Je suis en vacances depuis quasiment trois semaines pis j’ai déjà deux road trips pis plusieurs kilomètres dans le corps. La découverte des routes forestières en Haute-Mauricie, j’ai trouvé ça GÉNIAL pis mon petit week-end dans Charlevoix, avec William, c’était vraiment SUPER aussi. Mais bon, y me reste encore plusieurs semaines de vacances faque je serais ben folle de rester assise chez nous. En janvier, quand j’ai commencé à penser à mon été, j’avais ben hâte de partir en Gaspésie. Ben ben hâte. En fait, j’y pensais, j’en rêvais, depuis mon retour de là-bas, en juillet 2023. L’affaire, c’est que cette année, je voulais aussi aller au Nouveau-Brunswick faque quand j’ai commencé à planifier mes vacances, j’ai évalué la possibilité de combiner les deux destinations. Bon, oui, c’était faisable, pis plus rentable point de vue kilométrage que de faire les deux voyages séparément mais y’aurait fallu que je parte un bon deux semaines pis que je roule plus de 3000 km. Ça, ça me tentait moins. 😕 Par expérience, quand je vagabonde sur la route pis que je dors dans différents motels chaque nuit, après une semaine, je suis heureuse de revenir dans mes affaires. Heureuse aussi de retrouver mes héritiers pis mon GROS Charlot. Aux vues de tout ça, j’ai décidé, la mort dans l’âme, de reporter la Gaspésie en 2025. Comme mon père me l’a sagement dit, je vais juste être encore plus contente d’y retourner. Pis bon, y’a quand même trois consolations non-négligeables dans tout ça. La première, c’est que me suis prévu un périple d’enfer avec des super activités pis des hébergements ben sympathiques. La deuxième, c’est que je vais quand même faire une brève incursion en Gaspésie étant donné que je vais bifurquer vers le Nouveau-Brunswick à partir de Mont-Joli. La troisième, je vous la dis pas tu suite. 🤐
Faque aujourd’hui, c’est le GRAND départ, à 6h45. Pour la première partie de mon expédition, je reproduis mon trajet habituel par la 40 jusqu’à Trois-Rivières pis la 132 jusqu’aux portes de la Gaspésie. Si tout va bien, en fin d’après-midi, je devrais retrouver Mon joli motel pis ses moutons en papier mâché. 🐑 Mais avant ça, j’ai environ 600 km à expédier. 600 km, c’est long. Heureusement, j’aime conduire pis j’ai un bon char. En plus, c’est la troisième fois en autant d’années que je fais exactement le même trajet. Je sais par coeur où m’arrêter pour faire pipi ou gazer mon char. Le secret d’ailleurs, quand tu roules autant pis que t’es tu seule, c’est de t’octroyer des petites pauses « fréquentes », genre aux 150, max 200 km. Ça a pas besoin d’être long, dix-quinze minutes c’est ben en masse, mais y faut absolument s’arrêter pour se déplier pis se dégourdir un peu. Ça l’air de rien de même mais conduire, c’est fatigant ! Partir en road trip tu seule aussi, surtout quand tu dors jamais à la même place. Quand tu te lèves un matin pis que tu sais qu’à soir, tu dors plusieurs centaines de kilomètres plus loin, tu peux pas te permettre le moindre faux pas parce que si tu te rends pas à la destination prévue, ça fait une réaction en chaîne pour toute la suite. 😬
Bon je dis ça mais autant j’aime partir avec du monde, autant j’aime rouler solo, seule responsable de mon destin. Partir tu seule, c’est un autre genre de plaisir. Un plaisir que tout le monde devrait essayer au moins une fois dans sa vie. Un plaisir qui s’apparente beaucoup plus à de la liberté que de la solitude. Ce matin d’ailleurs, au volant du SELTOS, je suis loin de me sentir seule. Je roule au son des Cowboys fringants, sous un ciel passablement nuageux, heureuse pis impatiente de rejoindre Sainte-Flavie pis de découvrir par la suite de nouveaux horizons. À une heure aussi matinale, un dimanche matin, je suis pratiquement tu seule sur la route. Fidèle à mes habitudes, je fais une première pause pipi à la halte municipale de Deschaillons. L’endroit a été réaménagé depuis l’an passé. C’est cute mais j’aimais bien aussi comment c’était arrangé avant. Je prends quelques photos avant de repartir vers Lévis. La ville de Lévis, je sais pas pourquoi je persiste à la traverser plutôt que de la contourner. Ça fait trois fois que je passe ici pis trois fois que c’est INTERMINABLE. Ça roule pourtant, mais maudine, le centre-ville doit ben mesurer 20 km entrecoupés de deux cent feux de circulation aucunement synchronisés. Pour vrai, traverser ste ville-là, c’est long pis complètement inutile. Je l’écris pour me rappeler, la prochaine fois, que c’est zéro une bonne idée de passer par là. ⛔


