Et un dernier jour se lĂšve sur Gananoque. Enfin, pour moi hein, pas pour la ville. đ Ben oui, c’est aujourd’hui que je repars. Faque en me levant ce matin, je me prĂ©pare pis je ramasse tout mon stock avant de descendre dĂ©jeuner pour une derniĂšre fois au rez-de chaussĂ©e de mon hĂŽtel. Quand j’arrive en bas, dĂ©ception, je constate que le grille-pain est out of order. Pas de bagels ou de toasts possibles. âčïž Je me rabats sur un bol de cĂ©rĂ©ales avec un yogourt aux pĂȘches pis un jus d’orange. Ayant pas plus faim qu’y faut, ça va faire entiĂšrement la job. AprĂšs manger, je remonte chercher mes affaires pis je passe au check out. « You’re all set » que le jeune homme me dit. Merci bonsoir. Je quitte les lieux, Ă©quipĂ©e d’un cafĂ© gratis, trĂšs satisfaite et de l’hĂŽtel et de mon expĂ©rience Gananoquienne. đ Avant de reprendre la route, je fais un arrĂȘt Ă la station-service pour faire un plein Ă « pas cher ». Bon, je dis un plein mais mon char est encore au tiers. Je suis quasiment déçue qu’y soit pas plus vide Ă©tant donnĂ© le prix du gaz. 145.8 ici pour de l’ordinaire. Qui aurait cru qu’ un jour, on serait contents de voir l’essence Ă ste prix-lĂ ? Pis ça, c’est rien. J’en ai mĂȘme vu Ă 139.6 Ă un moment donnĂ©. MĂ©chante aubaine pour nous, pauvres QuĂ©bĂ©cois. đ€

Faque mon plan du jour c’est de repartir par la petite route le long de l’eau pis de switcher sur la 401 quand je serai tannĂ©e. Sul chemin de l’aller, j’ai essentiellement empruntĂ© la county road 2 mais j’ai fait les derniers kilomĂštres, une quarantaine peut-ĂȘtre, sur la Thousand Islands Parkway. Aujourd’hui, mon GPS me fait partir direct par la route 2. Je prĂ©sume que c’est peut-ĂȘtre un peu plus court ? HonnĂȘtement, je me pose pas trop de questions. Je dĂ©cide de l’Ă©couter, pour une fois, pis de suivre ses indications. Le principal, c’est que je me rende chez nous. Et puis, je vais peut-ĂȘtre dĂ©couvrir autre chose… Sur ste route-lĂ , rien Ă signaler. J’alterne les segments Ă 80 km/h pis 60 km/h tout en traversant des zones plus ou moins habitĂ©es. đ AprĂšs 40-50 km, j’atteins la portion que j’ai dĂ©jĂ faite dans l’autre sens. Je roule tranquillement tout en passant un coup de fil Ă mon pĂšre pour y faire un compte rendu de mes activitĂ©s. âïž Un peu avant Cornwall, je fais un stop pipi dans une station-service pis je switche sur la 401 pour poursuivre mon chemin. Les plus beaux villages, je les ai dĂ©jĂ traversĂ©s pis lĂ , j’ai envie d’avancer. Quand j’arrive Ă la hauteur de RiviĂšre-Beaudette, que l’autoroute change pour la 20 pis que j’aperçois la pancarte du QuĂ©bec, je peux pas m’empĂȘcher de sourire. đ C’est niaiseux un peu mais quand mĂȘme, c’est ICI chez nous.
