹 Quand je choisis l’option qui stipule que j’ai Ă©tĂ© victime de fraude, ça me demande d’envoyer un rapport de police pis plein d’autres papiers par la poste. Au bout d’une demi-heure, j’appelle un autre numĂ©ro que je trouve sur internet. C’est celui du service Ă  la clientĂšle « gĂ©nĂ©ral ». Encore lĂ , je me bute Ă  des messages d’introduction interminables pis des menus qui offrent aucune possibilitĂ© de parler Ă  quelqu’un. 🚹 Je retourne sul site web pis je trouve un troisiĂšme numĂ©ro. J’appelle. Je finis par trouver une option qui m’offre une lueur d’espoir. J’Ă©coute de la musique pendant vingt-trois minutes avant de discuter, ici encore, avec un pouĂ©posĂ© qui me dit exactement la mĂȘme affaire que TransUnion : enquĂȘte dĂ©clenchĂ©e surveillance accrue, bla bla bla. Restera qu’Ă  appeler Service Canada demain. Dla GROSSE perte de temps qui aurait pu ĂȘtre utilisĂ© Ă  meilleur escient.

Avec tout ça, j’ai quasiment oubliĂ© que j’Ă©tais plus riche de 500$. đŸ’ČđŸ’ČđŸ’Č Je considĂšre ste chĂšque-lĂ  comme un dĂ©dommagement pour toutes les incompĂ©tences dont je suis perpĂ©tuellement victime. C’est drĂŽle parce qu’hier, en marchant, je pensais Ă  ma prothĂšse de hanche pis je me fĂ©licitais d’avoir choisi d’ĂȘtre rĂ©veillĂ©e pis consciente pendant ma chirurgie. À l’Ă©poque, les gens de mon entourage m’avait trouvĂ©e ben courageuse de subir une intervention aussi importante en parfaite possession de mes moyens. Mais non, c’Ă©tait pas du courage mes amis. C’Ă©tait de la mĂ©fiance ! J’avais ben trop peur de me rĂ©veiller avec la prothĂšse du mauvais bord ou pire encore, une hystĂ©rectomie. Y’a une actrice française qui disait : Le seul danger, c’est la bĂȘtise ou l’incompĂ©tence. Moi je vous le dis, on vit dans un monde dangereux. Restez en alerte ! 🚹

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