Publié dans Aventures

La tradition se poursuit

La tradition, c’est l’expédition au Rapide-Blanc, bien sûr. 😁 Depuis qu’Hydro-Québec a repris la maison pis qu’on en a, par le fait même, perdu l’accès, on a tenu notre pari de s’y rendre pareil chaque année, uniquement pour aller voir ce qu’y se passe sur la route, au village pis autour de la maison. C’est donc la sixième fois aujourd’hui qu’on y va juste pour le fun pis pour sortir mon père par la même occasion. Un périple qui nous amuse énormément mon père, mon frère pis moi. Evelyne un peu moins, par contre. Aujourd’hui d’ailleurs, elle est « indisponible » pour l’activité. Ce qu’on comprend tout à fait. De un, quand tu travailles toute la semaine, tes fins de semaines passent vite. De deux, l’activité est quelque peu redondante, encore plus pour quelqu’un qui a pas d’attachement à l’endroit. De trois, Evelyne aime pas tant rouler en char mais elle nous suit avec bonne volonté dans toutes nos péripéties. Faque elle a droit à une dérogation pour cette année. 😁 Pas nous autres par contre. C’est donc dès 8h45 que mon frère pis moi on se met en route, chacun dans notre char, pour que je laisse le mien au Ministère des Transports, à Trois-Rivières. Comme ça, j’aurai pas besoin d’aller virer jusqu’à Nicolet à soir, quand je voudrai repartir chez nous. Un gain de temps d’une quarantaine de minutes quand même. Je vous jure que c’est non-négligeable après une journée en Haute-Mauricie.

Après un premier changement de char pis un arrêt au Tim Hortons, on arrive à la résidence Chartwell à 9h50, pour récupérer mon père qui nous attend tout pimpant dans le portique. Rechangement de char, tout le monde embarque dans la Subaru pour les besoins de l’expédition. Sur la route vers La Tuque, rien à signaler. On longe la rivière St-Maurice sur toute la durée du trajet. 130 km environ. La rivière, d’ailleurs, a repris un niveau plus normal au grand bonheur des plaisanciers qui en profitent dans toutes sortes d’embarcations. 🏄‍♂️🚣‍♀️⛵ En plus, y fait beau encore une fois. 😎 On a eu un bel été me semble. À Montréal, du moins. J’ai l’impression qu’on a pas eu tant de pluie. Sauf peut-être quand j’étais en Espagne ? Aucune idée… Bref, la rivière est retournée dans son lit pis la route inondée a repris ses droits. Ni vu, ni connu. Si ce n’est des quatre cent voyages de gravel désormais empilés en retrait, dans un espace vacant. Bref, c’est l’heure de dîner quand on arrive à La Tuque mais avant ça, on veut aller passer sur le petit pont métallique, tout près du centre-ville. Le pont le plus étroit que j’ai vu dans ma vie. Récemment élargi de deux pouces, toutefois, pour permettre à une ambulance style Econoline de passer. C’est dire que c’est pas large. Pis y’a quoi l’autre bord de ste pont-là ? Des lacs pis des chalets, je pense. On est jamais allés voir. 🤣 Le pont étant peu fréquenté, mon frère pis moi on s’amuse à se prendre en photos dessus pour en démontrer largeur. Une activité inutile qui nous amuse quelques minutes pendant que l’ainé attend dans le char, en se disant probablement qu’il a engendré deux héritiers aussi tannants que lui. 😁

Sur le petit pont métallique
Mon frère est quasiment capable de toucher les deux côtés en même temps
Mon père attend ses enfants dans la Subaru 🤣