Au moment où je sors finalement de Lévis, le soleil fait enfin son apparition. 🌞🌞🌞 Je suis soulagée parce que je commençais à craindre qu’y fasse pas aussi beau que prévu pis là, je trouve que côté météo incertaine, j’ai assez donné depuis un bon boute. 12h. tapant, j’opère une deuxième pause à Cap Saint-Ignace. C’est là que sul bord de l’eau, je fais la connaissance de Louis, 72 ans, venu directement à vélo de Saint-Jean-Port-Joli. « 36 km rouler jusqu’ici » que Louis me dit. Yé en forme le monsieur ! Quessé qu’y fait à St-Jean-Port-Joli ? Ben figurez-vous donc qui fait du camping au camping Union – La demi-lieue pis creillez-moi, creillez-moi pas, c’est lui qui a le plus beau terrain, drette devant le fleuve. Un terrain double en fait, qui appartenait avant au propriétaire du camping. D’ailleurs le proprio, y va mettre deux chalets prêts à camper sul terrain quand Louis va s’en aller. Pour tu suite, on a pas besoin de s’inquiéter parce que Louis, y’a un genre de droit acquis. Mais attention, y’a rien de notarié là-dedans. À part de ça, Louis, ça fait cinquante ans cette année qu’il est marié. Pour souligner ça, sa fille veut faire un voyage à la Barbade avec lui, sa conjointe pis son fils à elle, Léo, 4 ans. La fille à Louis, elle a une compagnie de maillots de bain, June swinwear. 👙 Des ben beaux maillots confectionnés en Beauce avec du tissu qui vient d’Italie. La compagnie a pignon sur rue à Montréal par contre mais l’essentiel des ventes se fait en ligne. Ah pis son gars à Louis, yé en Estrie. Y fait des pistes de vélos de montagne. 🚲 Bienvenue en région ! C’est certainement pas à Montréal que j’aurais eu ste discussion-là…

14h10, je m’accorde une dernière pause pas mal moins intructive dans une de mes haltes de prédilection, à Notre-Dame-du-Portage. Après ça, y me reste encore 150 km à rouler pour rejoindre Ste-Flavie. En règle générale, ce sont les kilomètres qui me semblent les plus longs. Aujourd’hui, la route se fait relativement bien mais j’ai quand même hâte d’arriver. 16h30, je fais enfin mon check-in à Mon Joli motel. Ça fait quasiment dix heures que je suis dans mon char. C’est assez pour aujourd’hui. Familière avec l’endroit, après toutes ces heures de cavale, j’ai un peu l’impression d’arriver « chez nous ». En plus, j’ai exactement la même chambre qu’en 2022. Eille , pis quand je vous dis que je me sens chez nous, asteur quand j’arrive ici, mon ordi se connecte direct sul wi-fi. Même pas besoin du mot de passe. C’est tu pas beau ça ? 17h., je sors marcher sul bord de l’eau question de profiter du beau soleil pis du GRAND air salin mais aussi de manger à ma petite cantine favorite. À ste cantine-là, le menu est TRÈS élaboré mais évidemment, le crabe pis le homard sont en vedette. Moi je mangerais ben une guédille au homard mais mon bon sens m’interdit de payer 25$ pour ça quand je sais qu’y s’en vend à 12$ à Percé. Mario lui, ça le dérange pas. Imaginez-vous donc qu’il est venu aujourd’hui directement de Joliette avec sa femme, juste pour manger des guédilles. Faque y sont partis à matin, y sont arrivés pour souper, y vont coucher au motel pis repartir chez eux demain. Eille laissez-moi vous dire que ça fait cher la guédille. 💲💲💲 Mario, c’est pas un cheap.






19h30, je rentre à ma chambre pour me reposer un peu. Je veux pas me coucher tard parce que demain, y faut que je reparte vraiment de bonne heure. Faque à soir, ça va être une bonne douche pis un p’tit verre de vino en checkant le coucher de soleil. Ma chambre est pas super ben placée pour en profiter par contre. C’était mieux l’an passé. Tout compte fait, je pense que c’est plutôt le soleil qui va me regarder me coucher. 🤣 Demain, direction Caraquet !