Bon, je dis ça mais je suis pas du tout souverainiste. Je suis Canadienne pis je suis ben contente de mĂȘme. C’est simplement le fun de revenir dans un environnement connu avec une langue que je maĂźtrise. Parce que moi, je suis pas bilingue pantoute. Je me dĂ©brouille avec ce que j’ai appris Ă l’Ă©cole vla quarante ans + le fait que j’entends souvent de l’anglais ici, Ă MontrĂ©al. Faque en gros, je suis capable de demander des informations ou mon chemin, de faire un check in Ă l’hĂŽtel pis de comprendre toutes les instructions sur le gym, le dĂ©jeuner pis le parking, de me commander Ă manger au resto pis de discuter un minimum avec les gens. Comme hier, quand j’ai expliquĂ© Ă mon serveur que it was too hot on the top of the boat. đ€Ł Des fois, y faut que je fasse rĂ©pĂ©ter les gens, surtout si y’a du bruit pis d’autres fois, je dois probablement rĂ©pondre des affaires pas rapport. đ N’empĂȘche, comme mon frĂšre me le rappelais avant que je parte, j’ai quand mĂȘme rĂ©ussi Ă me rendre tu seule Ă Florence, en Italie, en suivant des indications uniquement en anglais ou en italien. Je suis pas pire pareil. đ Bref, aprĂšs un switch sur la 30 pis un autre sur la 40, je me ramasse jammĂ©e dans un bouchon en approche du pont de l’Ăle-aux-Tourtes. LĂ , y’a pas Ă dire, je me sens VRAIMENT chez nous. đ©
Kin, je disais vendredi que je suis pas allĂ©e souvent en Ontario mais en y repensant bien, j’y suis allĂ©e une couple de fois. La premiĂšre, c’Ă©tait en 1987, en sortie scolaire de secondaire 4. đ Dans ma tĂȘte, ste voyage-lĂ est trĂšs flou. đ€ Je me rappelle qu’on Ă©tait passĂ©s devant le Parlement pis sur une rue oĂč y’avait plein d’ambassades. J’ai aussi un vague souvenir qu’on avait peut-ĂȘtre couchĂ© lĂ , dans une auberge-jeunesse mais je suis pas certaine. Ătrangement, j’ai aucune photo de cette sortie-lĂ , moi qui avais pourtant un super KODAK 110 avec des flashs qu’on fixait sul top ! đ La deuxiĂšme fois que je suis allĂ©e en Ontario, je commence Ă me demander si en fait, c’Ă©tait pas elle la premiĂšre. Parce que c’Ă©tait la mĂȘme annĂ©e, en mai. Bref, ste fois-lĂ , j’avais participĂ© Ă un Ă©change Ă©tudiant. Pendant toute l’annĂ©e scolaire, on avait Ă©tĂ© jumelĂ©s avec des Ontariens pis on avait correspondu avec eux-autres. En mars, les Ontariens Ă©taient venus passer une semaine au QuĂ©bec faque on hĂ©bergeait la personne avec qui on Ă©tait jumelĂ©e. La fille avec qui on m’avait matchĂ©e s’appelait Donna. Elle Ă©tait ben fine mais super rĂ©servĂ©e pis pas trop de party. En fait, je m’entendais mieux avec toutes les autres personnes du groupe qu’avec elle. đ€Šââïž Je me rappelle qu’on avait eu le choix de faire une activitĂ© de glissade ou une autre patente. Donna avait choisi la glissade pis moi, l’autre affaire. Quand elle Ă©tait revenue Ă la fin de la journĂ©e, elle s’Ă©tait pĂ©tĂ© la gueule en glissant pis avait cassĂ© ses lunettes. Ma mĂšre Ă©tait allĂ©e lui faire rĂ©parer chez l’optomĂ©triste…

Bref, deux mois aprĂšs, c’est nous-autres qui allions en Ontario, dans la ville d’Elmira prĂ©cisĂ©ment. Un trajet de genre dix heures, en autobus. đ Quand on Ă©tait arrivĂ©s lĂ -bas, j’avais eu la malchance de constater que tous mes amis Ă©taient logĂ©s dans des belles maisons, en plein coeur de la ville. Sauf moi, Ă©videmment. Donna, elle, elle vivait dans la grosse campagne, dans une maison un peu louche, dans mon souvenir, du moins. Je me rappelle que je dormais dans le grenier pis que par la fenĂȘtre, je voyais passer des Mennonites en charrettes tirĂ©es par des chevaux. đ My god, avant l’Ăšre d’internet, on Ă©tait moins ouverts sur le monde pis je pouvais pas concevoir que des gens vivaient encore de mĂȘme au Canada. đź Bref, dĂšs le premier soir, j’avais appelĂ© mon pĂšre pour qu’y vienne me chercher. Y m’avait rĂ©pondu d’essayer au moins une journĂ©e pis qu’on verrait