Après l’aller-retour sul pont, on s’en va luncher chez La Tuque Déli, resto où on s’arrête pratiquement chaque année. Au menu, combo pizza-spaghettis pour mon frère pis moi et pizza aux fruits de mer pour mon père. 🍕 On s’éternise pas parce qu’on a pas mal de route à faire. En plus, y’a une exposition de vieux chars dans la rue juste à côté pis on veut y jeter un oeil. 👀 C’est le fun, je trouve, de revoir des anciens modèles qu’on a déjà vu rouler pour vrai dans les rues vla quarante-cinquante ans. Une Beetle 1972, une Acadian 1968, des vieux Nova… Je me demande si un jour, quelqu’un va se pâmer devant un Kia Seltos 2024. 🤣 Bref, après cette petite distraction imprévue, on repart en Subaru par le chemin de la Croche avec un petit détour non digne de mention à la Centrale Beaumont pour checker le barrage. Ici, franchement, aucune commune mesure avec les barrages dont on a l’habitude. Mais bon, on l’aura vu pis on reviendra pas. Sauf si Evelyne insiste. 🤣

Les vieux chars en exposition
La Centrale Beaumont

Nous autres, la centrale qui nous intéresse, c’est celle de La Trenche, située une cinquantaine de kilomètres plus loin. Bon, j’en ai parlé maintes et maintes fois faque j’ai pus rien à en dire. À part qu’on doit rouler sur ste barrage-là pour aller au Rapide-Blanc. La première fois que j’y suis passée, c’était en 2001. C’est toutefois depuis 2019 uniquement qu’est née la tradition de se poser dessus, deboutes à la même place.

2019 : avec Alain, mon beauf
2020 : avec mon frère, mon beauf, mon fils et sa blonde
2021 : avec mon père et mon frère
2022 : avec mon père et mon frère
2023 : avec mon frère. On était dans l’autre sens pour poser mon père dans le char en même temps 😁
2024 : avec mon frére, de retour du bon bord
2025 : avec mon frère
2026 : avec mon père et mon frère

Le village de Rapide-Blanc est à une vingtaine de kilomètres de La Trenche. Sul chemin, on a toujours les mêmes affaires à checker c’est à dire le bord de l’eau juste à côté du barrage pis les deux petits campings improvisés sul bord de la rivière. ⛺ Parce qu’ici, y’a des beaux petits spots sul bord de l’eau pis y’a des passionnés de nature qui viennent camper un peu illégalement. Illégalement mais tolérés, je cré ben, étant donné que tout le monde sait qu’y sont là pis que personne dit quoi que ce soit. Bref, ici, t’as beau être sul bord de la rivière, ça empêche pas que ça a l’air plate en estie. 😬 T’as pas de toilettes, pas de douches, pas d’eau courante en fait, pas d’électricité, rien pantoute. De l’eau pis des arbres. That’s it. Faque nous-autres, chaque année, on roule drette au milieu des roulottes pis des tentes avec la Subaru, en regardant les campeurs qui eux-autres aussi nous regardent. 🤣 Je vous mens pas, je suis quasiment sûre que depuis le temps, y doivent nous reconnaître. Y doivent aussi se demander quessé qu’on fait ici chaque été, comme si on était perdus dans une autre dimension. 🤣 Bref, après les campings, au boute de la route, y’a finalement la Centrale Rapide-Blanc pis son village du même nom. Le rituel ici, aller tout d’abord voir le barrage par en bas pis entrer dans le village où on bifurque dans un mini chemin peu praticable pour vérifier notre bug temporel. ⌚ Parce que quand on passe là, l’heure de la Subaru fait immanquablement un bond de quatre heures, sans qu’on sache pourquoi. Cette année, la même chose se produit, pile au même endroit. On passe de 15h45 à 19h45 pis on s’en étonne alors qu’on sait très bien que c’est ça qui va se produire. 🤣🤣🤣

