L’année passée, Renaud est allé au Mont Owls Head en sortie obligatoire avec le CÉGEP. Ça y tentait pas trop mais yé finalement revenu chez nous enchanté de sa sortie. Y faisait partie des seuls de sa gang qui avaient réussi à monter jusqu’au sommet pis y’avait ramené du chocolat pis du cidre, achetés à l‘Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. On avait alors convenu qu’on y retournerait un de ces quatre, pour que je découvre aussi l’endroit, mais on a eu un peu de misère à setter une date entre son école, son travail, ses activités, toutes mes occupations pis la météo. En plus, y’a William qui voulait venir pis lui aussi, y’a ses fins de semaines passablement bookées. Faque quasiment un an plus tard, on a enfin trouvé un créneau pis c’est aujourd’hui qu’on va se lancer à l’ascension de la fameuse montagne. Bon, y pourrait peut-être faire un peu moins chaud mais sinon, le timing est idéal. En plus, ça doit ben faire deux jours et demi que je me suis pas fait piquer par les maudits maringouins faque je suis due. 🦟 Non mais sérieusement, j’ai jamais été piquée autant que cette année. Peu importe la région, en ville ou en campagne, de jour, de soir, j’ai passé l’été entier à me gratter pis à me badigeonner de Benadryl. Pour aujourd’hui, je me fais pas d’illusions. Je vais sans doute être copieusement servie, encore une fois. 😩
À matin, le départ est fixé à 8h. de chez nous avec un petit détour à Longueuil pour rejoindre Wil. À 8h45, nous vla réunis pis partis dans le char de l’héritier. 🚙 Y fait beau pis y’a pas trop de traffic. Avec de la chance, on devrait arriver pas trop tard là-bas pis commencer notre ascension avant que le soleil soit à son apogée. Selon Renaud, la montée est loin d’être facile. Y’a cependant pas l’air de douter que sa mère de 53 ans va réussir à grimper avec sa hanche artificielle quand des jeunes de son âge ont dû abandonner à mi-chemin lors de sa sortie scolaire. C’est fou à quel point nos enfants nous vouent une confiance inconditionnelle. 😍 Ça me rappelle quand Morgan m’avait dit que je pourrais gagner l’émission Les chefs ! avec ma recette de poulet mexicain. 😁 Oui ok, c’est bon mais de là à gagner un concours, y’a une marge ! En tout cas, la haute opinion de Renaud à mon endroit me met un peu de pression. Je veux surtout pas le décevoir. D’un autre côté, ça doit pas être si dur que ça. Je présume que les gars de sa classe étaient pas trop sportifs… 🤷♀️
Les derniers kilomètres pour rejoindre le Mont Owls Head se font sur des petites routes qui offrent des jolis paysages. Encore un nouveau coin que je découvre. Franchement, au Québec, on est quand même gâtés point de vue panoramas. Ceux qui disent le contraire sont certainement pas sortis des grandes villes. Yé finalement autour de 10h15 quand on arrive à destination. On distribue les lunchs pis les bouteilles d’eau dans nos sacs à dos avant de se badigeonner de crème solaire pis de chasse-moustiques. À 10h45 pile, on se lance courageusement à la conquête de la montagne. 💪 Les premiers mètres du sentier me rassurent. Ça a pas l’air plus compliqué qu’y faut de monter là-dedans. Je me dis que les 2.4 km à marcher pour se rendre au sommet vont être vite expédiés. Après tout, la marche, c’est ma spécialité. En plus, hourra, à première vue, y’a pas vraiment de moustiques. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. 👍


Faque oui, la marche c’est ma spécialité, mais l’escalade non pis c’est pas mal la tournure que prend notre expédition après peut-être deux cent mètres. 😬 Ouin, finalement, c’est peut-être pas si facile que ça ste montée-là. Devant nous, le sentier se transforme en un amoncellement de roches, de trous, de racines pis de troncs d’arbres parmi lesquels y faut avancer, en MONTANT évidemment. En plus, Renaud pis moi on s’est mis en pantalon pour éviter de se faire piquer pis là, y doit faire 30ºC à l’ombre. 🌡️ Les sacs à dos aident pas non plus même si on a juste apporté le minimum. Mais bon, ça m’en prend plus pour me décourager. J’ai dit que j’allais monter pis je vais monter. Pour tu suite, les héritiers gambadent agilement devant pis moi, je maintiens un pas pire rythme même si je ralentis un peu. Je reste optimiste même si Renaud me répète que là, on est dans la partie facile. Eille voyons donc. Y veut sans doute me faire peur pour que je trouve ça drôle rendu en haut. 🤔
Le « sentier » monte tellement drette que c’est pas long qu’au passage dans un genre d’éclaircie, on peut déjà profiter d’une vue imprenable sur le lac Memphrémagog pis les Appalaches. J’ai hâte de voir la vue du sommet. Je sens que ça va être GRANDIOSE. Pour l’instant, on en est loin. Y doit nous rester encore 2 km pis le chemin devient de plus en plus hostile. Là, c’est clair qu’on peut pu appeler ça un sentier. Les efforts pour avancer sont de plus en plus soutenus. Pour ma part du moins. J’ai chaud pis je constate que mon cardio est pas aussi bon que je le pensais. 😓 J’ai pas le choix de m’arrêter de temps en temps, un petit trente secondes, pour reprendre un peu mon souffle pis faire baisser mon rythme cardiaque. 💓 Les garçons ont pas trop l’air de souffrir mais y montent quand même moins vite qu’au début. C’est sûr que pour eux-autres, l’effort est bien moindre. Y’ont le coeur jeune, y sont minces comme des fils pis y’ont des grands jambes. C’est beaucoup d’attouts que j’ai aussi mais dans une moindre mesure. 😬


