Publié dans Aventures

Consuegra – Tolède – Madrid

Réveil à Cordoue ce matin. J’étais bien dans cet hôtel-là mais encore une fois, on peut pas s’éterniser parce qu’on doit partir pour Madrid. Ça y est, c’est déjà la dernière partie du voyage qui commence. 😢 De Cordoue à Madrid, y’a environ quatre heures de route. En autobus. 🚌 Quatre-vingt-quatre heures, si vous le faites à pied. 😁 Ce que je déconseille vivement. Surtout en juillet. Bref, 8h30, tout le monde est installé dans le bus, à sa place préférée. Parce que depuis le premier jour, tout le monde est pas mal toujours resté au même endroit. Faque c’est toujours la même fille qui profite de la belle vue d’en avant. 😡 Tant pis. Je me dis que le fait qu’on garde toujours la même place doit faciliter la tâche à Gonçalo quand c’est le temps de faire son décompte. En route pour Madrid, on a deux arrêts de prévus. Le premier, c’est à Consuegra, ville actuellement en alerte rouge en raison des feux de forêt. Ce qu’on doit voir là-bas, ce sont les douze moulins à vent pis le Château de la Muela. Ces moulins-là sont notamment célèbres à cause de Don Quichotte, roman publié au début des années 1600, traduit en cent-quarante langues pis vendus à plus de cinq cent millions d’exemplaires. Accessoirement, Don Quichotte est le personnage le plus célèbre de la littérature espagnole. Une véritable vedette par ici mais également partout dans le monde.

Faque pour faire une histoire très brève, Don Quichotte, c’était un genre de gentilhomme, passionné de romans de chevalerie. Y’en avait tellement lus qu’il en était venu à déformer la réalité, en l’interprétant selon son imagination. Pour lui, les auberges c’était des châteaux, les bergères c’était des princesses, les troupeaux de moutons c’était des armées ennemies pis les moulins à vent de Consuegra, c’était des géants avec des grands bras. 🤦‍♀️ Des géants qu’il fallait combattre. Faque y s’était battu contre ces moulins-là, jusqu’à même casser l’aile d’un des moulins. Tout ça inutilement. De là vient l’expression « se battre contre des moulins à vent », qui signifie de combattre un ennemi imaginaire ou de mener un bataille perdue d’avance. Fin de la minute éducative. 😀 Donc ces moulins-là, y sont en hauteur, au bout d’un chemin dans lequel le bus peut pas monter. Arlindo, notre chauffeur, nous emmène quand même le plus près possible du site en empruntant des rues tellement étroites que j’oserais même pas rouler dedans en char. 😮 Reste ensuite à faire un petit bout à pied, peut-être un kilomètre aller-retour, sous un soleil déjà trop chaud, bien entendu. Mais wow, l’effort en vaut tellement le détour ! 🤩 L’ensemble des moulins, avec le château au milieu, c’est tout simplement splendide. Je suis vraiment contente d’avoir la chance d’admirer ça. De toute beauté.

Moulins à vent de Consuegra
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Château de la Muela
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Mais ça c’est pas tout. Quand on est descendus de l’autobus, je me suis posé la question à savoir comment Arlindo réussirait à retourner son engin dans l’autre sens pour redescendre. 🤔 Parce que le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ici, c’est pas très ergonomique. Le chemin est étroit pis à côté ben, c’est du vide. 😱 Voyant ça, j’ai même espéré que le chauffeur exécute sa manoeuvre pendant qu’on admirait les moulins mais force est d’admettre que non. De retour en bas de la pente, je constate qu’il nous a attendus pour qu’on meurt tous ensemble. Non mais pour vrai, je déteste TOUT de ste manoeuvre-là. 😱 Avance, recule, avance, tourne un peu, recule, avance, recule, recule bien trop… Dans ma tête, j’imagine déjà les grands titres des journaux de demain : « Un groupe de touristes américains font une chute mortelle avec leur autobus touristique », « Vingt-sept touristes américains périssent avec leur guide et leur chauffeur », « Une visite aux moulins à vent de Consuegra tourne mal pour vingt-sept touristes américains ». 🤣 Bref, je suis terrifiée. Les minutes les plus longues de ma vie qui, comme vous vous en doutez, se concluent finalement sans incident. Ouf, que d’émotions ! 😵‍💫