L’arrivée au village

Dans ste petit chemin-là, mon père nous indique un petit « escalier » que lui connait mais qu’y nous a jamais montré avant. Mon frère me met au défi de monter dedans en me disant qu’y vont faire le tour en char pis venir me chercher en haut. 😁 En arrivant au sommet des « marches », je découvre un boisé ben trop dense pour marcher là-dedans. La distance pour revenir sur la route est relativement courte mais j’ai de la végétation jusqu’à la taille pis le portrait est plutôt hostile. 🤔 Me vla donc contrainte de repartir d’où je viens pis de marcher vers le village pour retrouver les deux clowns qui m’attendent en haut pis qu’y comprennent pas pourquoi j’arrive pas. 🤦‍♀️ Évidemment, c’était totalement impossible de pas se retrouver. Ici, c’est tellement tranquille que t’as juste à lâcher un cri pour qu’on t’entende dans tout le village. Parce que le village, je l’ai pas mentionné vu que j’en parle chaque année mais y’a juste sept-huit maisons dedans pis yé même pas habité. Inutile de préciser qu’à part le chant des oiseaux, y’a pas grand bruit dans le coin. Bref, la suite de la visite, c’est de rouler jusqu’en haut du barrage pour voir si y’a quelque chose de nouveau puis de traverser le village, en checkant l’état des maisons, de « la nôtre » surtout. 🏡 Cette année, comme celles d’avant, force est de constater qu’elle se maintient sauf peut-être la véranda qui aurait besoin d’un coup de jeune. Mais bon, est-ce qu’on va un jour récupérer ste maison-là ? Moi, je pense que oui. Mais quand ? 🤷‍♀️

L’escalier, en voie de disparition
Le village de plus près
Notre maison, reprise par Hydro depuis 2021 pour en faire des bureaux

Faque après la visite du village, reste plus qu’à repartir en sens inverse vers La Trenche avec deux derniers arrêts sur le chemin. Le premier, aller voir les pits de sable découverts l’an passé pis le deuxième, prendre notre douche dans la cascade en bordure de la route. Du côté des pits, rien de nouveau sous le soleil. Faut dire que des buttes de sable ben c’est des buttes de sable. À moins de complètement disparaître, je pense pas qu’on va remarquer quoi que ce soit de nouveau de ste côté-là. La douche, elle, a évolué dans le mauvais sens avec les années. 😕 Initialement, les petites marches pour s’y rendre étaient plus stables pis la rampe, plus solide. Quand à la douche elle-même, avant, y’avait une petite passerelle en bois pis un banc qui rendaient les lieux plus fonctionnels pis plus sécuritaires. Depuis deux ou trois ans, ces installations-là sont disparues. Reste simplement une planche avec des crochets pour y déposer nos serviettes. Malgré ça, la douche semble de toute évidence fréquentée par d’autres personnes. Des campeurs probablement. Parce qu’à notre arrivée, on découvre deux débarbouillettes pis un savon abandonnés sur place. Ce qui nous empêche pas d’accomplir notre tradition annuelle. Pour la première fois cette année, mon père s’aventure pas dans les marches précaires. D’habitude, y nous dit qu’y va nous attendre à côté de l’auto mais y finit toujours pas surgir à l’improviste. 😱 Aujourd’hui, y tient parole pis nous attend pour vrai sul bord de la route. C’est une bonne affaire parce que le chemin vers la douche est vraiment rendu casse-gueule. 🚑

Les pits de sable
À la douche !
Exibit #1
Exibit #2

Yé quand même « tard » quand on quitte finalement la douche. 17h15 environ. Reste maintenant à rouler jusqu’à Shawi, pour déposer mon père puis jusqu’au ministère afin de reprendre possession de mon char. 20h. tapantes, j’entame ma dernière portion de route, direction Montréal. 🚙 Avec de la chance, je vais me rendre quasiment jusqu’à Berthier avant qu’y fasse complètement noir. Mais bon, conduire à la noirceur, ça me dérange pas particulièrement. C’est plutôt la fatigue qui vient avec, quand yé 23h. ou minuit. De toute façon, dans ma famille, tu conduis en toutes circonstances. Que ce soit dans le noir complet, au milieu d’une tempête, sur l’autoroute, dans une grosse ville, dans un chemin pas vraiment prévu pour un char ou tu seule sur un trajet de plusieurs centaines de kilomètres… Y’a rien à notre épreuve. Pour ce soir, y’a pas mal de trafic mais je réussi quand même à expédier le projet en une heure et quart top chrono. Bilan du jour : environ 675 km. Bilan de mes trois journées : environ 1185 km. Oui, c’est beaucoup de route mais mon père était content pis on a eu du fun. 🤩

Rapide-blanc 2026 : mission accomplie ! 🏆

Vacances 2026 : finies ! 😎

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