Publié dans Aventures, Badlucks

Le chemin de croix

Jour 2 de ma fabuleuse épopée. Hier, ou plutôt ce matin, je suis tombée comme une masse quand j’ai enfin eu accès à un lit mais au final, j’ai peu pis mal dormi. Genre deux ou trois heures. En me réveillant ce matin, je m’empresse de checker mes courriels mais j’ai rien reçu de la part d’Air Transat. Je prends une douche en vitesse, je remballe mes affaires pis je descends pour déjeuner avec le beau coupon de 15$ gracieusement offert par la compagnie aérienne. Au « resto » de l’hôtel, c’est relativement grand mais y font rentrer le monde au compte-goutte même si la moitié des places sont vides. Dans la file d’attente, je reconnais les gens qui sont dans la même galère que moi. Je discute avec eux en anglais. Certains ont déjà eu un courriel de la compagnie, d’autres non. D’une façon ou d’une autre, tout le monde affiche le même désespoir. 😧 En attendant ma table, je décide d’appeler chez Air Transat. ☎️ Après une attente interminable, on me promet qu’on m’a pas oubliée. Eille, j’ai tu le droit d’être un tit peu méfiante ciboire ? Me semble que je suis souvent badluckée quand même… Bref, la fille au téléphone me dit que je serai probablement replacée sur le vol de 21h40 ce soir mais peut-être aussi avec une autre compagnie. En attendant, j’ai rien d’autre à faire qu’attendre pis manger. Ça tombe ben, le serveur vient de me « trouver » une place faque je me commande sans tarder un canadian breakfast. Grâce à mon expérience néo-brunswickoise, je sais maintenant que je dois commander les œufs « flip » pis surtout pas harder parce que le jaune va être cuit. Mais bon, peu importe, je veux juste me nourrir pis surtout boire un café. ☕

Le déjeuner est pas fabuleux. Pire, yé limite mangeable. Les œufs, ça va encore mais le bacon est trop salé, les patates fades pis les toasts pas toastées. Je grignotte un peu, je cale le café pis je sacre mon camp. Apparemment, y’a des navettes qui passent ici aux demi-heures pour nous emmener à l’aéroport. Je monte dans la première que je vois arriver, avec tout mon stock, évidemment. En arrivant à Pearson, je m’empresse d’aller questionner le comptoir Air Transat mais on me répète encore de surveiller mes courriels. 🤷‍♀️ Je décide de prendre mon mal en patience. Je m’achète un matcha latté au Starbucks pis je sors mon ordi pour écrire mon blog. 💻 Vers 13h30, je reçois enfin le courriel tant espéré. Hourra, on m’a replacée sur un vol Air Canada à 19h35. Je ramasse mes affaires pis je pars en quête du comptoir pour m’enregistrer.

Bon, moi, j’ai pas tant voyagé dans ma vie pis comme je le disais, ça faisait dix-neuf ans hier que j’avais pas pris l’avion. Je me rappelais pas combien les aéroports étaient grands. Ou bien c’est Pearson qui l’est particulièrement. 🤔 Quoiqu’il en soit, j’ai beau marcher d’un bord pis de l’autre dans l’allée des départs, je trouve pas le maudit comptoir. ❓ Après deux kilomètres de marche, j’apostrophe un employé qui me dit que je suis pas dans le bon terminal. Ici, on est dans le 3. Air Canada, c’est dans le 1. Pour m’y rendre, y faut que je prenne un train estie. 🚄 Le gars m’explique en anglais où aller. Je repars avec tous mes bagages dans la direction indiquée. Après une série de marches, pis de viraillages, je trouve le train pis je monte dedans en espérant que j’ai fait la bonne affaire. Quand les portes s’ouvrent une couple de minutes plus tard, je découvre avec soulagement le terminal convoité. Je me remets en marche, avec tout mon stock encore une fois, pour trouver le comptoir Air Canada. Mais avant, petite minute de silence pour celui ou celle qui a inventé les valises sur roulettes. 🧳 J’ai pas tant de bagages mais j’aurais jamais pu marcher autant avec tout ça dans les bras.

Mon enregistrement se passe sans problèmes. Oui, je sais qu’on est pas censé en avoir non plus mais asteur, je me méfie de toute. Aux gates par contre, c’est plus sévère qu’hier à Montréal. On me demande de sortir mon ordi portable de mon bagage à main. L’affaire, c’est qu’y rentre ben juste dedans pis que je dois enlever tout le reste si je veux le sortir de là. Le reste, c’est pas grand-chose : une paire de chaussures 👟, une petite robe 👗, une paire de bobettes 🩲 pis ma petite couverte 🛌. Je vide tout ça dans le BAC pour vérification. Rendu au boute du tapis roulant, je constate que mon sac à moitié vidé a l’air d’avoir été choisi pour se faire scanner plus en détail. Le monsieur qui s’en occupe fait une drôle de face en regardant l’écran pis y me demande, d’un air étonné : « Do you have a rock in your bag ???» J’acquiesse.  L’agent fouille dans ma chaussure pis trouve le caillou que j’ai apporté pour déposer en Italie. Un caillou avec une feuille d’érable pis un petit message « Bonjour du Canada, Buongiorno dal Canada ». Le monsieur sourit pis me dit que c’est cute. Y me redonne ma roche. 😁