Après des efforts considérables, on atteint enfin les trois quarts de la montée, autour de midi. À cette hauteur-là, y’a un petit boute de roche où on peut s’asseoir pour manger. Selon Renaud, c’est à s’t’endroit-là que la vue est la plus belle. Plus qu’au sommet même. Bon, j’ai pas encore vue le top de la montagne mais c’est vrai qu’ici, le paysage est vraiment magnifique. On voit LARGE, on voit HAUT pis on voit GRAND. De toute beauté. 🤩 Par contre, l’espace pour s’installer est limité pis absolument pas sécurisé. Heureusement, on est tout fin seuls sul caillou. Les autres marcheurs doivent être morts en chemin. ☠️ Avec les héritiers, on s’installe pour manger, face à toute cette superbe IMMENSITÉ. Franchement, ça valait vraiment la peine de souffrir pour voir ça. D’ailleurs, je me demande même pourquoi aller plus haut puisque Renaud dit que c’est ici que c’est beau. 🤔 Mais bon, évidemment, le fameux mont, on va le grimper au complet. Pour l’instant, je profite de la petite pause pour reprendre un peu d’énergie tout en savourant le plaisir de passer du temps avec les héritiers. En plus, y fait SUPER beau. 🌞🌞🌞

La vue, aux trois quarts du mont



La pause dîner terminée, on se remet en route pour le dernier quart qui mène au sommet. 🔝 Jusque là, le sentier était quoté de niveau intermédiaire. À partir de maintenant, y passe à difficile. 😱 Avant de s’y lancer, une petite affiche nous indique que la montée est à nos risques et périls pis d’appeler 911 en cas d’urgence. ⚠️ C’est rien pour me rassurer ou m’encourager mais j’ai dit que je monterais pis je vais monter. En avant de moi, les garçons ouvrent encore le chemin mais y baissent quand même de régime. Pour ma part, les efforts pour avancer sont de plus en plus importants. J’ai chaud, je transpire pis la force pour me hisser me manque, autant dans les bras que les jambes. 🥵 Je commence à me demander si les héritiers hériteront pas avant le temps. 💀 Ste montée-là, pour quelqu’un qui est pas entraîné pis qui grimpe sans chaussures adaptées ni bâtons, c’est pas une sinécure. Oublions pas aussi que j’ai une prothèse de hanche d’un bord pis de l’arthrose de l’autre bord. Laissez-moi vous dire que je suis pas peu fière quand j’atteins finalement le sommet. 😊 Fière, mais un peu déçue. Effectivement, comme Renaud l’avait dit, à partir du top, y’a pas grand chose à voir. Oui, on est vraiment haut mais les arbres cachent considérablement la vue. En plus, au sommet, y’a absolument rien d’aménagé ou de défriché. T’est juste deboute, à moitié en équilibre, sul bout d’une roche. 🏔️ En fait, ce qu’il y a de meilleur en haut, c’est la satisfaction de t’y être rendu. 💯



Ce qu’il y a de pire, par contre, c’est la perspective de devoir redescendre. 😱 Oui, je sais, d’habitude on considère que descendre de quelque part c’est plus facile que d’y monter mais ici, y’a rien de moins sûr. Pour le cardio, ok, c’est définitivement moins pire mais pour les genoux, c’est une véritable tuerie sans compter qu’un dénivelé aussi à pic, c’est ben plus casse-gueule en descendant. 🚑 Eille pour vrai, y’a des pentes de ski icitt. Y pourraient pas prévoir un télé-siège pour le retour ? Je m’achèterais un ticket right now. Bon, je dis ça mais vous savez ben que jamais je choisirais la solution facile. J’ai monté, je vais descendre, même si mes jambes shakent comme si j’étais en phase terminale d’une maladie dégénérative. 😰 J’en viens finalement à boute au prix de multiples efforts pis de cascades improbables. Je suis fourbue pis Renaud aussi. William a l’air moins magané que nous. Yé fait tought cet enfant-là. 💪
Avant de repartir vers Montréal, on fait un détour de quelques kilomètres pour passer à l‘Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. Bon, on a plus le temps pis encore moins l’énergie pour visiter la bâtisse mais on veut au moins aller dans le petit magasin où y vendent du fromage, du cidre, du chocolat pis plein de produits fins. Pour la visite, je reviendrai une autre fois parce que ça a l’air vraiment beau. 18h., je reviens chez nous avec Renaud, après avoir repris mon char chez William. Avec le mélange de crème solaire, de chasse-moustiques pis tout ce que j’ai transpiré, je me sens sale comme rarement dans ma vie. Je me prends une super douche pis une bonne bière ben frette. 🍺 Ce fût une belle et dure journée. 😍