La position précaire du bus

Les émotions, d’ailleurs, sont pas mal le maître mot de la journée. Après Consuegra, on découvre Tolède, ville absolument magnifique qu’on peut d’abord admirer depuis un point de vue en hauteur. Wow, ici la vue est incroyable. 😍 Gonçalo a vraiment le don pour nous faire découvrir les plus beaux endroits. De ville en ville, de jour en jour, tout est toujours plus beau, plus grand, plus haut. Je suis complètement émerveillée par l’Espagne. Pas par les Espagnols par contre. Je les trouve beaucoup moins gentils pis serviables que les Italiens. 🥺 Pas du tout courtois, stressés, pressés, limite agressifs. Franchement, y sont vraiment pas agréables. Bref, avec notre guide, on part ensuite en direction du centre-ville auquel on accède d’abord par une série d’escaliers mécaniques puis à la force de nos jambes ensuite. Parce qu’il est en hauteur ste quartier-là. Une hauteur hautement haute je dirais. 😬 Surtout sous ste chaleur-là, qui à mon grand désespoir, est encore pire qu’hier. Chaleur qui semble toujours pas affecter Gonçalo qui nous guide avec patience, tout en nous racontant toutes sortes de choses passionnantes. Mais comment fait-il ? Moi, je suis au bord de l’épuisement. 🥵 Dieu sait que je suis en forme pourtant. Mais là, ça commence à être trop pour moi. D’autant plus que j’ai très peu mangé depuis le début du voyage. D’ailleurs, encore ce midi, je réussis à peine à avaler un gaspacho tellement la chaleur me pèse. J’ai faim mais pas faim en même temps.

Tolède
Le groupe en entier avec Gonçalo accroupi en avant

Sur le chemin inverse pour retourner au bus, je me sens vraiment faible. À quelques reprises j’ai même l’impression que je vais m’évanouir. 🥵 À ste moment-là, je fais vraiment des gros efforts pour prendre sur moi. Je veux pas retarder le groupe ou causer du stress supplémentaire à Gonçalo. Une bouteille d’eau chaude plus tard, je réussis à me réhydrater un peu. Parce que oui, ici, on boit de l’eau chaude. 😩 On l’achète froide, bien sûr, mais après cinq minutes, elle est déjà tiède pis après un autre cinq minutes, elle est carrément chaude. C’est de même depuis le début du voyage. Plusieurs bouteilles d’eau chaude par jour. Jamais bu autant d’eau d’ailleurs. Toujours est-il que dans le bus, je sens un petit regain d’énergie à l’idée de bientôt atteindre Madrid où je pourrai me rafraîchir un peu. On y arrive autour de 18h., tel que prévu par notre guide. C’est là que je découvre ma chambre. La plus petite pis minimaliste de tout mon voyage. Quel clash avec Cordoue ! Un lit SIMPLE, un bureau, deux tableaux accrochés au mur pis une mini salle de bain. Le tout très très propre cependant. Et ma salle de bain, parlons en hahaha ! 🤣 Ma douche est tellement petite qu’il m’est impossible de penser me laver les cheveux ou me raser les jambes dedans. D’ailleurs, dès que je déplie un bras à plus de 90 degrés, je pousse instantanément sur le robinet, ayant pour effet de fermer l’eau. Mais le plus drôle.. 🤣🤣🤣

Hôtel Puerta de Toledo

Je l’ai trop rit celle-là. 🤣 Le plus drôle, c’est que l’ouverture pour entrer dans la douche est VRAIMENT pas large. Tellement pas large que je dois entrer de côté pis que je passe juste. Je me demande vraiment comment les gens plus corpulents que moi font pour entrer là-dedans. 🤔 Le type de chambres, ici, est-il attribué selon notre poids ? Pour vous donner une idée, l’ouverture en largeur fait la longueur de mon pied. Pis je porte du 7. Ridicule. En fait JE SUIS ridicule. Parce qu’en voulant sortir de la douche, je réalise que la porte de l’autre côté se glisse aussi. Ça s’ouvre en coin genre. 🤣 Je ris toute seule de ma bêtise avant de descendre au resto de l’hôtel pour avaler un souper pas très bon, accompagné d’une bière. Je rejoins ensuite mon groupe dans le hall pour la dernière activité du jour. Et celle-là, je vous la donne en mille. J’ai parlé d’émotions tout à l’heure ? Eh bien, roulement de tambour, on s’en va voir une corrida. 🐃 Bon, la sortie est optionnelle pis j’ai un peu hésité avant de mettre mon nom sur la liste des intéressés. Me semble que c’est pas fin de faire courir un taureau dans tous les sens pour rien. 🙁 Mais peut-on venir en Espagne sans assister à une corrida ? Je me dis que même si j’y vais pas, l’événement va avoir lieu quand même. Faque au moins, le taureau aura une âme compatissante dans les gradins. 🤷‍♀️