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À l’écran d’à côté, une madame est en train de passer mon sac à dos au peigne fin. Elle me chicane parce j’ai un peu d’eau dans ma bouteille. 😬 Pour vrai, elle est vraiment pas contente. Pas contente du genre qu’elle pourrait pas faire des annonces pour WALMART. J’aurais eu un gun que ça aurait pas été pire. Ben oui maudine, au milieu de toutes mes aventures, j’ai oublié de la vider. En plus, c’est de l’eau du terminal 3 maudite marde. 💩 La madame part avec ma bouteille en me jetant un regard haineux pis me la rapporte vide une couple de minutes après. My god, voulez-vous ben me dire pourquoi on peut pas transporter de l’eau bout de viarge ? Je la ferai surement pas boire de force à quelqu’un ! Anyway… Y doit être 15h. quand j’arrive à proximité de ma porte, la E73. En jetant un œil à ma carte d’embarquement, je remarque qu’il y a la mention « voyageur assidu ». Wow ! Ça prend pas grand-chose pour être un client fidèle chez Air Canada. J’ai jamais voyagé avec eux-autres. 🤣 Kin, autre fait cocasse ou du moins qui m’a fait sourire la nuit passée, mon coupon à présenter à l’hôtel avait été fait au nom de Hélène Desaulniers, comme ma mère. 😍 Quand j’ai vu ça, j’étais tellement désespérée que je me suis dit que ça devait être elle qui m’envoyait un petit clin d’œil. 😉 En réalité, j’y crois pas pour deux cennes. J’ai jamais cru à ste genre de manifestations-là. Pis bon, Hélène c’est un des prénoms qui figurent sur mon passeport hein. 😁 Au travers de tout ça, mon contact d’urgence de Wingbuddy m’a répondu à matin. Y m’a dit que si je réussis à partir à soir, j’aurai juste à me prendre un train pour Florence pis m’en aller à mon hôtel. Nouveau défi pour demain donc. Pour tu suite, je me concentre sul vol. On verra après. Si ça se trouve, une autre emmerde va survenir.

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Toujours est-il que j’ai encore plusieurs heures à attendre avant de décoller. Petit conseil d’ami, si vous voulez que vos vacances paraissent longues, passez les à attendre dans un aéroport. Vous allez voir que le temps est long longtemps icitt. ⏳ Quand l’embarquement commence, autour de 19h, ça fait trente heures que je suis partie de chez nous pis je suis encore dans la province voisine. Je suis fatiguée. On dirait que je perds la notion du temps pis des jours. Hier, j’ai même perdu la notion des lieux. Sul coup, quand on nous a dit que le vol était annulé, je me suis dit que c’était plate pour ceux qui étaient pas de Montréal pis qu’au moins, moi je pouvais me caller un UBER pis aller dormir chez nous. Jusqu’à ce que je réalise qu’on était pu à Montréal… Avec Air Canada, on embarque par numéros de zones faque je suis à l’affut. C’est là que j’entends mon nom appelé dans le speaker. 🔊 Estie quessé qu’ils me veulent ? Ya tu un problème avec ma réservation ? 😬 Mon enregistrement ? 😬 Je me présente à la madame le coeur battant. 💗 Si c’est une autre mauvaise nouvelle, je pense que je me roule à terre en braillant. 😭 Finalement, la dame en question veut juste me proposer un autre siège parce que, pour une raison X, y’a pas de Wi-Fi sul siège qui m’a été attribué. Bon, je m’en fiche parce que c’est une option payante pis je la paierai pas mais le siège proposé a pas de rangée devant. Ça laisse pas mal plus de place pour les jambes. Je le prends.

En entrant dans l’avion je constate ma bonne décision. Franchement, je vais être ben mieux assise. J’ai hâte de décoller. ✈️ 19h30 tout le monde est installé. Je peux pas croire que c’est enfin le moment. Je peux pas le croire pis je fais ben parce c’est pas long qu’un petit bip de mauvaise augure se fait entendre dans le speaker : « Bonsoir, c’est le capitaine bla bla bla, on a un bris, tout le monde doit descendre. On va vous tenir au courant. » Là vous pensez que je vous fais une joke hein ? Mais non. C’est bel et bien vrai. Reprise d’hier. Tout le monde sort de l’avion. 🫨 Moi j’avance avec mes bagages pis mes trente et une heures de désespoir. J’ai pu d’énergie. J’ai faim pis je m’endors. Dans l’aéroport, le lounge où on est supposés attendre est full occupé. Trouver un endroit pour simplement s’asseoir est pratiquement mission impossible. Je voudrais manger mais y’a des longues files partout pis je tiens pu deboute. Je me prends finalement un cappuccino pis des bâtonnets de Nutella dans un comptoir pas trop achalandé. Ça sera ça mon souper. Pour l’instant, l’écran affiche qu’on va partir à 23h. Stu vrai, stu pas vrai ? Hier j’ai été supposée de partir dans quinze minutes pendant trois heures. Je le crèrai quand je le verrai. Pour tu suite, yé rendu 21h45 pis je commence à trouver le temps assez long merci. Maudine, y me semble que je les méritais ces vacances là. Je me suis tellement démenée cette année ! 😢

Autour de 23h., on vient finalement à boute d’embarquer mais c’est un vol rempli à capacité faque c’est super loooooooooooooooong. Une fois dans l’avion, je m’installe avec la petite couverte fournie, mon coussin dans le cou pis ma musique sur les oreilles. Là, j’aspire juste à dormir. 😴 Dans le speaker, le capitaine nous informe d’un autre petit délai. Y’a trop de trafic pour décoller tu suite. Moi je veux pu rien savoir de rien. Je ferme mes yeux dans l’espoir de me réveiller à Rome. Ou n’importe où ailleurs qu’à Pearson. Je sombre dans le sommeil avec la vague impression que l’avion quitte la terre ferme… ✈️

2 commentaires sur « Le chemin de croix »

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