aprĂšs. Finalement, j’avais eu une super semaine avec visite de Toronto pis Niagara Falls. Une belle expĂ©rience heureusement. đ€© Mon troisiĂšme voyage en Ontario, c’Ă©tait en janvier 1988 avec mon amie Marilyn. Marilyn avait participĂ©, en 1986-87, Ă un Ă©change Ă©tudiant plus longue que celle que j’avais faite. Elle Ă©tait partie genre de septembre Ă dĂ©cembre dans une famille Ontarienne pis aprĂšs les FĂȘtes, c’est la fille, Sandra, qui Ă©tait venue passer une couple de mois ici. Faque en 88′, on Ă©tait retournĂ©es voir la fille ensemble Ă Gowanstown. On avait pris le train Ă Trois-RiviĂšres vers MontrĂ©al puis un autre MontrĂ©al-Toronto. đ Wow, c’Ă©tait le bon temps ça ! đ


AprĂšs ça, ben je pense que c’est en 2008 que je suis retournĂ©e en Ontario, avec mon mari pis Renaud et Morgan. Un voyage CATASTROPHIQUE. đ On voulait aller Ă Niagara Falls mais mon mari avait pas de vacances faque on avait voulu booker l’expĂ©dition en deux jours. đ€Łđ€Łđ€Ł Le plan, c’Ă©tait de partir trĂšs tĂŽt le vendredi matin, d’aller voir direct les chutes en arrivant, de dormir Ă l’hĂŽtel, de faire Marineland le lendemain pis de repartir en dĂ©but de soirĂ©e avec retour dans la nuit. Tout ça, dans un char louĂ© parce que notre vieille Corolla tombait en morceaux. Finalement, y’avait plu l’enfer. đ§ïž De la pluie comme j’en ai jamais vue ni avant ni aprĂšs. En plus, quand on Ă©tait arrivĂ©s aux chutes, ben y’avait des rubans jaunes qui empĂȘchaient de s’approcher. Une histoire de prĂ©paration d’Ă©vĂ©nement… Bref, on avait pas pu aller Ă Marineland non plus. Y pleuvait ben trop. đ€·ââïž Notre voyage, au final, s’Ă©tait rĂ©sumĂ© Ă rouler, dormir pis rouler encore. Les enfants avaient dĂ©testĂ© ! AprĂšs ça ben, je suis retournĂ©e une fois Ă Ottawa avec les hĂ©ritiers, au MusĂ©e canadien de la guerre, en 2016, pis une autre fois, en 2019 pour patiner sul Canal Rideau avec mon beau-frĂšre. That’s it ! Mais bon, avant je me promenais moins qu’asteur, question de temps, de contraintes familiales, de char pis de budget.

Avec tout ça, vla tu pas que je finis par aboutir chez nous Ă 13h45. S’ensuit le dĂ©faisage de mes bagages, deux lavages pis le nettoyage de mes HOKA. J’ai quand mĂȘme marchĂ© 33,2 km pendant mon escapade… Escapade dont je suis trĂšs heureuse d’ailleurs. đ Merci ChatGPT ! Si jamais y vous prend l’envie d’aller vous promener dans ste coin-lĂ , sachez que Gananoque, c’est ben sympathique mais y’a pas grand chose Ă y faire, Ă part visiter le bord de l’eau pis partir en croisiĂšre pour dĂ©couvrir les Mille-Ăles. Personnellement, j’ai aimĂ© ça parce que j’adore ĂȘtre dehors pis que je marche beaucoup mais je pense que pour le commun des mortels, deux nuits sont suffisantes, surtout si vous avez pas prĂ©vu faire Rock Dunder ou une autre activitĂ©.
Un bon scénario serait le suivant :
Premier jour : Partir de trĂšs bonne heure le matin pis rouler quasiment d’une traite par l’autoroute 401 jusqu’Ă Kingston pour visiter la ville pis le bord de l’eau. Revenir vers Gananoque pour passer la nuit. Personnellement, j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© mon hĂŽtel, le Tru by Hilton mais y’a aussi plein d’autres hĂ©bergements plus prĂšs du centre pis du fleuve. Au Tru, en tout cas, c’Ă©tait HYPER propre pis le personnel Ă©tait super sympathique. Ăa avait rien d’un trOu ! đ
DeuxiĂšme jour : Visiter Gananoque pis faire une croisiĂšre dans les Mille-Ăles, Ă©videmment. Dormir Ă Gananoque.
TroisiĂšme jour : Rentrer par les petites routes (Thousand Islands Parkway, county road 2, route 338) avec des arrĂȘts dans des petites villes sympathiques. Exemple : Rockport, Morrisburg, Brockville, Prescott… Trois belles journĂ©es pas trop Ă©puisantes avec assurĂ©ment de jolies dĂ©couvertes.
Faque me vla revenue chez nous mais probablement pas pour longtemps. OĂč, quand, comment, je le sais pas encore. đ
Stay tuned ! đ