Arène de Madrid

Faire courir un taureau dans tous les sens pour rien. Si seulement c’était juste ça. De un, des taureaux, y’en a pas un mais six. De deux, ici, on pratique la corrida barbare, interdite maintenant dans certains pays faque les taureaux, on les TUE. 🥺 Mais ça c’est pas tout. Le pire, c’est qu’on les tue pas d’une shot. 😠 *** Âmes sensibles, passez au paragraphe suivant. *** Bon, déjà, y faut savoir que ces taureaux-là sont entrainés dès leur jeune âge à devenir agressifs devant le mouvement du tissu brandi devant eux-autres. Parce que la couleur, les taureaux, y s’en foutent. Y sont daltoniens. Faque comment se déroule une corrida ? Eh bien le taureau rentre dans l’arène, plutôt tranquille, ayant rien demandé à personne. Lui, y pense qu’y s’en vient courir un peu comme il le fait depuis qu’il est petit. Rentrent ensuite trois ou quatre torreros avec un tissu mauve à la main. Une capote qu’on appelle ça. Les torreros, eux-autres, y servent à exciter pis fatiguer le taureau. Jusque là, ça va pas pire. Mais rentrent ensuite deux hommes à cheval. Les picadors qu’on les appelle. 😩 Vous voyez le genre ? Les picadors, comme leur nom le dit, son équipés d’une grande lance avec laquelle y piquent le taureau dans le cou. 😡 Mais y piquent pas à peu près là. Y piquent fort pis longtemps. Le taureau se démène, essaie de charger le cheval. C’est pas beau à voir.

*** Âmes sensibles, j’ai pas encore fini. Switchez à l’autre paragraphe. *** Faque à partir de ste moment-là, le taureau commence à saigner. C’est là que les banderilleros entrent en jeu. 🤦‍♀️ Eux-autres, y plantent trois paires de petites lances dans le taureau. Y font ça au petit bonheur la chance, quand le taureau court dans leur direction. Taureau qui saigne de plus en plus mais qui continue à courir. Arrive alors le matador, avec sa muleta rouge pis son épée. Lui, y continue à épuiser le taureau en l’excitant avec un air franchement condescendant, tout en prenant des poses pas du tout viriles. Faut dire qu’avec ses bas roses, son costume à paillettes pis ses souliers de lutin, le matador est tout sauf masculin. Ça doit être pour ça qu’il a besoin que les autres affaiblissent la bête avant qu’il entre en scène. Bref, le matador fait une couple de passe-passe avec le taureau pis y finit par sortir son épée tout en soutenant le taureau du regard. À ste moment-là, tout le monde se taie dans l’arène. On est des centaines, voire des milliers dans cette arène-là mais on entendrait une mouche voler. Faque le matador fixe le taureau, sort son épée, pis y plante drette dans le dos. 🙇‍♀️ Avec de la chance, elle reste en place du premier coup. Sinon, y peut refaire ça deux ou trois fois. Mais là, croyez-le ou non, après tout ça, le taureau est encore deboute ! C’est là que tous les autres pas fins qui ont participé à la corrida reviennent pis attendent avec le matador que le taureau tombe à terre. Après ça, tout le monde applaudit pis des chevaux arrive pour trainer le taureau en dehors de l’arène. 🤷‍♀️

Le matador avant la mise à mort
Le ramassage de la bête

Faque on a vu ça six fois. Vingt minutes par corrida. Pis j’ai pas applaudit une fois. Mais y’a des gens dans la foule qui trippaient solide pis qui étaient super contents. Ça dépasse l’entendement. 🤦‍♀️ Bref, on pourra dire que j’aurai vécu l’expérience espagnole à fond. Me vla maintenant mieux renseignée sur ce que je croyais être un simple jeu avec un taureau. 🙁 Mais quand même, on a eu une « belle » soirée. Connaître l’ambiance d’une arène, sortir tard le soir, voir la ville autrement qu’en plein jour, rentrer tranquillement en UBER (parce que Arlindo a pas le droit dépasser un certain nombre d’heures de travail par jour)… Avec tout ça, yé pas loin d’une heure du matin quand on rentre finalement à l’hôtel. J’expérimente la douche une seconde fois parce qu’y faisait très chaud dans l’arène, sans compter les gens qui fumaient sans gêne autour de nous. 🤢 Dans ma petite chambre, je me couche épuisée mais heureuse de ma journée. Reste plus qu’à découvrir Madrid demain. Ensuite, il faudra faire nos adieux à notre cher guide… 😢

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